Cancer/ ESMO10 : l’abiraterone améliore la vie des patients atteints de cancer de la prostate très avancé.

Pouvoir prolonger la vie de patients dont la maladie a évolué de façon très importante n’est pas toujours évident en cancérologie. Pourtant, pour la deuxième fois cette année, un médicament apporte une amélioration certaine dans la prise en charge des cancers de la prostate métastatiques résistant à la chimiothérapie. Les résultats de l’étude sur l’abiraterone ont été présentés aujourd’hui à Milan.

 
Traiter les cancers de la prostate à un stade avancé n’est jamais aisé. Après l’utilisation des traitements hormonaux, puis d’une chimiothérapie par docetaxel, le plus souvent, les médecins se trouvent souvent dépourvus quand la maladie continue d’évoluer.
 
Depuis quelques mois, l’horizon s’éclaircit quelque peu. avec l’arrivée de plusieurs molécules.
 
On devrait bientôt pouvoir compter également sur l’abiraterone, une molécule capable d’inhiber la synthèse des hormones mâles qui continuent à faire flamber le cancer.
 
Une étude de phase 3 conduite dans 147 centres de 13 pays a inclut 1195 patients dont le cancer progressait malgré le recours au docetaxel.
 
Ils ont été répartis en deux groupes : 2/3 des patients ont reçu l’abiraterone(ABT) associée à un corticoïde, le tiers restant a reçu un placebo et le corticoïde.
 
 
Le groupe recevant ABT a vu sa mortalité réduite de 35 %.
La moitié des patients traités étaient toujours vivants 14,8 mois après le début de l’essai alors que dans le groupe placebo, la médiane de survie était de 10,9 mois. Un écart de quasiment 4 mois qui peut paraître peu, mais qui a une grande signification en cancérologie quand il s’agit de patients dont la maladie est avancée à un point tel qu’on n’a plus rien à leur offrir.
 
L’amélioration a porté également sur d’autres critères secondaires, comme la réduction du taux de PSA
Ce médicament devrait bénéficier aux patients dont la maladie a été bien contrôlée pendant de très longs mois par les traitements hormonaux avant de leur échapper.Il est donné par voie orale et ses effets secondaires sont plutôt modérés donnant une bonne tolérance globale.
 
Mais il devra être manié à bon escient par les médecins car il existe des risques , notamment avec le taux sanguin de potassium (hypokaliémie) et hypertension.
 
Il sera ensuite important de lancer des études pour voir si, donnée plus précocement, cette molécule peut aider à contenir l’évolution de la maladie.
 
Le produit devrait être commercialisé au cours de l’année prochaine.
.
 
Après le cabazitaxel, le vaccin Provenge (non disponible en France) et le donesumab qui traite les lésions osseuses, l’abiraterone est, en quelques mois, la quatrième molécule à démontrer sa capacité à allonger la vie des patients atteints de cancer de la prostate.
 
Une singularité dans le monde de la cancérologie.
 
Référence de l’étude :
 
J De Bono et al.
Abiraterone acetate (AA) plus low dose prednisone (P) improves overall survival (OS) in patients (pts) with metastatic castration-resistant prostate cancer (mCRPC) who have progressed after docetaxel-based chemotherapy (chemo): Results of COU-AA-301, a randomized double-blind placebo-controlled phase III study
Abstract LBA05 consultable sur le site de l’ESMO

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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6 réponses à Cancer/ ESMO10 : l’abiraterone améliore la vie des patients atteints de cancer de la prostate très avancé.

  1. G. BIALOT dit :

    l’abiraterone agit comme le ketoconazole et non comme la cyprotérone

  2. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A JF BERDAH :

    Merci de ces informations qui, je l’espère, sauront convaincre Doktowess plus que mes réponses !

  3. JF Berdah dit :

    Merci de relayer ces infos avec la précision et l’analyse requise
    Pour votre contradicteur, il suffit de lui signaler que l’acétate de cyprotérone n’a absolument pas la même cible que l’abiraterone (avant de lancer des débats, il faut un peu se renseigner…), qu’elle n’a jamais démontré un allongement de la survie en seconde ligne d’hormonothérapie.
    A ce stade de la maladie, ont été objectivement publiés avec succès, les résultats de l’ABT et du Cabazitaxel (Sanofi). Tout le reste est, en France, sans AMM.
    Je passe sur les commentaires à propos des actionnaires des labos, qui n’a pas de place dans une discussion scientifique…

  4. Doktowess dit :

    Eh ben dans la mesure où l’abiratérone et la cyprotérone sont de la même famille et ont en principe le même mécanisme d’action, je ne vois pas pourquoi l’une marcherait et pas l’autre. L’hormonorésistance est en principe globale, par mutation du récepteur aux androgènes, amplification, etc…

  5. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A DOKTOWESS :

    Ces patients étaient traités par chimiothérapie après échec et échappement de l’hormonothérapie. Il n’y avait donc aucun rationel pour faire un groupe contrôle avec la cyprotérone.

    Je ne comprends pas très bien vos objections sur la méthodologie.

  6. Doktowess dit :

    Si j’ai bien compris, c’est comme la pile Duracell ? L’abiratérone marche encore quand la cyprotérone ne marche plus ?
    L’étude porte sur la comparaison avec …. un placebo. Pourquoi ne pas avoir comparé à la molécule de référence, la cyprotérone ? Qui sait si entre temps il n’y a pas eu de réversion partielle du phénotype hormono-résistant ?
    Peut-être qu’ils ont essayé et se sont trouvés confrontés à une hormono-sensibilité résiduelle à la cyprotérone qui n’a pas permis de démontrer de supériorité de cette nouvelle molécule, dont le but premier est certainement d’engraisser les actionnaires du labo qui va la produire.
    Soit quelque chose m’échappe, soit ce truc est pipeau.
    Quand je vois les résultats que la recherche clinique en cancérologie ose présenter dans le domaine des chimios et même de certains anticorps monoclonaux, je ne peux m’empêcher de penser aux paroles d’une chanson: « On sort les flashes pour n’importe quelle tache ».

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