Cancer : la cryoablation jette un froid sur les traitements des tumeurs non opérables.

Deux aiguilles emplies d’un gaz sous pression, une température avoisinant les moins 100°C à l’extrémité du dispositif. Ce dispositif sert à faire une cryoablation, une méthode nouvelle pour traiter et détruire des tumeurs et des métastases souvent inopérables jusque là.

La tumeur fait trois centimètres, elle est située sur le rein droit d’un patient, solide gaillard quinquagénaire. Trop « solide » pour les anesthésistes qui n’ont pas très envie de lui faire une anesthésie générale.

Mais, pour autant, notre homme ne va pas garder cette tumeur cancéreuse. Faute de chirurgie, c’est le radiologue qui va s’y coller.

Comme dans bien d’autres domaines, grâce à l’imagerie, notamment le scanner et l’IRM et, parfois, l’échographie, des gestes de plus en plus « audacieux » peuvent être pratiqués hors du bloc opératoire, même si on prend les mêmes mesures d’hygiène et d’asepsie pour les faire.

Deux aiguilles longues d’une quinzaine de centimètres sont reliées à un compresseur. Derrière la machine, deux bouteilles de gaz, de l’argon et de l’hélium. Le gaz va circuler dans les aiguilles, à la manière de ce qui se passe dans un compresseur de réfrigérateur.

Sous 250 bars de pression, l’argon va permettre de descendre la température des aiguilles jusqu’à près de moins cent degrés à l’extrémité des instruments. Mais la température « utile » sera de moins 20 ° C environ.

Sous anesthésie locale et après un long et minutieux repérage sous scanner, avec simulation du trajet, les aiguilles sont enfoncées doucement à travers la peau. Elles vont être placées au cœur de la tumeur. Et là, une série de cycles de refroidissements extrêmes suivis de réchauffement grâce à l’hélium cette fois, va amener progressivement les cellules cancéreuses vers leur destruction.

Le patient est conscient, recevant juste une sédation de la douleur par une pompe électrique contenant un dérivé de morphine qui s’élimine très vite.

En une heure environ, la masse tumorale sera remplacée par un glaçon.
Un glaçon qui déborde un peu de la taille de la tumeur, car le but est de détruire autant que faire se peut le tissu tumoral et on prend, pour cela, une petite marge supplémentaire pour être en zone saine.
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Car la méthode a H un inconvénient, par rapport à la chirurgie. Quand le chirurgien opère et qu’il enlève une tumeur rénale avec tout ou partie du rein, il ne reste plus de cellules tumorales.
Avec la cryoablation, on ne peut pas affirmer que tout a disparu et le risque de récidive n’est pas nul même s’il est très faible, estimé à 0,8 % environ.

Cette technique, encore récente, ne cesse de voir ses indications s’étendre. Elle tend même à supplanter quelque peu une autre technique appelée l’ablation par radiofréquence, qui utilise le chaud pour détruire les tissus malades.

Sur les métastases osseuses, par exemple, la cryoablation est beaucoup moins douloureuse que les radiofréquences. On commence aussi à l’utiliser dans les cancers localisés de la prostate et sur des nodules hépatiques tumoraux.

C’est donc un progrès incontestable dans la prise en charge des patients qui pourraient courir un risque lié à la chirurgie.

Mais pour tous les autres cas, la chirurgie reste la méthode de choix car elle garantit une exérèse totale de la tumeur.

La cryoablation c’est bien, mais il faut savoir, face à ces nouvelles technologies, garder la tête froid.

VOIR LA VIDEO DU REPORTAGE DIFFUSE LE 02/07/2009 DANS LE JT DE 20 HEURES
 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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18 réponses à Cancer : la cryoablation jette un froid sur les traitements des tumeurs non opérables.

  1. jeannotmoto dit :

    bonjour
    en novembre 2009j’ai subit une cryoablation d’un kyste cancéreux dans le rein gauche à l’hopital de Nantes, traité par le professeur DUPAS
    technique révolutionnaire, arrivé dans le service le mardi matin
    sortie le lendemain à 14h
    la tumeur à complètement disparue
    aucun effets secondaire

  2. sylviieg dit :

    Bonjour,
    Mon époux souffre d’un hépatocarcimone 16cm, inopérable avec un début de métastases osseux; il est sous néxavar;
    Pensez vous que cette technique soit possible dans son cas?
    Merci

  3. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A STOCK :

     

    Je ne pense pas que cela soit possible.

    mais les neurochirurgiens disposent d’autres outils comme le cyberknife.

    Mais il arrive que des tumeurs ne soient pas opérables ou le soient dans un deuxième temps après une chimiothérapie ou une radiothérapie.

    Le mieux est de vous rapprocher de l’équipe qui suit votre enfant.

    Bon courage.

  4. stock dit :

    Notre fille de 16 ans est atteinte d’une tumeur cérébrale inopérable située sur le thalamus. Savez-vous si le traitement par cryoablation serait envisageable dans son cas. Merci de votre réponse.

  5. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A YVES :

     

    Je ne peux absiolument pas vous répondre. Prenez contact avec le service de radiologie du CHU de Strasbourg qui est le plus qualifié pour cette méthode.

  6. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A MYR :

    Demander au service de radiologie de Strasbourg s’il a une adresse à vous communiquer

  7. myr dit :

    Bonjour,
    je recherche également un hôpital pratiquant cette technique de cryoablation, je vois Strasbourg et Paris j’habite dans la vienne 86 n’y a t’ il pas plus près (Nante? Bordeaux?) Merci par avance.

  8. Yves dit :

    Bonjour JD

    Ma mère a une grosse tumeur cancéreuse à la main. On commence à parler d’amputation. Savez-vous si la cryoablation pourrait remplacer cette opération dégradante ?

    D’avance merci.

  9. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A HOPE :

    Le service leader en France est le service de radiologie du CHU de Strasbourg.

  10. hope dit :

    Bonjour,

    Pouvez m’indiquer quel hopital/service pratique cette technique ?Savez si elle est appliqué pour le pancreas ?

    Merci d’avance de votre réponse.

  11. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A DOMINIQUE :

    cette technique se fait effectivement dans un service de radiologie.

  12. dominique dit :

    A france 2 on m’a donné le nom du Professeur de Kerviler à l’hôpital St Louis de Paris, service radiologie. Je pensais service oncologie alors est-ce exact, ce professeur fait-il ce traitement et est-il en radiologie ? Notre mèdecin de famille a établi un courrier pour ce spécialiste oncernant une tumeur des bronches pour maman. Mais est-ce possible cde traiter ce cancer ainsi, nous aimerions le savoir avant de faire un déplacement si fatigant pour elle Merci

  13. JD FLAYSAKIER dit :

    REPONSE A JOSE :

     

    Je vous ai répondu directement sur votre adresse.

  14. José dit :

    Bonjour
    pouvez vous me dire quel hopital en France pratique la cryoablation (si possible service/professeur) ? Des médecins de mon entourage me disent qu’il n’y a plus de machine en France… Il y a confusion sur la technique…

  15. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A LOUIS :

     

    Seuls les médecins qui suivent votre dossier sont à même e vous répondre.

    Ce serait idiot et irresponsable de ma part de vous donner un avis sur un dossier que je ne connais pas.

    Rapprochez-vous de vos médecins et parlez-en avec eux.

    Bon courage et tenez-moi au courant.

  16. zapata louis dit :

    bonjour, depuis 2 ans je suis en chimiothrapie pour une tumeur envellopant la veine porte sur la tete du pancréas, non operable. pensez vous que la cryoablation pourrait stopper l’évolution de la tumeur. merci de repondre
    cordialement

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