Arthrose : limiter les méfaits de la famille ADAMTS.







Une avancée dans la compréhension des mécanismes de destruction des cartilages articulaires pourrait aider à mieux prendre en charge l’arthrose. Enfin ! diront les millions de personnes qui en souffrent et ont l’impression d’être laissées pour compte.



L’une des caractéristiques des phénomènes arthrosiques est la production d’enzymes qui vont détruire la matrice dans laquelle baignent les fibres collagènes  et les cellules constituant le cartilage articulaire.

Parmi ces enzymes, il y a la famille ADAMTS. Derrière cet acronyme se cachent une série de substances qui agissent précocement sur l’aggrecane, l’un des constituants essentiels du cartilage articulaire.

Un des membres de la famille, ADAMTS-5 retient plus précisément l’attention des chercheurs, notamment  d’une équipe allemande qui vient de publier ses travaux dans la revue Nature Medicine.

Cette équipe s’est aperçue que l’activité destructrice de l’enzyme était fortement encouragée par une autre substance, de la famille des proteoglycanes, un ensemble de protéines avec des rameaux glucidiques.

Le syndecan-4 est cette substance sur laquelle se sont arrêtés les chercheurs allemands.

Une substance qui est présente dans des cellules du cartilage qu’on appelle les chondrocytes.

En comparant des prélèvements fait chez des sujets atteints de gonarthrose, une arthrose du genou, et des sujets sains, ils ont constaté la présence très importante de syndecan-4 dans es chondrocytes eux-mêmes hypertrophiés.

Et en utilisant des modèles animaux, notamment des souris déficientes en syndecan-4, ils ont pu montrer que cette substance était fortement impliquée dans la libération de l’enzyme ADAMTS-5 destructrice de cartilage.

Jouer donc sur l’effet du syndecan-4 pourrait offrir une voie de recherche à des traitements spécifiques de l’arthrose.

Déjà, de nombreuses recherches sont consacrées au TIMP3, ou Tissue inhibitor of metalloproteinases, capable de bloquer l’action d’ADAMTS-5.

On avance donc sur des chemins très différents des simples anti-inflammatoires. Pouvoir bloquer ou, du moins, freiner la destruction cartilagineuse serait un premier pas important.

Essayer de remodeler l’articulation et de faire « repousser » du cartilage sera la deuxième étape.

Des progrès encore lointains. C’est pour cela qu’il est important que la communauté médicale et scientifique consacre temps et moyens à, l’arthrose, bien trop souvent négligée, considérée même par certains médecins comme n’étant pas une maladie.

 







Référence de l’étude :

Frank Echtermeyer  et al.

Syndecan-4 regulates ADAMTS-5 activation and cartilage breakdown in osteoarthritis

Nature Medicine published online 16 August 2009; doi:10.1038/nm.1998

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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