Soins aux personnes agées : Alain Minc a des idées riches de danger.

 
Soigner les personnes âgées coûte cher et l’allongement de l’espérance de vie ne va pas arranger les choses. Faut-il pour autant revoir notre mode de prise en charge qui repose sur la solidarité. Alain Minc, homme d’influence pense que oui. Une proposition à très haut risque.
 
On a l’habitude de dire que c’est la dernière maladie qui coûte le plus cher. Dépenser beaucoup, notamment dans des unités de soins intensifs, des services de réanimation, pour, parfois, ne prolonger la vie que de quelques jours ou quelques semaines, voire ne pas la prolonger du tout.
 
Mais nous avons la chance de vivre dans un pays où, même si les arguments comptables deviennent plus prégnants, il est rare de voir des médecins refuser de délivrer les soins appropriés à ceux qui en ont besoin et, en premier lieu, les personnes âgées.
 
Car, en dehors d’un acharnement thérapeutique aussi inutile que dégradant, il n’y a pas de raison de refuser de soigner un individu en se fixant sur sa seule date de naissance, à moins d’instituer une politique eugéniste.
 
Mais le débat sur les soins aux personnes âgées vient, ce matin, de prendre un nouveau tournant avec les déclarations du très influent Alain Minc, conseiller et consultant, proche des sphères de décision et, en particulier, du Président de la République actuel.
 
Invité de l’émission « Parlons Net » sur France-Info, Alain Minc a narré la récente hospitalisation de son père âgé de 102 ans. Le patriarche a reçu des soins que M. Minc chiffre à cent mille euros et il estime qu’à partir d’un certain niveau de patrimoine, les sommes engagées devraient être en partie à la charge du patient ou de ses ayant-droit.
 
En gros « faire payer les riches ».
 
Dans le contexte actuel de crise économique et de rigueur annoncée, dans la bataille autour des niches et du bouclier fiscal, une telle proposition va sûrement trouver un accueil positif dans certains milieux et devrait alimenter allègrement les talk-shows de certaines radios populistes où chaque auditeur devient un expert en économie.
 
Pourtant, cette proposition est extrêmement dangereuse, car elle crée une brèche dans un système imparfait et ruiné, certes, mais qui reste encore fondé sur la solidarité.
 
Le père d’Alain Minc n’a pas choisi d’être malade et n’est pas responsable de l’être à 102 ans.
Pourquoi donc faudrait-il alors qu’il soit traité différemment d’une autre personne âgée.
Et, s’il paie de sa poche, aura-t’il le droit, en contrepartie, d’avoir des exigences de services et de soins que les patients de la même catégorie mais moins fortunés ne peuvent exiger ?
 
Et pourquoi se limiter à la date de naissance ? Un patient atteint d’un cancer du poumon inopérable avec des métastases et qui fait une infection pulmonaire sévère devrait-il payer aussi de sa poche s’il est, par exemple PDG d’une entreprise et qu’il a fumé deux paquets par jour pendant dix ans ? Après tout, son espérance de vie n’est pas obligatoirement plus élevée que le centenaire géniteur de M. Minc ?
 
Allons encore plus loin. La jambe cassée ou l’entorse du genou aux sports d’hiver, c’est un accident lié à une activité de « convenance ». Rien n’oblige qui que ce soit à aller à la montagne. Pourquoi donc ne pas exiger dans ce cas que la personne paie ses soins ?
 
On va arriver ainsi, petit à petit, à un « panier de base » avec un certain nombre de situations où une garantie de soins s’appliquera et d’autres pour lesquelles il faudra avoir recours aux assurances privées, si on peut se les offrir.
 
Qu’on ne se trompe pas sur mes propos : je pense, comme beaucoup de ceux qui on une formation en santé publique, que nous vivons dans un système très au dessus de nos moyens et qu’il y a des réformes et des aménagements urgents à faire en termes de dépenses de santé.
Mais, parce que j’y ai vécu, je n’ai aucune envie de voir le système des Etats-Unis s’imposer ici peu à peu. Voir des personnes atteintes de cancer ne pouvoir avoir un scanner ou une IRM ou devoir renoncer à la radiothérapie faute d’argent, par exemple.
 
Je n’ai pas envie de voir des personnes âgées plus mal traitées que des chiens et voir des médecins manier la calculette en même temps que le stéthoscope.
 
Ces dernières années, certains chantres du libéralisme absolu, dont un journaliste spécialisé en économie, ont découvert l’hôpital pour des raisons personnelles parfois dramatiques. Et ces ultralibéraux ne tarissent pas d’éloges sur la façon dont ils ont été soignés. Heureusement pour eux que leurs prescriptions n’étaient pas entrées en vigueur.
 
Pour terminer, je voudrais donner un exemple récent qui a touché un de mes amis très proches. Sa mère est atteinte d’un cancer dont le pronostic est malheureusement assez sombre. Cette octogénaire, par ailleurs lucide et souriante, a été amenée dans un service d’urgences il y a quelques semaines. Là, elle a chuté du brancard, se faisant une fracture du col du fémur.
 
On aurait pu décider qu’après tout, vu les quelques mois qui lui restent à vivre, on allait la laisser ainsi au lit et, quelques jours plus tard, une phlébite suivie d’une embolie pulmonaire auraient « réglé » le problème.
 
Mais nous sommes en France et un chirurgien et un anesthésiste ont choisi d’opérer cette femme, de lui mettre une prothèse de hanche et de lui permettre, quatre jours plus tard de marcher et de pouvoir retrouver le sourire pour un certain temps.
 
Certains trouveront peut-être cela inutile, économiquement idiot.
Je pense, personnellement, que c’est aussi ce qui fait la grandeur et la beauté de la médecine et de la solidarité.
 
Et, quitte à faire dans le populisme et le poujadisme,  je voudrais juste faire remarquer à M. Minc, en conclusion, que les soins délivrés à son père auront coûté à la collectivité encore moins cher que la location d’un jet privé par les services d’un membre du gouvernement pour un déplacement aux Antilles.
 
Et pour conclure sur une note plus légère, je voudrais citer cette « brève de comptoir » que j’adore : « Ne nous moquons pas des riches, on ne sait jamais ce qui peut nous arriver ».
 
 
 
 
PRECISION UTILE
 
 
les propos que je tiens ici n’engagent que moi et, en aucun cas, la rédaction et la chaîne qui m’emploient.
 

LECTURE RECOMMANDEE

Je vous conseille de lire l’excellente mise au point de Laurent F dans les commenntaires suivant ce blog. Ainsi, il note à juste titre, que la somme avancée par Minc est totalement fausse et hors de proportion. je regrette de ne pas m’en être aperçu, en relisant l’interview de ce brillant économ

10/05/2010: ALAIN MINC ET PINOCCHIO

Fort marri d’avoir laissé passer dans un premier temps l’histoire des cent mille euros, je me suis penché à nouveau sur la question.

En allant chercher les chiffres de la tarification à l’activité, la T2A, je me suis aperçu qu’à moins d’avoir subi une greffe coeur-poumon, je ne voyais pas comment M.Minc père aurait pu coûter cent mille euros à la collectivité.

Bien qu’il n’y ait plus de prix de journée, une extrapolation permet d’évaluer entre 20 000 et 23000 euros au maximum le séjour de ce centenaire dans un service de pointe très coûteux, donc bien loin de la somme avancée par son fils.

Mon confrère Mourad Guichard, de Libération, reviendra sur cette affaire demain 11 mai 2010 dans son journal. Il a eu une discussion avec Alain Minc.

Je crois savoir que le consultant a revu son estimation à la baisse, l’estimation rejoignant la mienne.

Je ne connais pas le prénom de M Minc père. J’espère que ce n’est pas Gepetto, sinon son fils va avoir le nez qui s’allonge démesurément !

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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32 réponses à Soins aux personnes agées : Alain Minc a des idées riches de danger.

  1. Francis dit :

    Une solution serait de stériliser les femmes, pas de naissances, pas de congés maternité ni de congé parental, ça coute cher. Mais qui paiera les retraites? Une idée à développer, comme cadeau de départ en retraite, une capsule de cyanure à avaler de suite avec le verre de l’amitié et que de problèmes résolus pour notre belle france, terminé les héritages de la révolution française, des grèves de 1936, de la solidarité et de tous ce mots qui ne veulent plus rien dire. La marche arrière est en route … Mr Minc, vous coutez cher à la sociéte, pensez donc à la retraite anticipée avec son verre d’amitié…..

  2. dom69 dit :

    Mais je me pose une question……. Pour son pere de 102 ans, pourquoi n’a-t-il pas pris sur le capital de son pere ou le sien pour rembouser la sécu….Il faut aller au bout de ses convictions…….. Et dans ce cas précis, ne pas s’en remettre à la Société !!!

  3. Virginie dit :

    Alain Minc a franchi le pas. C’était dans l’air. Ecoutons les discours politiques donc économiques donc financiers des possédants qui ont le pouvoir… Oui, il a osé. Son père l’aura même peut-être entendu, il n’aura pas été épargné. Que de misére morale chez nos riches penseurs et que de manque d’amour!
    Heureusement, le terme "solidarité" a encore du sens pour les autres. Ne désespérons pas, continuons à croire dans le pouvoir d’évolution de l’humanité!

  4. Lefuret dit :

    Vous devriez vous souvenir , il y a qq années de cela, des manifestations des mères de famille des beaux quartiers quand il a été proposé de supprimer les alloc aux familles aisées…. je ne crois pas que les + fortunés n’encaisse pas les remboursements de sécu !

  5. Albert Claude dit :

    Bjr
    Les propos de Minc n’étaient pas ethiques, car ils auraient été monstrueux…il étaient économiques.
    Restons donc sur ce sujet, a savoir :
    Y a t il une justification personnelle pour rétrocéder de l’argent du remboursement des soins à quelqu’un qui n’en a aucun besoin?
    Y a t il une utilité sociale de rendre de l’argent aux "riches" et de fait le soustraire à ceux qui en ont besoin.

    Y a t-il même une justification éthique à continuer à persister dans ce systeme?

    Cette redistribution à l’aveugle et stupide ne peut perdurer.
    Le conformisme est le principal obstacle à notre imagination.
    Soyons réaliste…demandons l’impossible (sic Mai 68).

    PS je réponds à mon confrère J.D. Flaysakier et l’informe que je suis médecin spécialiste sans lien avec les toxiques.

  6. René dit :

    Quand j’ai entendu A. MINC, je me suis dit que je suis triste pour son père. Entendre de tels propos. En plus, mentir sur les chiffres. Et puis, j’ai pensé à une autre époque, il y a bien longtemps. Il y a 70ans. Je n’ai pu m’empecher de penser aux nazis. Peut-être suis-je excessif mais c’était ma première pensée. Eux, voulaient des solutions plus radicales contre les vieux considérés comme inutiles. Pourquoi pas les piquer ? Minc conseille Sarkozy ? Plutot inquiétant !Je fais circuler les propos de Minc autour de moi. Ils me paraissent suffisamment grave pour éclairer l’opinion sur l’état d’esprit de ceux qui ont un bout de pouvoir et qui nagent dans le confort.

  7. Georges D dit :

    Faut il soigner les vieux? Billet ancien sur ce meme blog au sujet de votre mere et de la reeducation post avc.
    Il ya de l’arbitraire quand on veut gerer et faire des economies avec les soins aux humains. Le praticien compte le nombre de vies sauvees, l’adminitrateur/gestionnaire compte le nombre de lits a supprimer.
    Le systeme de la secu est a revoir, mais dans un contexte general d’economie et de gestion de l’etat…en relation avec la comparaison faite entre le cout reel suppose des soins de cette personne agee et la location d’un jet prive pour un deplacement ministeriel.

  8. Georges D. dit :

    Etre rembourse a des taux differents pourquoi pas? Mr Vuitton pourrait etre rembourse a 20% et le smicart a 100%. Cela ramenera une autre discussion sur comment decider qui les differentes tranches de remboursement?
    Le prive a a l’hopital public reste une belle betise.Le medecin liberal est un bon client fiscal, pas le ponte qui utilise les locaux publics pour faire de l’argent.

  9. sicnarf76 dit :

    Rappelons simplement le pacte républicain en matière de protection sociale :
    Chacun paye selon ses moyens, chacun consomme selon ses besoins.
    Il n’est pas nécessaire de faire payer les riches. Il suffit que chacun paye par des cotisations équitables le coût de cette protection.
    Et c’est bien cela que le Sieur Minc de veut pas : payer l’aléa de l’assurance commune qui couvre et pauvres et riches. Pensez donc …… tous ces campeurs sous mes persiennes (poulailler d’acajou A. SOUCHON)

  10. als dit :

    Je ne vois qu’une solution aux nouveaux problèmes de conscience de M. Minc fils, envoyer au plus vite un chèque de don au Sidaction, à l’AFM, l’ARC ou d’autres associations pour le financement de la recherche médicale.

    Sinon M. Minc père peut faire un legs, ça donnera bonne conscience à son fils lors de la succession.

    Comme on dit autour du minc "les conseilleurs ne sont pas les payeurs", oups je voulais dire autour du zinc.

    Alors nous attendons tous l’annonce que les 80000 ? de différence vont sortir des comptes des Minc pour aller à la médecine puisque ça démange le fiston.

  11. jacques.S dit :

    Lorsque l’on parle de Médecine pour les riches ne pas oublier aussi les difficultés pour les autres de bénéficier de soins dentaires, optiques ou autres de haut niveau. J’aurais aimé que Martin Hirsch puisse intervenir sur ce blog. Cela m’éviterait de lire Céline et nous permettrait de nous projeter dans un avenir moins entaché d’inhumanité.En effet les remboursements accordés par la Sécurité Sociale sont ridiculement bas et les Mutuelles ne peuvent compléter correctement ces dépenses de santé souvent nécessaires pour conserver une certaine dignité à partir d’un certain âge ou pour des personnes au seuil de pauvreté. Sans tomber dans des raccourcis pouvant déplaire à certains intervenants une contribution complémentaire prélevée sur les hauts revenus( au delà du bouclier fiscal ?)pourrait financer une part non négligeable de ces soins. D’où l’intérêt de la réflexion d’A.MINC:faire payer ceux qui le peuvent!!!

  12. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A ALBERT-CLAUDE :

    Juste un mot sur Céline. Sa période collabo me fait vomir tout autant que vous.

    Mais je pense que des futurs médecins et même des médecins en exercice se doivent de lire ce qu’il a écrit sur l’exercice de la médecine avant la guerre, donc avant les Ordonnaces de 1945 et la création de la Sécurité sociale.

     

    Pour le reste, je ne sais pas si Laurent F souhaite vous répondre, s’il le fait je mettrai sa réponse ne ligne.

    En ce qui me concerne, je pense que faire payer les riches est un argument qui peut se concevoir en termes de fiscalité, mais que face ç la maladie, on met le doigt dans un engrenange qui ne me plait pas.

    Question subsidiaire : votre nom de famille commence-t’il par un B ?

    Vous êtes vous occupé de problèmes de drogue en milieu scolaire ?

  13. Albert Claude dit :

    Je réponds à mon Confrère, le Dr Flaysakier et à Laurent F :

    — Tout d’abord CELINE est un auteur que je ne lis pas et que je considère comme une des hontes de la Littérature Française.

    –Au delà des postures, des raccourcis (médecine privée à l’hosto, honoraires libres, etc.). revenons au vrai débat que Minc a lancé et qui n’a pas été repris dans la Presse à savoir :
    Qui doit payer et combien?
    Laurent F me demande de préciser ma pensée sur l’accès aux soins de tous : je persiste et dis que tous les malades doivent avoir accès aux mêmes soins quelques soient les structures.
    C’est une avancée de civilisation.

    La problématique relevée par Minc est tout autre :
    Doit on rembourser tous les malades au même taux ?
    La solution « égalitariste » d’aujourd’hui est désormais absurde en cette période de déficit abyssal.
    En effet quelle est la justification économique de rétrocéder de l’argent à des malades qui n’en ont pas besoin…en tous cas jusqu’à un certain montant annuel.
    Ainsi en fonction du revenu, du patrimoine, etc…le remboursement sera différent et on pourra même prévoir une franchise de quelques milliers d »euros chaque année.

    Où est l’inégalité? N’est elle pas ici et maintenant ? Celle avec des remboursements identiques aux familles de smicards et aux célibataires fortunés.
    Ce système incohérent a assez duré et dans cette période de grand chambardement avec les réformes sur les retraites, le redéploiement fiscal, j’espère que le discours de Minc fera bouger les choses.

    L’instauration de la Sécurité Sociale après guerre a été une formidable avancée ; aujourd’hui ses principes trouvent leurs limites, avec une dette sans cesse croissante.
    Il faut un nouveau systeme à deux vitesses : vitesse maximale pour les plus faibles, vitesse ralentie pour ceux qui peuvent payer.

    Ceux qui sont en sécurité personnelle doivent bénéficier seulement « à minima  » de la protection Sociale.
    C’est à mon avis les seules possibilités de sa survie.
    Cordialement.

    PS :j’ai toujours été Parisien
     

  14. marc dit :

    Cette "idée" de faire payer les "riches" plus cher que les "pauvres" est tout sauf nouvelle : elle figurait dans un programme du RPR dans les années 80, à l’époque où il ne faisait pas bon ne pas être libéral (à tous les sens du terme) quand on était médecin. C’est évidemment une idée idiote, et je ne vais pas revenir sur les excellents arguments qui ont été avancés pour la réfuter. Il n’empèche qu’elle est récurrente, et que même si le chiffre avancé par Alain MINC est farfelu, je ne suis pas sur du tout qu’elle ne sera pas reprise, après avoir été rendue plus présentable. Un bel exemple de la stratégie de "triangulation" qui consiste à s’emparer de la forme des idées de l’adversaire pour mieux les combattre. Bravo poyer votre blog confrère.
    Marc (qui n’a jamais été tourangeau :-))

  15. MOMO37 dit :

    Il faut dire que si certains malades coûtent chers à la société c’est qu’ils servent de cobayes aux laboratoires pour de nouveaux protocoles de soins, ce n’est pas une perte d’argent pour tout le monde et çà rend service à la Société.

    J’ai 72 ans, si un jour on devait prendre sur ma succession la totalité des coûts de soins engagés pour me soigner , alors je préférerais écourter ma vie pour coûter moins cher à l’État et ne pas léser mes héritiers. Qu’Alain MINC rembourse les frais engagés pour l’hospitalisation de son père il en a les moyens avec les droits d’auteur qu’il perçoit pour dire des c..

  16. M.G. dit :

    Au fait, chapeau Laurent F. ! C’est de vous que tout est parti (ici, Libé, Le Monde…)

  17. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A JACQUES S :

    les consultations privées à l’hôpital public résultent de la non application d’une disposition de la loi Debré de 1959 qui voulait que cette pratique cesse assez rapidement.

    Pour de multiples raisons, cela continue mais ne concerne que 5 % des praticiens.

    J’espère qu’on aura un jour le courage de s’attaquer à cette question. Mon Maître Emile Aron auquel je rends hommage dans ce blog dans un article de novembre 2007 n’a jamais fait de cconsultation privée et c’était ^pourtant un grand médecin.

  18. jacques.S dit :

    Monsieur,
    lorsque un Pneumologue, Professeur et Chef de Clinique demande 100 euros en consultation privée au sein d’un Hôpital public pour une visite de 15 minutes j’appelle cela une médecine pour les riches. Huit heures de consultation=3200 euros soit 480Keuros annuel. Chapeau!! Vive la médecine libérale exerçant à l’Hôpital Public.Vive le déficit de la sécu et le surcoût des mutuelles!!

  19. jacques.s dit :

    laissez tomber CELINE:il aurait du être fusillé à la Libération!!!!

  20. Michel dit :

    Le plus dramatique dans cette affaire, c’est qu’un « conseiller et consultant, proche des sphères de décision et, en particulier, du Président de la République actuel. »(je cite le Dr Flaysaquier) utilise des chiffres non véfifiés (100.000 euros!) et donc fantaisistes.
    Avec de tels conseillers, le pouvoir actuel et surtout les malades potentiels (jeunes ou vieux) ont du souci à se faire?

  21. Laurent F dit :

    @ Albert Claude :

    Vous n’êtes pas le seul à être médecin sur ce blog…

    En ce qui me concerne j’ai bien du mal à comprendre votre notion de la solidarité… où selon vous un "riche" devrait être moins remboursé qu’un "pauvre" lorsqu’ils se fait soigner… Ne trouvez-vous pas plus logique de penser qu’un "riche" peut exprimer plutôt sa solidarité en payant plus de cotisations sociales/maladies qu’un "pauvre", pour un même taux de remboursement ?

    Les propos de Monsieur Minc ne sont en rien un coup de pied dans la fourmilière… juste une provocation gratuite de plus…

    Quant à votre diatribe :
    "D’abord réglons une question : Chacun a le droit à être soigné dans les structures privées ou publiques. Ce droit est inaliénable, moral et civilisationnel."

    Expliquez-moi en quoi ce droit est moral (?), civilisationnel (??) et inaliénable (???) dans un système de santé où encore aujourd’hui une grande part des recettes sont privées et les dépenses publiques ?

  22. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A ALBERT CLAUDE :

    Cher Monsieur,

    Il me semble qu’il manque un élément dans la réflexion et de taille. Nous sommes dans un système où les médecins sont dits ‘libéraux’. Mais si c’était vrai, ils pratiqueraient des honoraires libres et ne seraient pas conventionnés. Ils ne compteraient donc pas sur l’Assurance maladie pour payer une partie de leurs cotisations-retraite par exemple.

    A partir du moment où le jeu est ainsi défini et repose sur un système ‘solidaire’, les règles doivent être les mêmes, au moins lorsqu’il s’agit d’une hospitalisation.

    Si des médecins osent sortir du système et prennent le rrisque de ne recevoir qu’une clientèle pouvant s’offrir de telles prestations., on verra bien les résultats.

    Mais je doute fort que beaucoup prennent ce risque. En ces périodes de révisions du bac français, je crois qu’il faudrait demander aux médecins de relire Céline, notamment 4voyage au bout de la nuit’. Histoire de voir comment cela se passait quand il n’y avait pas de Sécu et que pas mal de médecins étaient loin de rouler sur l’or.

    Quitte à casser le système, pourquoi commencer par les patients ?

    Dernier détail : il me semble que vous fûtes Tourangeau, n’est-ce pas ?

  23. Albert Claude dit :

    Salut à tous
    "Une hirondelle fait le printemps"
    Ce débat que Minc a lancé est salutaire ; il est une piste très sérieuse pour ceux qui s’intéressent à la survie de notre système de Santé, solidaire et universel.
    D’abord réglons une question : Chacun a le droit à être soigné dans les structures privées ou publiques.
    Ce droit est inaliénable, moral et civilisationnel.
    Donc laissons aux Soignants le choix de leur thérapeutique et quand il le faut, ne pas être dans le domaine de l’acharnement inutile et ruineux.
    La problématique est donc la suivante : faut il rembourser à tous la même somme pour les frais engagés?
    Je suis moi même médecin et la discipline dans laquelle j’exerce, m’amène à exécuter des examens dont la valeur va de 75 à 113 euros (tarif secu).
    Donc tout le monde paye la même somme au Médecin et tout le monde reçoit la même somme de la Sécu.
    Donc un Smicard va recevoir 53 euros et l’homme le plus riche de France (Vuitton,…) va recevoir 53 euros également.
    J’en parlais avec des amis étrangers :"les français sont dingues".
    Autrement dit, on rend de l’argent à quelqu’un qui n’en n’a pas besoin, à condition qu’il s’en aperçoive sur son compte bancaire et on mégote sur le pauvre Smicard.
    Cette situation absurde, ubuesque et économiquement désastreuse, a assez duré.
    Donc il faut passer à un autre système moins imbécile.
    Je laisse aux économistes la responsabilité de trouver la solution de prévoir une sorte de "franchise annuelle" laissée à charge de ceux que l’on nomme riches (assujettis à l’Isf, patrimoine artistique, etc…)
    Oui je connais la répartie populiste du genre
    "Ils ont payé leur cotisations, comme tout les autres, donc ils ont des droits à être remboursés comme les autres"
    Cette analogie avec les Assurances voitures n’a pas de fondement car la Santé des gens n’a rien à voir avec les bagnoles, ethiquement parlant.
    Donc accès égal aux soins, mais remboursement inégal, suivant la position sociale.
    Ce débat est enfin sur la table et les mesures sévères de restrictions budgétaires qui nous attendent vont s’en inspirer, à coup sur.
    Minc a mis le feu aux poudres…et pourtant il est de droite, alors que cette idée est basée sur la solidarité nationale et la juste répartition des efforts.
    Enfin les bouches s’ouvrent…

  24. Au lieu de chercher encore à ponctionner un peu plus ceux qui bossent ou ont bossé, à encourager l’assistanat au détriment de l’effort, à culpabiliser ceux qui ont "quelque chose" en instaurant des clivages entre les "nantis" et les autres, il vaudrait mieux consacrer sa réflexion et son action à faire revenir l’activité et l’emploi en France….mais c’est peut-être plus difficile et moins glamour…alors on laisse ça à d’autres qui en auront le courage et l’intelligence.

  25. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A TITINE :

    Ca ne m’étonne pas, car ces catégories de la population savent très bien décrypter ce genre de personnage et les effets boomerang de telles propositions.

    Je parlais, dans l’article, des réactions POPULISTES, type de ce qu’on entend chez Bourdin et dans l’emission qui suit ‘Les grandes gueules’.

  26. Tittine dit :

    Bonjour,

    si vous souhaitez voir comment son message est reçu par les milieux populaires et les classes moyennes, vous pouvez aller faire un tour sur le Post, vous y verrez qu’à une écrasante majorité les commentaires sont hostile à cette idée de Mr Minc. Comme quoi le « faire payer les riches » ne marche pas toujours 😉

    Cordialement

  27. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A LAURENT F :

     

    Vous avez mille fois raison et je me demande comment j’ai pu laisser passer cette énormité de chiffrement.

    Cela montre en effet les limites du personnage !

  28. simphony dit :

    Merci pour cet article. J’avais entendu ce Monsieur sur une radio tenir les propos que vous avez décrits et personne pour trouver cela simplement monstrueux. C’est vrai que ce Monsieur dit parler aux oreilles des puissants. S’agissait il d’un ballon d’essai?
    J’ attends avec impatience la mise au points de ces puissants mais j’ai très peur..
    Encore merci

  29. Anonyme dit :

    Bravo bien vu

  30. Laurent F dit :

    Les propos de Monsieur Minc sont simplement ahurissants de méconnaissance des problèmes de santé… Deux ou trois réflexions rapides…

    1- Accès aux soins de haute technicité médicale pour les individus du 4ème âge :

    Croire que tous les centenaires de France et de Navarre ont facilement accès aux services de réanimation lourde, etc. est une grossière erreur… Il faut être une personne célèbre, ou parent d’une personne célèbre pour que ce soit le cas. demandez à un Urgentiste comme il est facile de faire admettre un « papy anonyme » de 95 ans en réanimation pour une pneumopathie sévère.

    2- Risque de dérive euthanasique…

    On peut aussi facilement imaginer que parfois certaines « Personnes de Confiance » désignées – comme le permet la loi – par un grand père fragilisé par son grand-age, souhaitent une limitation des soins actifs (et donc onéreux), octroyés à leurs parents plus pour des raisons économiques (préservation de leur héritage) que par respect de la volonté du patient…

    Bref juste un « grand n’importe quoi », parce qu’au fond la solidarité entre les plus riches et les plus pauvres a une manière très simple de s’exprimer ; l’Impôt sur le Revenu… encore faut-il que les plus riches le payent et ne s’y soustraissent pas via des investissements bien choisis dans certaines niches fiscales…

    Petite remarque pour terminer quant au coût avancé par Monsieur Minc concernant l’hospitalisation de son père et qui a été l’objet de beaucoup de réactions d’internautes.

    Ce « brillant » conseiller élyséen avance la somme de 100 000 euros pour 15 jours d’hospitalisation. C’est juste une énorme bêtise (de plus) formulée par ce « pseudo économiste ».

    TOUS les hôpitaux et cliniques privées actuelles sont rémunérés pour leurs patients hospitalisés grâce à la T2A. Bref, et pour faire simple un hôpital touche de l’argent en fonction des pathologies soignées et non pas de la durée de séjour ou de la quantité d’examens complémentaires réalisés chez un patient, l’outil permettant de réaliser cette rémunération est le pmsi. Bref le tarif de journée d’hospitalisation qu’on trouve affiché dans certaines chambres d’hôpital ne correspond en rien à l’argent que va toucher l’établissement mais uniquement à déterminer la quote-part restant à la charge du patient si ce dernier ne dispose pas d’une assurance maladie complémentaire…

    Hors il n’existe AUCUN GHM/GHS dans la T2A qui permettent à un hôpital de gagner 100.000 euros en 15 jours d’hospitalisation d’un patient quelque soit la pathologie traitée chez ce dernier…

    Bref en plus d’être provocateur dans ses propos, Monsieur MINC est donc soit incompétent, soit menteur… soit les deux à la fois ; une sacrée brochette de qualités assurément !

  31. M.G. dit :

    Démonstration magnifique, avec un petit penchant pour la comparaison frais de santé / train de vie de ministre 😉

    Merci

  32. Anonyme dit :

    Bravo à Daniel Flaysakier qui pose avec courage et lucidité les conséquences de propos tels que ceux tenus par A. Minc. J’ajouterai que nous soignons bien les assassins, les voleurs et les drogués, pourquoi opérer un tri par l’âge ? Il nous manque quelques cocotiers pour y faire grimper les personnes âgées ! pas sûr, d’ailleurs que de grands penseurs économistes puissent y monter !

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