Cancer/ ASCO 10 :Deux nouvelles thérapies..la suite : une avancée certaine pour le mélanome métastatique

 

 

Deuxième grosse nouvelle de la journée de samedi à l’ASCO, la présentation des résultats de l’étude sur l’Ipilimumab, une immunothérapie destinée à traiter le mélanome métastatique.

 
Le nom est dur à prononcer : ipi-li-mu-mab. On l’appelle d’ailleurs simplement Ipi. Mais c’est, sans doute, un nom qui va marquer la prise en charge des patients atteints de mélanome et peut-être un jour d’autres cancers. Ipi est ce qu’on appelle un ‘anticorps monoclonal entièrement humanisé’ et son but n’est pas de traiter les cellules malades mais de ‘réveiller’ les défenses naturelles des patients pour les amener à attaquer le tissu tumoral.
Ce réveil n’est pas sans risques, car si les défenses sont quelque peu nonchalantes, c’est pour éviter qu’en règle générale, les lymphocytes, cellules chargées de nous protéger, fassent un excès de zèle et commettent des bavures en attaquant nos propres tissus pris par erreur pour des étrangers ! C’est ainsi que se déclarent les maladies auto-immunes comme la sclérose en plaques ou le lupus érythémateux par exemple.
 
L’étude présentée à Chicago a inclus 676 patients atteints de formes très avancées de la maladie avec des disséminations métastatiques malgré une chimiothérapie. Dans ce cas, le pronostic est très sombre.
 
Trois groupes ont été constitué Le premier a reçu l’Ipilimumab en même temps qu’une forme de ‘vaccination’ à base d’une protéine appelée gp100 qui a montré, par le passé, sa capacité à entrainer une réaction immunitaire anti-tumorale.
Un deuxième groupe a reçu l’Ipilimumab seul. Le dernier groupe a reçu le gp100 seul.
Les injections se faisaient toutes les trois semaines pendant quatre cycles.
 
Le critère principal retenu était la mesure de la survie globale, aucun traitement n’ayant à ce jour montré une augmentation de la survie comparativement aux traitements par chimiothérapie.
 
Mais cette fois, on a constaté que sur les trois groupes de patients, les deux dans lesquels le traitement incluait de l’Ipilimumab avaient les meilleurs résultats.
Concernant la survie globale, l’indicateur est dénommé ‘médiane de survie ‘.C’est le temps qui s’est écoulé jusqu’au décès de 50 % des patients.
Ainsi, dans cette étude, le groupe recevant seulement le gp100 avait une médiane de survie de 6,4 mois alors que cette médiane était de 10, 1 mois pour les patients traités par l’anticorps.
Statistiquement, le traitement par l’Ipilimumab offrait 34 % de chances supplémentaires d’être en vie.
A un an, 45 % des patients traités par l’anticorps étaient toujours vivants alors qu’ils n’étaient que 25 % dans le groupe gp100.
A deux ans les chiffres étaient de 24 % contre 14 %.
 
Tels quels, ces chiffres peuvent choquer, mais il faut intégrer que les cas traités étaient extrêmement sévères et hors de portée de la chimiothérapie.
 
 
Tout cela ne s’est pas fait sans effets secondaires, parfois sévères, un excès de décès d’environ 1,5 % a été constaté dans le groupe Ipi par rapport au groupe gp100.
 
Il a fallu aussi avoir recours dans 15 % des cas à des traitements immunosuppresseurs pour lutter contre certains dégâts générés par l’Ipilimumab.
 
Mais ce qui est important c’est que c’est la première fois qu’on démontre ainsi une augmentation de la survie globale dans le mélanome métastatique.
 
Il est fort probable que ce traitement sera associé à d’autres thérapies du mélanome, des molécules en développement et qui ciblent des anomalies de certains gènes.
 
Pour les spécialistes, c’est une avancée non négligeable dans un domaine où il n’y avait quasiment aucune solution efficace dans les cas les plus graves.
 
Référence de l’étude :

 


S. O’Day et al.

A phase III, randomized, double-blind, multicenter study comparing monotherapy with ipilimumab or gp100 peptide vaccine and the combination in patients with previously treated, unresectable stage III or IV melanoma.

Abstract n° 4

 

 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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