Cancer /ASCO 09 : Les traitements passent du « prêt à porter’ au « sur mesures ».

Ne plus traiter une maladie, mais un être humain avec ses caractéristiques propres, traiter plus longtemps avec des médicaments moins toxiques. La conférence sur le cancer, ASCO 09, qui s’ouvre aujourd’hui en Floride, montre que patients et médecins ont les moyens de ne pas baisser les bras, même quand le cancer avance.
 
Le message est clair. Pour les trente mille spécialistes réunis à Orlando à l’occasion de la conférence de l’American society of clinical oncology, l’ASCO, chaque cas de cancer mérite une attention particulière : « Aussi bien biologiquement que dans la façon dont la maladie se présente, économiquement ou socialement, chaque patient est différent ».
 
Cela peut paraître évident et banal, mais cela correspond surtout aux constatations que la biologie a permis de faire ces dernières années. On voit, en effet, qu’une tumeur peut présenter des caractéristiques différentes en fonction de la façon dont des dizaines de gènes vont s’exprimer. Cette carte d’identité conditionnera aussi bien le pronostic évolutif de la tumeur que sa susceptibilité à un traitement plutôt qu’à un autre.
 
Lors de cette conférence, on entendra donc beaucoup parler de ce qu’on appelle les « bio marqueurs », ces examens très sophistiqués qui orientent désormais les traitements dans des cancers du sein, du poumon ou du colon.
 
Avec ces bios marqueurs, on pourra plus précisément décider, dans certains cas, de ne pas donner une chimiothérapie après une chirurgie parce que le profil de la tumeur montre qu’elle est très peu agressive et que le traitement aurait beaucoup plus d’effets toxiques que d’effets bénéfiques.
 
On pourra aussi savoir à l’avance qui résistera à un traitement spécifique et chez quel malade, ces nouvelles thérapies seront efficaces.
 
Beaucoup de nouvelles molécules seront présentées dans les trois jours à venir, certaines à des stades encore très précoces de leur développement. Mais déjà, on voit poindre des résultats encourageants dans des affections comme le mélanome malin, par exemple.
 
Ces nouvelles thérapies ne visent pas les cellules à l’aveugle et épargnent donc les cellules saines. Elles attaquent les cellules cancéreuses qu’elles repèrent à partir de signaux émis par ces cellules malades.
 
Ainsi de nouveaux assemblages permettent à un anticorps monoclonal d’aller s’accrocher à la surface d’une cellule cancéreuse à un récepteur appelé HER2 et d’en profiter, une fois l’arrimage réussi, pour larguer une toxine qu’il avait en soute, directement dans la cellule malade. Un double effet « pas cool » pour ces tumeurs !
 
L’autre grand chapitre de cette conférence, c’est la façon dont vont être pris en charge des cancers avancés et les tumeurs métastatiques, ces cancers qui ont essaimé.
 
Le mot « métastase » sonnait, il y a encore dix ou quinze ans comme un arrêt de mort à très court terme, quelques mois tout au plus. Aujourd’hui, sans rosir de façon mensongère le tableau, on peut dire que dans nombre de cas, un patient dont la maladie progresse malgré deux lignes de chimiothérapie n’a aucune raison de baisser les bras.
 
On va entendre ici plusieurs études qui montrent que dans le cancer du poumon, on peut, une fois les six cycles de chimiothérapie achevés, disposer de molécules, données sous forme de comprimés, et qui permettent de contenir la maladie pendant plusieurs mois supplémentaires sans altérer de façon importante la qualité de vie.
 
Pour les cancers du sein, il va y avoir également des résultats indiquant qu’on peut, dans beaucoup de cas, considérer qu’on prend en charge une maladie chronique plus grave, certes, qu’un diabète ou une hypertension artérielle. , mais une maladie au long cours que la survenue d’une métastase ne classe plus systématiquement dans les cas désespérés.
 
Dans les formes les plus sévères de cancer du sein, par exemple, une nouvelle molécule, empêche les cellules cancéreuses de réparer les dégâts causés par la chimiothérapie. Ces cellules sont donc inexorablement poussées à se détruire.
 
Il faut, bien évidemment, garder la tête froide et ne pas crier au miracle. Mais de vrais progrès à la fois en matière de traitement et de qualité de vie sont attendus à Orlando et vous en trouverez les comptes-rendus sur ce blog.
 
Vous pouvez, d’ailleurs, déjà trouver dans la rubrique « cancer » les résultats de deux des études présentées à cette conférence L’une concerne les bienfaits du gingembre pour lutter contre les nausées de la chimiothérapie. l’autre montre que certains cancers ORL, liés au virus HPV répondent mieux au traitement que les tumeurs causées par le tabac et l’excès d’alcool.
 
 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
Ce contenu a été publié dans Non classé, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.