Cancer du poumon avancé : les soins palliatifs améliorent la qualité et la quantité de vie

Les soins palliatifs permettent à des patients atteints de cancer du poumon de vivre plus longtemps. Ce résultat a priori paradoxal est expliqué dans une étude publiée cette semaine dans le New England Journal of Medicine. Un travail novateur et qui devrait intéresser patients et médecins.

 
L’étude a été menée au Massachussetts General Hospital (MGH) de Boston. Le ‘Mass General’ est un des plus grands hôpitaux universitaires des Etats-Unis.
Cent cinquante et un patients atteints d’une forme métastatique, c’est-à-dire avancée du plus commun des cancers du poumon, celui dit ‘non à petites cellules’ se sont vu proposer l’alternative suivante au moment du diagnostic  porté entre juin 2006 et juillet 2007 :
 
Traitement oncologique habituel ou ce même traitement associé d’emblée à des soins palliatifs.
Derrière ce terme il faut comprendre la prise en charge de la douleur, d’une éventuelle dépression, évaluer l’état physique, lister les éventuelles décisions à prendre et autres mesures non médicales nécessaires à améliorer la qualité de vie du patient.
 
Pour entrer dans l’étude les patients devaient passer moins de la moitié de leur temps au lit.
 
Sur les 151 patients enrôlés dans l’étude pour une durée de 12 semaines, 27 sont décédés et 107 ont pu aller au bout de la période prévue.
Ils ont été régulièrement évalués au moyen de deux échelles destinées au suivi spécifique des patients atteints de cancer du poumon. Ces indices mesurent la qualité de vie.
 
FACT-l (Fonctional Assessment of Cancer Therapy-Lung) mesure la qualité de vie au plan physique, mais aussi l’état émotionnel, l’état fonctionnel et le bien être social.
 
Le second instrument le LCS (Lung Cancer Subscale) mesure 7 symptômes propres au cancer du poumon.
 
L’étude a donc consisté à voir l’évolution des divers paramètres de ces deux échelles au cours des 12 semaines dans les 2 groupes.
En même temps une évaluation de l’humeur des patients a été réalisée au moyen d’un autre instrument HADS (Hospital Anxiety and Depression Scale).
 
Les résultats de l’étude à 12 semaines montrent que la qualité de vie des patients mesurée par un indice appelé TOI allait dans deux directions opposées, l’amélioration concernant le groupe recevant les soins palliatifs associés au traitement classique.
 
De même, il y avait moins de patients déprimés dans le groupe combinant les 2 approches, l’anxiété, en revanche, était également répartie.
 
A l’approche de la fin de vie, on a constaté que les patients recevant le traitement oncologique seul avaient eu des traitements beaucoup plus agressifs que les patients en soins palliatifs.
 
Moins de traitements agressifs pour le groupe ‘soins palliatifs’ et, paradoxalement c’est dans ce groupe que les patients ont vécu le plus longtemps !
 
La moitié des patients de ce groupe était encore vivants 11,6 mois après l’entrée dans le protocole alors que pour le traitement classique, ce chiffre était de 8,9 mois.
Pratiquement trois mois de vie supplémentaire et dans des conditions dignes, avec une prise en charge de la douleur, des besoins sociaux, avec des soins de support.
 
Tout le contraire d’une certaine image que beaucoup de gens, médecins en tête, se font des soins palliatifs.
 
Pour expliquer cela, les auteurs de l’étude pensent que la plus faible prévalence de dépression dans le groupe ‘soins palliatifs’ est un élément important, comme le moindre recours à des traitements agressifs. ces traitements favorisent l’immunodépression et, donc, les infections souvent très sévères dans ce contexte.
 
Comme me le disait, d’ailleurs, le chef de service d’une telle unité au CHU de Tours, 40 % des patients ressortent du service pour retourner ensuite chez eux.
 
Les soins palliatifs ne sont donc pas un arrêt de mort, ni l’antichambre de services d’euthanasie.
 
Les femmes et les hommes de ces services, mais aussi les bénévoles qui y interviennent, (Lire la référence en bas de page) sont là pour aider les patients pour lesquels les traitements agressifs n’ont plus cours, à vivre le plus dignement possible et le plus confortablement possible la dernière période de leur vie.
 
Mais ces soins peuvent durer des mois, et être continués au domicile du patient.
Donner du temps au temps, permettre à une famille de se retrouver, permettre au patient de prendre les décisions importantes pour la suite sans pour autant négliger les traitements, c’est aussi cela la philosophie des soins palliatifs.
 
Cette étude sur des patients atteints de forme très avancée de cancer du poumon montre donc que la conjonction du traitement oncologique adapté et des soins palliatifs mis en place au moment du diagnostic améliorent la qualité de vie du patient.
 
Améliorent la qualité de vie et améliorent la quantité de vie.
Une première démonstration qui devrait connaître un retentissement important et permettre d’aborder plus franchement la question des soins palliatifs de part et d’autre du bureau de consultations.
 
 
Référence de l’étude :
 
Jennifer S Temel et al.
Early Palliative Care for Patients with Metastatic Non–Small-Cell Lung Cancer
N Engl J Med 2010;363:733-42.
 
L’article est en accès libre
 
Lire l’article sur le rôle des bénévoles dans les unités de soins palliatifs.
 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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10 réponses à Cancer du poumon avancé : les soins palliatifs améliorent la qualité et la quantité de vie

  1. missrifya dit :

    Bonsoir aicha, j’ai vraiment été touchée par ton histoire j’aimerai etre en contact avec toi. A bientot je l’espere.

  2. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A AICHA :

    Je vous ai deja répondu !

    Je ne connais pas d’adresse de ce genre et le plus simple est d’aller sur le site de la Ligue nationale contre le cancer ou de rechercher un forum par l’intermediaire de Google

  3. Aicha dit :

    pouvez vous repondre svp !

  4. aicha dit :

    merci beaucoup pour l’hpitale est rebonjour une nouvelle fois alor cette fois si svp docteur pouvez vous me mettre en conversation ou me donner un site ou je pourrait joindre ou parler par ecrit a un femme malade d’un cancer du poumon puis retablie svp je tient vraiment sa a coeur

    merci bp d’avance

  5. aicha dit :

    rebonjour je vous est laisser un commentaire il y a presque un mois mais je n’est vue aucune reponse .et c’etait pour vous demandez si vous ne conaisseriez pas un bon hopitale vers le sud de la françe pour guerir les cancer du poumon q.merci d eme contactez au plus vite merci beaucoup

  6. aicha dit :

    m’appelle aicha je suis malade d’un cancer de poumon et cela fait 8 ans que je suis gravement malade j’ai un mari 3 filles et un garçon mon mari et mois nous sommes marier depuis trente 5ans et il y a 8 ans loreceke ma maladi a comencer il ma laisser tomber et j’ai trois filles la grande avant a ete tres jentille avec mois et maintenant elle ecoute que sa petite soeur la plus petite command sa soeur meme a mois mon cancer qui est de 6 centimetre elles ademets que je ment je suis invalide la caf me donne 680 euros je paye la maison qui est de 300euro et l’elictriciter l’eau et mes filles ne m’aide pas et je souffres enormement dans un cnapé jour et nuit toute seule et avant je pouvait conter sur la grande maintenant je n’est personnes je n’est ni amies ni famillles mes filles mon et dizez si vous trouver sa juste et celui qui veut me telephoner pour m’aider et j’aimerait toutes fois que les musulmant regardes ma soufrances

  7. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A JP :

    Pour votre dernière question la réponse est malheureusement simple. Tous sont morts

  8. jp dit :

    Pour moi, le résultat de cette étude est tout à fait naturel. En effet les soins palliatifs ont pour but de diminuer la douleur. En améliorant la qualité de vie des malades, on augmente naturellement la durée de vie de quelques mois. Une autre donnée aurait été intéressante : dans les 2 groupes (soins palliatifs avec traitements moins agressifs, traitement conventionnel), quelle proportion a été définitivement guérie de son cancer?

  9. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A ALAIN MARTY :

    Je n’ai aucune explication rationnelle à vous donner, hormis le fait que les médecins n’ont pas les outils pour pronostiquer les durées de vie et c’est tant mieux.

    Vous êtes la preuve qu’en se battant et qu’en choisissant sa façon de combattre quand un certain stade est atteint, voire dépassé, on peut concilier qualité et quantité de vie.

    Bravo et je serai heureux d’avoir de vos nouvelles de temps en temps.

  10. alain marty dit :

    hello
    j’ai lu votre article en ligne mais aussi celui parrus dans le new york time. je m’appelle Alain MArty je vis a New york, je suis age de 48 and ( 10 juin 1962).
    Je vous ecris pour vous dire que je suis atteind d’un cancer du poumon non petite cellule. Mon cancer a ete detecter en juin 2008. J’ai eu 3 mois de radiation et 5 mois de chimio tres severes, le 15 decembre 2008 apres avoir passer un Petscan on c’est appercu que mes tumeurs du poumon droit mais principalement la tumeur in the airway avait doubler de volume et que je n’etais pas operable. Apres une longue discution et reflexion avec mon cancerologue, ma famille et mes amis. j’ai decider d’arreter tout les traitements. Le 15 decembre 2008 on me donner une esperance de vie de 6 mois. Aujourd’hui cela fait 18 mois que je vis sans traitements. Ma therapy a ete de m’entourer de personne mentalement forte, une meditation tres pousser mais aussi de parler naturellement de mon cancer et l’eventualite de mourir prochainement. Il y a 2 semaine j’ai fais des videos que j’ai mis sur youtubes ( alain Marty fighting cancer) pour aider les gens qui comme moi font face au cancer. Il y a 2 semaine on ma annoncer qu’une tumeur c’est develloper aux poumon gauche mais aussi que mes tumeurs mon boucher les arteres. Je continue ma therapy , je marche entre 10 et 15 miles par jours et ma meditation est quasi permanante et ci on me demande si je suis heureux je dis oui car c’est vrais.
    j’ai ete classer dans les cas exeptionel pour ne [as dire mysterieux car a ce jours je ne ressent AUCUNE DOULEURS MALGRES UN ETAT DE SANTEE QUI CE DEGRADE.
    qUE PENSEZ VOUS DE MON CAS???????????????
    mERCI DE PRENDRE LE TEMPS DE ME REPONDRE
    aLAIN mARTY

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