Cancer : la dépression et l’anxiété se traitent aussi par une bonne information.

S’il est un domaine dans lequel l’information des patients est fondamentale, c’est bien celui du cancer. Dépression, anxiété et qualité de vie sont dépendantes de l’information reçue, comme le souligne une nouvelle analyse publiée dans les ‘Annals of Oncology’.

D’un côté il y a les professionnels de santé, détenteurs de l’information et pas toujours prêts à la délivrer entièrement, pour diverses raisons, plus ou moins justifiées. De l’autre les patients qui veulent savoir, du moins le disent-ils, parce que c’est leur vie, leur ‘peau’ leur maladie. Une volonté d’autant plus vive de savoir qu’à l’époque d’Internet, l’envie irrépressible d’aller surfer sur les sites permet de trouver des sources, pas toujours fiables hélas, qui permettent d’acquérir des notions qui aident à poser des questions au médecin.

Les auteurs de l’étude ont examiné vingt-cinq articles publiés entre 1996 et 2009 et traitant de la dépression, de l’anxiété et des aspects de santé entrant dans l’appréciation de la qualité de vie.

Comme on pouvait s’y attendre, le fait de délivrer des informations aux patients participait de leur bien être physique et mental et influait sur leur degré d’anxiété et de dépression.

Mais cette analyse montre surtout qu’il n’y a pas de contenu uniformisé ou standardisé de l’information.

Il faut savoir s’adapter à l’âge, au sexe des patients, à leur culture et leurs origines.

La ‘quantité’ de vérité qu’un patient est prêt à encaisser varie selon l’endroit où l’on se trouve.

De la même façon, certaines croyances ou des habitudes culturelles vont faire que certains mots n’auront pas le même poids en Europe de l’Est ou du Sud et dans un pays du Nord.

Face à un patient venant d’Afrique subsaharienne, par exemple, il peut être important de s’adjoindre la présence d’un interprète ou d’une personne venant du même pays, voire de la même ethnie pour aider à faire passer le message.

On sait aujourd’hui l’importance de la dépression et des phénomènes anxieux dans les échecs thérapeutiques et les risques de rechute et de récidive.

On sait aussi que, malgré moult efforts, nos sociétés restent hostiles globalement aux malades, et aux patients atteints de cancer autant qu’aux autres.

Le médecin tout-puissant détenteur unique du savoir est une image qui appartient au passé, mais seuls, certains médecins l’ignorent.

Il est important de faire entrer les professionnels des sciences sociales, ces sciences dites ‘molles’, dans les services et structures de soins.

Il faut évaluer la qualité de l’information reçue par les patients, évaluer leurs attentes, pallier les carences tant que faire se peut.

Le cancer se soigne par la chirurgie et par la chimiothérapie et les thérapies ciblées.

Mais il se soigne aussi par l’information donnée aux patients, une information quantitativement et qualitativement adaptée.

Les temps ont changé, les exigences ont monté. La situation des médecins est certainement devenue de plus en plus inconfortable face à une demande plus pressante, plus agressive parfois.

Mais la réponse ne doit pas être le silence, tout au contraire.

Plus que jamais aujourd’hui, le patient devient partenaire de sa guérison.

Référence de l’étude :

O. Husson et al.

The relation between information provision and health-related quality of life, anxiety and depression among cancer survivors: a systematic review

Annals of Oncology 22: 761–772, 2011

doi:10.1093/annonc/mdq413 Published online 24 September 2010

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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2 réponses à Cancer : la dépression et l’anxiété se traitent aussi par une bonne information.

  1. Lenoir dit :

    Bonjour,

    Pourriez vous me donner un conseil

    Mon mari est bipolaire,
    très très souvent négatif, il est soigné mais ce n est pas toujours évident

    car souvent souvent négatif

    Etant très réactive à toutes ses paroles, je suis actuellement en sortie de dépression « réactive » sous fluoxétine 20 mg (1,5 le matin, 1,5 le soir)

    ça va beaucoup mieux mais je me trouve encore assez anxieuse
    Connaissez vous un traitement homéopathique pour l anxiété

    et de l homéopathie pour dormir très convenablement

    Au plaisir de vous lire très bientôt et merci, Docteur, pour vos interventions à la télévision

    Cordialement,

    Cl Lenoir
    port : 07 86 83 82 96
    mail : claudinelenoir@hotmail.fr

    • docteurjd dit :

      Madame,

      je n’ai strictement aucune connaissance en homéopathie. D’autre part je crois que vous devriez vous ouvrir directement de ces problèmes avec votre médecin de famille qui connait votre dossier et qui est le mieux à m^me de vous aider et de vous conseiller.

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