Grippe A (H1N1) : Médecine et politique forment un couple bizarre.

La crise sanitaire liée à la pandémie grippale a un effet collatéral ou secondaire assez intéressant. Celui de montrer qu’en politique on peut dire tout et n’importe quoi avec assurance, sans grand risque de se faire contrer si on utilise son titre de « docteur ».
 
En vingt minutes, ce lundi, j’ai pu vérifier cette situation en écoutant RTL.
Il y eut d’abord Bernard Kouchner, invité de Jean-Michel Aphatie.
Bernard Kouchner défendait les décisions qui avaient été prises pour parer à l’épidémie et disait, fort justement, que nous n’étions pas à l’abri d’une reprise de l’épidémie.
Pour cela, notre « French doctor » fit appel au « V grippal » bien connu, selon lui qui veut, comme le souligna son interlocuteur, que la courbe descende puis remonte.
 
Seul problème, le « V grippal » n’a aucun rapport avec la dynamique de l’épidémie ! C’est la forme que prend la courbe de température d’un patient !
J’ose espérer que Bernard Kouchner actualise mieux ses connaissances sur les dossiers du Quai d’Orsay que sur ceux de la grippe.
 
Vingt minutes plus tard, c’était au tour de Bernard Debré, professeur d’urologie, je le rappelle, d’intervenir sur la même antenne.
 
Quand Vincent Parisot lui fit remarquer que les Américains s’étaient fait vacciner en masse, Debré lui dit que c’était avec du vaccin en spray nasal.
Il y a eu, certes, du vaccin en spray, de la firme Medimmune, mais ce vaccin vivant atténué a été fort peu utilisé et les américains ont reçu, comme nous du vaccin injectable.
 
Bernard Debré a affirmé également que dès juin, la littérature scientifique faisait état en Angleterre et aux Etats-Unis, de la faible virulence de l’épidémie.
 
A cette époque, aucune publication ne disait cela. Bien au contraire on voyait apparaître les premiers articles signalant la gravité des formes respiratoires chez les adultes jeunes.
 
Les premiers articles faisant état d’une faible virulence de l’infection datent de l’automne. Ainsi, en octobre une étude canadienne consacrée aux formes graves montrait leur faible nombre en insistant, cependant, sur la lourdeur de leurs séquelles.. En ce qui concerne les Etats-Unis, c’est seulement il y a quelques semaines dans la revue en accès libre PLoS Medicine  qu’on a pu lire une étude qui colligeait les données dans la ville de New-York.
 
Cet article a été soumis à publication en septembre 2009 et accepté par le comité de lecture un mois après. Il a été mis en ligne en décembre.
 
Mais sans doute mû par une préscience, le Pr Debré a-t-il lu cet article avant qu’il soit écrit !
 
Enfin, l’urologue s’inquiète des masques et des gels stockés. Si pour les masques, on peut évidemment se demander ce qu’ils vont devenir, pour les gels, il n’y a aucun problème.
L’hygiène des mains et la prévention des affections manuportées existent toute l’année, notamment en ces jours où les gastroentérites vont devenir d’actualité.
 
 
La France est un des rares pays ne rendant pas obligatoire la formation permanente pour ses médecins.
Parfois, cela se sent !
 
 
 
 
Référence de l’étude publiée dans PLoS Medicine :
Presanis AM et al.
The Severity of Pandemic H1N1 Influenza in the United States, from April to July 2009:
 A Bayesian Analysis.
 PLoS Med 6(12): e1000207. doi:10.1371/journal.pmed.1000207
 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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18 réponses à Grippe A (H1N1) : Médecine et politique forment un couple bizarre.

  1. DADO44 dit :

    Bonjour à Tous ayant recu mon renouvellemnt de mutuelle pour 2010. J’ai demandé des details sur l’augmentation de plus de 9%.
    Réponse : Nous devons donné 0,94% de notre chiffre d’affaire pour la lutte contre la grippeA et 3,4% des memes bases de taxes et compenser en partie ce que ne rembourse plus la CPAM en 2010 soit environ 2% plus votre changement de tranche d’age.
    Donc voila deja un debut de réponse sur qui paie la GRIPPE A…
    Je refais les comptes mais je crois me passer de mutuelle.
    Bien à Vous.

  2. Hugo dit :

    Je crois surtout que les politiques s’expriment, concernant la santé, sous la parole des scientifiques. Personnellement, je n’ai pas cru dès le début à cette histoire de grippe A. Pour plein de raisons évidentes. A quoi a ton assister? A une parole unique basée sur la pression des politiques basée sur les scientifiques et surtout des laboratoires. Une opération qui a totalement foiré. Le problème est que le jour ou il y aura une vraie menace pandémique les gens n’y croiront plus. A force de jouer avec le feu…

  3. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A SOPHIE :

    Même si, idéalement, le rappel serait une bonne chose, on peut imaginer qu’avec une seule dose vos enfants sont protégés.

    comme le virus continue à circuler, ils vont se « vacciner » naturellement et augmenter leur taux d’anticorps protecteurs.

  4. sophie dit :

    Bonjour, j’ai fait la 1ere injection PANENZA pour mes 2 enfants mi decembre et on devait leur refaire la 2° à partir du 5/01/10. sauf que depuis les centres ont fermés. Et mon medecin ne le fera pas tant qu’il n’aura pas des doses individuelles. Mes enfants ont 6 et 8 ans. y a t il une inciddence sur leur immunité si je ne leur fait pas faire la 2° injection.

    Par avance, merci pour la manan qui se pose des qustions.

  5. Vince dit :

    J’ai suivi votre conseil avant-hier et effectivement le bon m’a été édité sur place. Le tout (inscription+vaccination) ne m’a pris que 10 minutes. Depuis, à part une légère douleur au bras, rien : aucun effet secondaire…
    Je me fait du souçi pour la santé publique de notre pays (celui de Louis Pasteur !) : je crois que cette défiance vis à vis du vaccin pandémique a de fortes possibilités de s’étendre aux autres vaccins (rougeole, oreillons,…) Un médecin du centre de vaccination m’a dit que pour la première fois de sa carrière, il a vu un patient de 60 ans souffrant de poliomyélite (celui-ci n’était pas vacciné)
    Je crains que des journalistes comme vous auront fort à faire pour rhéabiliter les vaccins dans l’opinion public….

  6. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A EVA :

    Ce devrait suffire effectivement.

  7. eva dit :

    Je vous remercie pour votre réponse aussi rapide. Je comprends donc pour le panenza : à partir de 9 ans = 1 X 0,5 ml panenza, c’est bien cela ? dans l’attente de vous lire à nouveau.

  8. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A EVA :

    Neuf ans va jusqu’à 9 ans révolus.

    Il y a donc 2 catégories :

    moins de dix ans

    dix ans et plus.

  9. eva dit :

    panenza 1 injection à compter de 9 ans ou de 10 ans ? le tableau du ministère de la santé est peu clair pour la tranche 8 – 10 ans. Il est indiqué comme suit : 36 mois à 8 ans 2 x 0,5 panenza. 9 ans : 1 x 0,5 panenza. Mais quand on a entre 8 (bientôt 9 ans) et 9 ans il se passe quoi ? une ou deux doses de panenza ? sachant que les médecins du centres ne disent pas tous la même chose. Dans l’attente de vous lire.

  10. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A PACOTTE :

    Il est possible que votre époux ait contracté un virus respiratoire autre que celui de la grippe. Il y a des virus respiratoires divers qui circulent et qui peuvent entrainer des complications. Il y a aussi des infections bactériennes.

    Il se peut aussi que l’immunité conférée par le vaccin ait été insuffisante au moment de la rencontre avec le virus.

    Mais je ne sais pas d’où sort ce chiffre de 40 %.

     

  11. pacotte dit :

    bien que vacciné contre les 2 grippes, mon mari (53 ans) a eu une grippe compliquée d’une surinfection bronchique pendant les vacances de Noël. Le médecin (opposé au vaccin) dit qu’il fait partie des 40% de patients non protégés par le vaccin. Ni moi ni mes enfants (17 et 19 ans) n’avons été contaminés, nous sommes tous vaccinés contre la grippe A. Que penser de tout cela ?

  12. Cela me fait penser à Dominique Belpomme et ses écrits alarmistes sur la chlordécone aux Antilles et dans l’île de La Réunion. Il a récemment refusé d’être auditionné par la commission d’enquête parlementaire (no comment !) sur la chlordécone.

  13. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A VINCE :

     

    depuis des semaines il y a nombre de centres qui éditent les bons sur place et n’attendent pas que les gens arrivent avec le précieux sésame .

  14. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A PATRICK :

    Cent pour cent d’accord avec vous.

    C’est d’ailleurs mon cas, pour les erreurs bien sûr et pour la formation permanente.

    J’y ai consacré plus de 100 heures l’an dernier et 70 heures sont prévues cette année.

  15. Vince dit :

    Certes médecine et politique forme un duo bizarre…
    Toutefois je dois dire aussi que certains scientifiques (et pas des moindres) prennent des positions assez iconoclastes par rapport aux politiques de santé…
    Ainsi j’ai entendu à la radio une personne travaillant dans l’un des deux centres nationaux de référence de la grippe dire qu’il fallait continuer à se faire vacciner, que l’organisation de la vaccination avec cette histoire de bons est à revoir et… ne pas attendre l’arrivé des bons par courrier car il y a des "couacs" mais plutôt aller directement dans un centre de vaccination ! "Le bon sera imprimée sur place" disait-il.
    Dans ma famille nous sommes quatre (sans facteur de risque) et aucun n’a reçu de bons et nous sommes très nombreux dans ce cas.
    Selon vous, faut-il attendre l’arrivé des bons de vaccination pour pouvoir se faire vacciner ?
    Merci d’avance.

  16. patrick dit :

    Meilleurs Voeux Doc. Vous vous lachez cher Jean-Daniel comme pour l’affaire Hallyday. Dieu que c’est salutaire et que celà fait du bien… aux mauvais esprits comme moi bien sur. Mais il n’y a pas que les médecins qui devraient suivre une formation continue, les journalistes aussi, on entendraient et liraient moins de …sotises. Respect et Meilleures salutations. Patrick

  17. Cilaïne dit :

    Excellent !
    Merci pour ce blog que je découvre.

  18. Chiby dit :

    La vaccination contre la grippe A. Qui va payer ?
    808 millions d’euros payés, non seulement par les contribuables, mais également par les assurés des mutuelles de santé.
    En effet les mutuelles de santé françaises augmentent les cotisations de leurs adhérents, je cite :
    ?la protection sociale sera sensiblement augmentée en raison « d?une contribution exceptionnelle destinée à financer 35 % du coût des vaccins contre la grippe A ».
    Régulièrement, les Français se posent la question « Que sait-on des effets secondaires ? ».
    Personnellement, je ne vois que les effets « tertiaires » car, à ce jour, je n?ai toujours rien reçu dans ma boîte aux lettres pour me faire vacciner, par contre, j?ai bien commencé à payer les 90 millions de doses de vaccin à jeter.

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