Légumes bio : pas plus d’antioxydants qu’avec les produits cultivés classiquement.

 Bons et bio, lit-on parfois pour vanter légumes et fruits cultivés sans pesticides. Mais, apparemment, ce mode de culture n’augmente absolument pas la quantité d’antioxydants présents dans les carottes, les oignons et les pommes de terre. Utile à lire avant le marché du week-end.

 
Ce sont des chercheurs de l’Institut national de l’alimentation danois qui ont examiné les contenus en substances antioxydantes de ces trois légumes. Ils ont utilisé des carottes, des oignons et des pommes de terre cultivés conventionnellement, ou en agriculture biologique, soit avec épandage de fumier, soit avec couverture.
 
Ils ont mesuré les quantités de polyphénols dans ces trois variétés. Les polyphénols sont fabriqués par les plantes et ont des vertus sur la santé humaine. Leur action est de protéger les vaisseaux des dépôts de graisse, notamment de LDL-cholestérol, ce lui qui est baptisé le ‘mauvais’.
 
Les polyphénols les plus retrouvés dans les fruits et légumes sont les flavonoïdes et les acides phénoliques.
 
L’oignon est la principale source de polyphénols dans notre alimentation, notamment grâce à des composés de la quercétine. Dans les pommes de terre et les carottes le 5-CQA est le composant phénolique principal.
 
Après avoir appliqué aux trois groupes de chaque légume des méthodes de pressage et de dosage identiques, les chercheurs n’ont pas pu trouver de différence notable entre les légumes obtenus par les divers modes de culture.
 
Ces résultats rejoignent ceux d’autres études, menées notamment par l’INRA en France qui n’avaient pas trouvé de différences significatives dans la composition des micronutriments, lycopène et vitamine C de tomates selon le mode de culture, conventionnelle ou biologique.
 
Cela ne remet nullement en cause la nécessité de réduire au strict nécessaire, voire totalement, l’usage des pesticides.
 
Mais en ce qui concerne la micronutrition, polyphénols et vitamines notamment, rien ne permet encore d’affirmer que les méthodes culturales biologiques (organic, en anglais) créent une différence significative par rapport aux méthodes traditionnelles.
 
 
Référence de l’étude :
 
Malene SØLTOFT et al.
Effects of Organic and Conventional Growth Systems on the Content of Flavonoids in Onions and Phenolic Acids in Carrots and Potatoes
J. Agric. Food Chem. 2010, 58, 10323–10329 DOI:10.1021/jf101091c
 
 
L’étude de l’INRA sur les tomates
 
CARIS-VEYRAT Catherine et al.
Influence of organic versus conventional agricultural practice on the antioxidant microconstituent content of tomatoes and derived purees; Consequences on antioxidant plasma status in humans
J. Agric. Food Chem 2004, vol. 52, no21, pp. 6503-6509 
 
 
 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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4 réponses à Légumes bio : pas plus d’antioxydants qu’avec les produits cultivés classiquement.

  1. debecker marie dit :

    avec retard je viens de découvrir ce blog et votre article sur la nutrition
    en réalité si j’achète certains légumes BIO depuis ds ans c’est moins pour ce qu’ils contiennent
    que pour ce qu’ils ne contiennent pas (nitrates,anti germin. etc. surtout salades P.de terre carottes) – une études des effets de ces produits rémanents serait interesante – Merci déjà

  2. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A JEAN PAUL COSTE :

     

    les polyphenols dos&&s sont list&és dans l’article mis en référence. je pense que ces équipes utiolisent des techniques qui permettent une comparaison plutôt rigoureuse.

  3. costes jean paul dit :

    Il faut savoir que les légumes dits bio comportent plus de masse sèche que les légumes de l’agriculture industrielle. Donc doser les polyphénols et autres substances aprés pressage , ne reproduit pas les quantités ingérés de polyphénols en alimentation normale de ces produits; De plus il faut savoir que la plante produit des polyphénols pour se protéger , donc si elle subit moins d’agressions avec les traitements elle produira forcément moins de polyphénols;or dans les études cités quels polyphénols exactement ont été dosés?il en existe des milliers.Pour conclure, manger bio c’est aussi se passer de tous les produits toxiques contenu dans la peau des fruits et légumes qui est par ailleurs le plus concenté en micronutriments

  4. Philippe Kerforne dit :

    On ne peut pas contester cette étude mais comme vous le dites, cher Jean-Daniel, il faut impérativement réduire les taux de pesticides dans l’agriculture ainsi que l’usage des antibiotiques dans la viande d’élevage, entre autres !

    De même, il serait bon de conseiller aux gens de plus se soigner avec des remèdes naturels dont les résultats s’appuient évidemment sur des études scientifiques.

    Philippe Kerforne
    Rédacteur en chef de NutraPost

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