Grippe A(H1N1) :le virus nous joue un petit tour de cochon sans danger à Hong-Kong

Le virus A(H1N1) responsable de la pandémie de 2009 a subi quelques légères modifications. Mais ces réassortiments ont été constatés non pas chez l’être humain mais chez des porcs à Hong-Kong.
 
C’est à l’occasion de prélèvements faits de façon systématique dans les abattoirs de la ville chinoise que les scientifiques ont constaté que le virus avait quelque peu changé d’aspect.
 
Isolé le 7 janvier 2010, le virus a une neuraminidase du type de celle rencontrée dans le virus humain qui circule depuis 2009 et une hémagglutinine de type ‘EA’.
 
Ce type ‘EA’ pour’ European avian-like’, correspond à un gène retrouvé chez le porc européen et dont l’origine est aviaire, donc transmis par un oiseau migrateur.
 
Les six autres gènes venaient d’une souche dite ‘triple recombinante’ déjà connue elle aussi.
 
Ce virus ainsi réassorti a été injecté à des cochons chez lesquels il a provoqué une maladie très légère.
 
Les spécialistes auteurs de l’article estiment que ce nouvel arrangement génique ne pose aucune menace mais rappellent l’importance de la surveillance des porcs en matière de lutte contre les grippes pandémiques.
 
Le cochon est. En effet, le seul animal capable d’accueillir des souches virales provenant d’oiseaux et d’êtres humains. Il sert donc de creuset pour des échanges de gènes entre virus aviaires humains et porcins.
 
C’est pour cette raison que des programmes internationaux de surveillance existent, comme ESNIP2 par exemple. Ce programme européen de surveillance de la grippe chez le porc est le fruit de la collaboration de huit pays européens avec Hong-Kong et les Etats-Unis.
 
Les élevages et abattoirs porcins sont surveillées de façon permanente et dès qu’apparaît une fièvre chez un animal, des écouvillonnages nasaux sont réalisés afin d’identifier un éventuel virus.
 
Bien qu’encore imparfait, le programme ESNIP va connaître une version numéro 3 qui devrait renforcer encore la veille sanitaire.
 
Cette veille devrait permettre de déceler des variations potentielles du virus de la grippe A(H1N1) et voir si des réassortiments géniques plus dangereux se produisent, afin de pouvoir identifier de nouvelles souches.
 
Ces précautions feront sans doute sourire tous ceux qui estiment que le risque lié à ce virus est faible.
 
C’est une réalité pour l’instant, mais cette surveillance est la meilleure façon de ne pas se réveiller un jour trop tard.
 
Référence de l’étude:
 
D. Vijaykrishna et al.
Reassortment of Pandemic H1N1/2009 Influenza A Virus in Swine
Science. 2010-06-19(328):1529-1529a
Published online 17 June 2010   doi:10.1126/science.1189132
 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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2 réponses à Grippe A(H1N1) :le virus nous joue un petit tour de cochon sans danger à Hong-Kong

  1. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A NF :

    Non, il n’y a pas de ‘cassure’ et il n’y a pas de raison de penser que cette ‘mutation’ puisse avoir quelque conséquence que ce soit.

  2. NF dit :

    Bonjour,
    Si ce « variant » de la grippe A/H1N1 était transmis à l’homme, cette modification conformationnelle suffirait-elle a réduire l’efficacité de la reconnaissance immunitaire d’une personne vaccinée avec les vaccins de l’hiver dernier ?
    Merci
    NF

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