Cancer : De meilleurs résultats gràce aux dépistages et aux traitements.

On appelle cela une estimation de la survie à cinq ans. Derrière ce terme, l’Institut national du cancer, l’INCa, dresse un tableau du devenir global de ces tumeurs, localisation par localisation. Un tableau global à ne pas prendre pour un pronostic individuel.
 
Incontestablement les choses vont mieux. Même si on est encore loin de l’objectif de la guérison d’un cas sur deux.
 
Il y pourtant un certain nombre de tumeurs, 42 %, pour lesquels la survie à 5 ans concerne au moins 80 % des patients.
 
Au premier rang, les cancers du sein et les mélanomes, deux cancers qui ont bénéficié des campagnes de dépistage. On trouve de plus en plus de petites tumeurs du sein plus accessibles aux traitements, chirurgie et radiothérapie plus ou moins chimiothérapie.
Pour le mélanome, les campagnes d’informations et le fait que les médecins prennent l’habitude de regarder la peau sous toutes ses coutures aide aussi à des diagnostics précoces.
 
Dans d’autres cas, la prostate, le cancer du testicule, ce sont la combinaison des traitements qui ont changé les choses.
Pour la leucémie lymphoïde chronique et la maladie de Hodgkin ce sont également les traitements qui ont changé la donne.
 
Mais il y a aussi des zones d’ombre. On meurt encore trop de cancer du col de l’utérus. Neuf cas sur dix pourraient être évités si, on dépistait correctement les lésions.
Pour le cancer du colon et du rectum, le test de recherche de sang dans les selles est un progrès mais un test plus simple aiderait encore plus.
 
Il y a enfin les tumeurs pour lesquelles il n’y a pas vraiment de progrès : le poumon et la vessie par exemple. Deux cancers directement liés à la consommation de tabac.
Le cancer de l’œsophage également où la conjonction tabac et consommation excessive d’alcool est un facteur de très haut risque. Le cancer primitif du foie, l’hepatocarcinome peut être la conséquence d’une infection chronique par les virus des hépatites B et C et également d’une alcoolisation excessive.
 
On peut donc encore largement progresser en matière de prévention et en matière de dépistage. Ainsi, pour le sein, on est à peine au dessus de 50 % de femmes dépistées alors qu’il faudrait atteindre 70 %.
 
En matière de traitement, les progrès de la radiothérapie sont considérables. Pour les médicaments, il y a déjà 200 autorisations de mise sur le marché et 800 molécules sont en développement.
 
Toutes n’aboutiront pas à la fabrication d’un nouveau médicament, mais les progrès sont patents chaque jour, notamment avec l’avènement de la médecine personnalisée, comme la récente étude BATTLE sur le cancer du poumon.
 
Espoirs, zones d’ombre et aussi grandes inégalités et disparités sur le territoire français.
Le plan Cancer 2 est censé les atténuer. On espère qu’il y parviendra.
 
 
 
Dans la rubrique CANCER de ce blog, vous pouvez retrouver un certain nombre d’informations et, notamment, comment reconnaitre un grain de beauté suspect.
 
 
Le document de synthèse de l’INCa peut être  téléchargé au bas de CETTE PAGE

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
Ce contenu a été publié dans VARIA, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

10 réponses à Cancer : De meilleurs résultats gràce aux dépistages et aux traitements.

  1. corinne loreto dit :

    Après avoir lu beaucoup de blogs parlant des cancers, je vous incite à lire le livre que je viens d’écrire:
    « vivante! Et si seulement… »
    Dans ce livre, je raconte le combat que ma fille a mené en 2006 en se battant contre une maladie de Hodgkin. Je témoigne qu’il ne faut jamais perdre espoir et que tant qu’il y a de la vie, il faut y croire et se battre. Ce livre n’est pas un récit larmoyant puisque je traite le sujet avec humour.

  2. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A NANAPIMOUSSE :

     

    Je ne sais pas comment rendre les dépistages plus efficaces. les visites chez le dentiste et le stomatologue ne sont pas obligatoires et il n’est pas prévu, hélas, de consuktation annuelle de prévention.

    ce devrait être une recommandation pressante que les médecins devraient faire à leurs patients fumeurs et buveurs excessifs.

    mais, comme je vous l’ai dit la fois précédente, nous n’avons pas cette culture de la prévention et nous estimons que le soin est suffisant.Pourtant les mutilations générées par la chirurgie maxilo-faciale devraient faire réfléchir.

  3. Thierry dit :

    A vrai dire dans mon esprit je voulais davantage parler de certains hopitaux privés "à la pointe" et toujours au fait des dernières avancées médicales. Il me semble que les dernières avancées mettent parfois du temps à atteindre 100% de la population, mais c’est peut-être une idée reçue de ma part.

  4. NaNaPimousse dit :

    Je reviens aux cancers de la bouche, je suis étudiante en odontologie. Nos enseignants nous dispensent des cours pour reconnaitre les lésions intra-buccales précancéreuses, et aussi évidemment, à identifier les patients « à risque ». Sauf que la plupart du temps, et comme vous l’aviez souligné dans votre intervention au JT, les patients consultent une fois qu’ils sont génés par des lésions, en général avancées. Les cancers de la bouche sont en effet peu, voire pas, douloureux. Le patients ne s’inquiète que tardivement. Et malheureusement, une fois le diagnostic posé, trop souvent, le traitement va s’orienter vers une chirurgie (assez mal-vécue car mutilante et intéressant le visage), associée ou non à une radiothérapie. Je me suis rendu
    compte avec ces patients, qu’ils ne connaissent bien souvent même pas l’existence de ces cancers. C’est très réducteur, mais le « patient-type » fume et/ou boit, connait les risque pour ses poumons, mais n’imagine pas que son comportement atteint aussi la bouche, les lèvres, le pharynx… jusqu’à la vessie ! Il y a donc un manque d’information pour cette population à risque, parfois difficile à cibler.
    Je resterai marquée par une patiente qui avait une grosse lésion cancéreuse avancée autour des dents mandibulaires, qui était à peine génée, qui consultait parce qu’elle trouvait cela « dysgracieux ». Le diagnostic, pour elle et son entourage, a fait l’effet d’une bombe…
    Quel est votre avis pour développer le dépistage coté practicien, et l’information coté patient ?

    Ceci dit, il est vrai qu’aujourd’hui, grâce à la chirurgie reconstructrice, on arrive à rendre un esthétique convenable et les fonctions buccales… et nous avons aussi les moyens de prendre en charge les nombreux effets des radiothérapies cervico-faciales… Heureusement que nous avons ces avancées techniques, et que les mentalités évoluent !

  5. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A THIERRY :

     

    Merci pour le signalement de l’erreur.

    En ce qui concerne les thérapies ciblées, elles sont déjà largement utilisées en France dans les cancers du sein, du rein, du poumon, du foie, certains sarcomes et certaines formes de leucémie. La liste n’est pas exhaustive et s’allonge sans arrêt.

    Je ne vois pas bien pourquoi vous parlez d’une élite. En France, le cancer fait partie des affections prises en charge à 100 % et, depuis le premier plan cancer, l’accès aux thérapies innovantes est garanti à tout un chacun sur l’ensemble du territoire.

  6. Thierry dit :

    Qu’en est-il au niveau de la chimiothérapie ? Étant un lecteur assidu de Science & Vie, je remarque régulièrement que des progrès sont faits dans ce domaine, et que des traitements beaucoup plus légers (car ciblés) sont mis au point. Est-ce que cela a fini par arriver au niveau du "patient final" ou celui-ci doit-il toujours subir des traitements extrêmement pénibles ? Peut-être également que les "nouvelles chimio" sont pour le moment réservé à une élite, qui peuvent se les payer ?

    PS : Vous avez indiqué 550 % de femmes dépistées au lieu de 50 ou 55 %

  7. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A FRANCOISE :

    Je ne peux que vous dire que ce sont des polypes plats ! Le but de la coloscopie est de pouvoir faire des prélèvements pour les analyser.

    c’est seulement à ce moment qu’on saura la nature de ces polypes.

  8. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A NaNaPimousse:

     

    Je partage votre avis à 100 %. la notion de prévention n’est pas assez encore entrée dans la pratique de soins.

  9. françoise dit :

    bonjour,
    j’aimerais savoir si vous pouvez me donner quelques renseignements sur les polypes plats du colon. Mon amie a été dépistée avec un polype plat au dessus du rectum, elle doit passer une coloscopie. En vous remerciant devotre réponse.
    françoise

  10. NaNaPimousse dit :

    Bonjour ! En parlant du dépistage des cancers des voies aéro-digestives supérieures, notamment ceux de la bouche, donc liés au tabagisme et à l’alcoolisme (du moins le plus souvent), il me semble qu’il reste beaucoup à faire ! Les investigations sont, à mon avis, insuffisantes lors des consultations chez le dentiste, ou chez le médecin généraliste. Cette prévention devrait être systématique ! Or, elle se met en place lentement…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.