VIH/SIDA CROI 2011 :iPrEX, la suite. Un comprimé par jour pour réduire la transmission homosexuelle du virus.

Le risque de contracter le virus VIH lors de rapports homosexuels masculins est statistiquement près de vingt fois plus élevé que lors de rapports hétérosexuels. Réduire ce risque semble possible grâce à la prise ‘préventive’ d’un comprimé combinant deux molécules, comme l’a montré une nouvelle analyse de l’étude iPrEX présentée aujourd’hui à Boston.
 
En novembre 2010, la publication des premiers résultats de l’étude iPrEX avait provoqué un effet certain. Menée sur quatre continents et six pays (USA, Brésil, Pérou, Equateur, Afrique du Sud et Thaïlande) cette étude avait inclus 2499 hommes ayant des rapports homosexuels et également des femmes dites ‘transgenres’, c’est-à-dire nées hommes.
La moitié du groupe a reçu un placebo, l’autre moitié un comprimé de Truvada®, combinaison de tenofovir (TNF) et d’emtricitabine (FTC). Les deux groupes avaient bénéficié de conseils et de visites régulières en clinique. Au terme fixé de l’analyse on a constaté 64 contaminations dans le groupe placebo et 36 dans le groupe traité, soit 28 contaminations évitées.
L’efficacité a été évaluée à 44 %. Les détails de cette première publication peuvent être trouvés sur le blog ICI  
Aujourd’hui, lors de la 18ème session de la conférence sur les rétrovirus, la CROI, les suites de l’étude iPrEX ont été présentées avec, notamment, les données couvrant les trois mois qui ont suivi l’arrêt de la prise du comprimé.
 
Au bout de 144 semaines, donc, les résultats se maintiennent. Les chiffres se maintiennent avec 83 séroconversions dans le groupe placebo et 48 dans le groupe recevant le Truvada. Le nombre de contaminations évitées est de 35 et l’efficacité est évaluée à 42 %, semblable à celle de la première analyse.
 
Cette seconde analyse a permis d’apporter des informations sur divers points. Les effets secondaires tout d’abord, qui ont été peu nombreux et peu sévères. On a constaté un peu plus de diarrhées et de nausées dans le groupe traité.
 
On a constaté également une perte de la densité minérale osseuse chez des sujets séronégatifs pour le VIH. Cette déminéralisation est donc à mettre au compte du médicament et non de l’infection par le virus.
La prise à long terme de ce produit devra donc probablement s’accompagner de conseils d’hygiène de vie et de prise de vitamine D pour éviter les risques de fractures vertébrales et du fémur.
On a aussi noté des pertes de poids et, au plan biologique, des élévations de la créatinine, normalisées à l’arrêt du traitement.
Il n’y a pas eu d’effet bénéfique sur la prévention de la transmission du virus HSV2, virus de l’herpès génital.
 
D’autres leçons ont été tirées aujourd’hui de ces 144 semaines. D’abord en ce qui concerne l’observance de la prise du traitement. Plus les personnes ne recevaient d’informations et d’incitations et plus la protection s’est montrée efficace.
 
Le nombre de partenaires a diminué et l’utilisation des préservatifs a augmenté, comme la demande de dépistage.
Les membres de l’étude ont pu aussi être vaccinés contre l’hépatite B, une coïnfection qui peut être redoutable pour des porteurs du virus VIH.
 
L’étude va continuer mais, désormais, plus de placebo, tous ceux qui le voudront recevront le Truvada.
 
Ce concept de prophylaxie pré-exposition a déjà montré une certaine efficacité chez la femme, sous forme de gels vaginaux.
La prise quotidienne d’un comprimé comprenant deux antirétroviraux semble aussi faisable et bien tolérée.
L’efficacité de 44 % n’est pas, loin s’en faut, une garantie de protection absolue, mais elle permet de diminuer et de ralentir la transmission du virus VIH, notamment dans des populations où la prostitution est le moyen de survivre.
 
Comme le soulignait Robert Grant, principal investigateur de l’étude iPrEX, aujourd’hui encore pour chaque nouvel individu accédant au traitement, il y a deux nouvelles contaminations.
 
 
Références des abstracts reliés à iPrEX :
 
92, 94LB, 05LB, 96LB, 97LB et 1002.
 
Les résumés des présentations sont accessibles sur le site de la CROI, dans la rubrique ‘Program and abstracts’
Aller à ‘Browse program and abstracts’ et ensuite entrer le numéro de l’abstract puis cliquer sur Paper#
 
Les présentations seront accessibles en webcast à partir de 02heures mercredi matin.2 mars 2011
 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
Ce contenu a été publié dans Non classé, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.