Mélanome métastatique : les nouveaux traitements arrivent.

Deux nouveaux traitements devraient bientôt changer la façon dont on traite le mélanome métastatique et améliorer le pronostic des patients.
 
C’est le maître-mot de la cancérologie : le traitement individualisé. Déjà dans les cancers du sein et du poumon on sait, en fonction de certains marqueurs quel produit donner de préférence à un autre.
 
La même chose se dessine dans le mélanome, ce cancer de la peau qui touche environ 7000 à 8000 personnes chaque année en France.
 
Avec le mélanome, tout se joue en quelques fractions de millimètres. Tant que la tumeur reste localisée dans l’épiderme, elle est dite in situ et, étant donné l’absence de vaisseaux sanguins dans cet épiderme, les cellules cancéreuses ne peuvent pas disséminer et créer des métastases.
 
Mais si le mélanome est épais de ne serait-ce que 2, 5 mm, cela suffit à ce qu’il se trouve en partie dans le derme et là tout devient possible, même le pire.
 
Rappelons tout de même que 80 % des mélanomes sont guéris par la seule ablation chirurgicale et que sur les 20 % restants on peut espérer une réponse thérapeutique dans un nombre de cas non négligeable.
 
Mais il est certain que le mélanome métastatique n’est pas la plus facile des pathologies à prendre en charge.
Pourtant un souffle certain d’optimisme parcourt les services de dermatologie et de cancérologie à mesure que se terminent certains essais cliniques. De nouvelles molécules approchent, en effet, de la mise sur le marché.
 
Dès la semaine prochaine, lors de la conférence de cancérologie de Chicago, ASCO 10, seront présentés les résultats de la phase 3 de l’Ipilimumab. Ce nom bizarre cache un produit appartenant à la famille des anticorps monoclonaux entièrement humains.
Il est dit anti-CTLA4.
 
Schématiquement, il va lever une certaine forme de blocage de notre système de défense en permettant aux lymphocytes T d’aller attaquer les masses tumorales.
 
Cette levée d’inhibition se fait à un certain prix, notamment des risques de développer des maladies auto-immunes.
 
Bien que secrets encore, les résultats sont considérés comme très prometteurs par les spécialistes qui voient en cette immunothérapie un progrès très important. Un autre anticorps du même type, le Tremelimumab, pourrait aussi avoir un effet plus restreint mais important quand même dans le traitement du mélanome métastatique.
 
Une autre famille de molécules connait une actualité ces derniers temps. On les appelle les inhibiteurs de B-RAF.
 
Dans la moitié des mélanomes, les cellules cancéreuses sont affectées d’une mutation d’un gène, B-RAF kinase, qui va entrainer une cascade de réactions néfastes.
 
Plusieurs médicaments anti-BRAF existent déjà mais une molécule, R7204, est déjà à un stade avancé d’études.
 
Le problème c’est qu’après un certain temps, l’efficacité s’épuise et les médecins aimeraient pouvoir combiner plusieurs thérapies ciblées. Ils pensent même à combiner ces molécules visant une mutation génique avec les anticorps monoclonaux évoqués plus haut afin d’additionner les effets.
 
Nous en saurons plus dans les prochains jours donc et vous le lirez sur ce blog.
 
En attendant, il faut savoir vivre avec le soleil et s’en protéger intelligemment.
Il faut aussi savoir reconnaitre un grain de beauté suspect et savoir consulter à temps.
 
 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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