Grippe A(H1N1) :un virus potentiellement plus dangereux qu’il n’y paraît.







 

Une nouvelle étude publiée le 13 juillet 2009 dans la revue Nature nous en apprend un peu plus sur le virus A(H1N1). De bonnes et de moins bonnes nouvelles.

La première des informations confirme ce qui était déjà énoncé par d’autres équipes, à savoir la grande parenté de ce virus avec celui responsable, entre 1918 et 1920, de la pandémie baptisée « grippe espagnole ».

Parenté mais, heureusement, pour l’instant, une virulence très faible par rapport à son ancêtre.

 

En reprenant des prélèvements anciens, les chercheurs japonais auteurs de cette étude ont montré que les personnes nées avant 1920 avaient des anticorps protecteurs contre la nouvelle souche. Contrairement à des publications récentes, ils ne retrouvent pas la même protection chez les personnes nées avant 1957.

 

Sur des modèles mammifères , souris, furet et primates, les chercheurs ont constaté une forte transmissibilité et , surtout, des atteintes pulmonaires avec des lésions alvéolaires importantes sans autre co-infection associée et sans qu’il n’existe une pathologie quelconque préalable.

 

Cela confirme les observations faites cliniquement chez des sujets jeunes sans antécédents médicaux connus, ayant développé des atteintes respiratoires sévères, parfois mortelles.

 

Une situation qui rappelle peu ou prou ce qui se passe avec le virus H5N1 d’origine aviaire.

 

La bonne nouvelle c’est que les diverses souches examinées sont sensibles aux divers antiviraux connus et à plusieurs molécules encore en développement.

Il faut cependant noter que cet article a été envoyé à la revue Nature avant la notification en Europe du Nord, du premier cas connu de résistance à l’oseltamivir( Tamiflu).

 

Des résistances dont l’équipe nippone ne méconnaît pas les risques, notamment celle d’une résistance acquise par le nouveau virus lors d’une « rencontre » avec le virus H1N1 saisonnier, dont certaines types ont montré une résistance à l’oseltamivir.

 

Dernier point, très important : en laboratoire, le virus introduit chez des cochons se transmet facilement mais sans donner aucun signe clinique décelable. C’est sans doute ce qui explique que la souche actuelle circule depuis des années chez le porc.

 

Cela signifie également que la surveillance des grands élevages porcins, de ceux qui y travaillent et de ceux qui vivent à proximité est une nécessité.

 

C’est la seule façon de voir une éventuelle évolution du virus, susceptible de le rendre plus agressif.

 

Référence de l’étude :

 Yasushi Itoh et al.

In vitro and in vivo characterization of new swine-origin H1N1 influenza viruses

Nature

Publié en ligne le 13 juillet 2009 doi:10.1038/nature08260

 

NOTE D’ACTUALITE

 

 

Roselyne Bachelot-Narquin a annoncé ce 15 juillet qu’à compter du 23 juillet, ce seront les médecins généralistes qui seront les intervenants en premier lors de suspicion de cas de grippe A(H1N1). Décision saluée avec quelques réserves par MG-France, le principal syndicat de médecins généralistes.
 
Le problème c’st que le virus est indifférent aux dates du calendrier et qu’il semble vouloir continuer à se propager. Or, nous approchons du mois d’août, mois sinistré en France où quasiment tout s’arrête au moins les deux premières semaines.
 
Il y a fort à parier qu’un grand nombre de cabinets seront alors fermés, le remplaçant étant devenu une denrée rare et fort coûteuse !
On peut donc imaginer ce qui va se passer si, par malheur, le nombre de personnes atteintes va croissant de façon importante.
Ce sont les urgences hospitalières qui devront gérer l’afflux de patients potentiellement contaminants et qui viendront encore surcharger des services débordés.
 
On peut donc se demander ce qui a guidé le choix de cette date estivale.
 
Autre problème, celui de la délivrance des antiviraux. La ministre a eu beau expliquer que les antiviraux ne doivent pas être prescrits automatiquement, on imagine à quelle pression vont être soumis les médecins traitants de la part de patients qu’ils suivent et connaissent souvent depuis des années et qui vont exiger « le » traitement.
 
Il faudra donc à ces médecins des talents de négociateurs type GIGN en plus de leurs compétences médicales  pour expliquer à leurs patients l’importance de ne pas galvauder les seules ressources efficaces disponibles actuellement contre ce virus.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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3 réponses à Grippe A(H1N1) :un virus potentiellement plus dangereux qu’il n’y paraît.

  1. bvc3r dit :

    Passé sous silence dans la presse nationale
    Argentine : alerte nationale après un cas de grippe porcine dans un élevage
    BUENOS AIRES –
    "On a détecté des cas cliniques de la grippe A (H1N1) dans un élevage de porcs de la province de Buenos Aires. Cela a été confirmé par des tests dans un laboratoire", selon un communiqué du Service national de la sécurité agroalimentaire (Senasa)
    Il s’agit du second cas de contamination constaté dans un élevage de porcs. Un premier cas avait été détecté en juin dans une ferme dans la même province, d’après le Senasa.
    L’Argentine, où la grippe porcine a fait 137 morts et infecté plus de 3.000 malades, est devenue cette semaine le deuxième pays où le bilan de l’épidémie est le plus lourd après les Etats-Unis qui déplorent 211 décès.
    L’épidemie frappe particulièrement le sous-continent américain depuis l’arrivée de l’hiver austral, dont les conditions climatiques favorise la propagation du virus.
    L’alerte déclenchée par les autorités vise à "renforcer les actions de prévention, de diagnostic et de vigilance sur tout le territoire national", selon le communiqué.
    Cette procédure d’urgence permet également des achats imprévus de tout matériel nécessaire pour la réalisation de ces contrôles.
    L’organisme de sécurité sanitaire a rappelé que la consommation de viande porcine après cuisson ne comportait aucun risque, car la maladie ne se transmet pas par la voie alimentaire.
    "La majeure partie de la consommation de viande porcine et ses dérivés est commercialisée dans le marché domestique et il n’y a qu’un reliquat pour l’exportation", a précisé à l’AFP un porte-parole de la Senasa.
    La prévention de la transmission du virus aux porcs par les humains constitue une des priorités des autorités sanitaires, afin d’éviter que les élevages porcins se retrouvent impliqués dans le développement de la pandémie.
    Les porcs sont des creusets de mélange des virus grippaux, et peuvent ainsi abriter simultanément des souches humaines, aviaires et porcines. Ce qui favorise les brassages génétiques potentiellement dangereux à terme pour les humains.
    La détection d’un cas dans un élevage argentin "n’aura dans l’immédiat aucun impact", a déclaré à l’AFP Eduardo Savio, expert auprès du ministère de la Santé de l’Uruguay, pays voisin de l’Argentine.
    Toutefois, ce spécialiste admet "dans un cadre théorique" la possibilité d’une mutation du virus. "Il y a des souches humaines et animales, cela pourrait donner des combinaisons", a-t-il estimé.
    (©AFP / 17 juillet 2009 21h50)

  2. photo dit :

    Bravo pour vos interventions avec juste ce qu’il faut d’information précise et pertinente en restant toujours compréhensible! Continuez!

  3. bvc3r dit :

    Confirmation
    Risque de mutation du virus H1N1

    Des scientifiques allemands ont déclaré jeudi qu?il existe une possibilité pour que les porcs contractent une autre forme de grippe de type A/H1N1 avant de la transmettre à nouveau à l?homme. Une transmission du virus H1N1 des personnes aux porcs pourrait provoquer une mutation du virus, impliquant une évolution imprévisible de la maladie.
    Ils ont remarqué un certain nombre de cas suspects de transmission du virus courant de la pandémie de type A/H1N1 chez les porcs par des personnes humaines. Thomas Vahlenkamp et ses collègues de l?institut Friedrich Loeffler, le centre national de recherches allemand pour la santé animale, ont expérimentalement infecté 5 porcs avec le nouveau virus de la grippe.
    4 jours plus tard, le virus s?était transmis à 3 autres porcs sains du même cheptel, et tous les porcs ont montré les signes cliniques de la maladie, ont rapporté les scientifiques dans le Journal of General Virology. « Avec un nombre d?infections humaines en augmentation, une migration de ce virus humain aux porcs devient très probable », indique Thomas Vahlenkamp.
    Si le virus s?est particulièrement bien transmis aux porcs, il n?a pas infecté 5 poulets consignés avec les animaux malades. L?Organisation Mondiale de la Santé a déclaré le mois dernier que la pandémie de grippe A/H1N1 est universelle en constatant la diffusion du nouveau virus, qui mélange des caractéristiques porcines, aviaires et humaines.
    « La prévention de la transmission de l?homme au porc devrait être hautement prioritaire afin d?éviter la participation des porcs à l?expansion de cette pandémie », prévient Thomas Vahlenkamp. La grippe porcine a tué plus de 400 personnes dans le monde et en infecte probablement des millions maintenant

     

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