Cancer/ASCO 09 : HPV, du col à la gorge.

On l’appelle HPV, c’est le papillomavirus humain. Il est impliqué dans la majorité des cas du cancer du col de l’utérus et, de plus en plus souvent, dans des cancers touchant le pharynx et la gorge. Une autre forme de transmission sexuelle. Avec une nouvelle importante : ce type de cancer lié à l’HPV se soigne bien mieux qu’un cancer ORL habituel.
 
Même si le virus de la grippe A(H1N1) lui mange la place, on n’a pas fini de parler du virus HPV. On devrait dire « des virus » tant il en existe divers types. Les HPV 16 et 18 sont impliqués dans la genèse de la majorité des cancers du col de l’utérus et sont, d’ailleurs, présents dans les deux vaccins mis sur le marché et qui protègent contre 70 % des virus impliqués dans les cancers du col.
 
Mais, depuis quelques années, on a constaté, en particulier dans les pays nordiques, une flambée des cancers ORL, notamment de l’oropharynx et de la gorge, liés au HPV.
 
De la base de la langue jusqu’au fond de la gorge, ce virus HPV peut amener les cellules à se cancériser avec une prévalence multipliée par 3 depuis 20 ans.
 
Pour celles et ceux qui ne verraient pas le lien entre les cancers du col de l’utérus et ceux de la bouche et de la gorge, hormis vous renseigner auprès de votre sex-shop habituelle, vous devriez trouver sur le web suffisamment d’explications claires et particulièrement détaillées sur les rapports bucco-génitaux.
 
Ce qui surprenait les cancérologues, c’était l’impression que les cancers ORL liés à l’HPV semblaient plutôt bien répondre aux traitements. Beaucoup mieux, en tous cas, que ceux liées aux causes habituelles de ces cancers que sont le tabagisme et une consommation excessive d’alcool.
 
Ce qui était une intuition vient de recevoir une première confirmation scientifique. L’étude sera présentée à la fin de ce mois, lors de la conférence de l’association américaine d’oncologie clinique, l’ASCO.
 
Un groupe d’oncologues américains a étudié la survie des patients atteints de cancer de l’oropharynx, en comparant ceux qui avaient un test positif pour HPV et ceux dont le test était négatif.
 
Ils ont inclus 721 patients atteints de cancers de la sphère ORL dans leur étude. Soixante pour cent de ces patients avaient un cancer de l’oropharynx. Quasiment les deux-tiers, 64 % avaient un test HPV positif.
 
Les patients ont été divisés en deux groupes, l’un recevant 35 séances de radiothérapie et une chimiothérapie à base de cisplatine au premier, vingt-deuxième et quarante-troisième jour.
Le deuxième groupe a reçu 42 séances d’irradiation et une chimiothérapie à J1 et J22.
 
Deux ans après l’entrée dans le protocole, 88 % des patients HPV+ étaient vivants alors que cette proportion n’était que de 66 % chez les patients non touchés par le virus.
 
A cinq ans, le nombre de patients vivants HPV+ était supérieur de 29 % à celui des patients HPV-.
 
Mortalité moindre, mais aussi moins de risques de voir survenir un deuxième cancer, notamment localisé dans la bouche, les poumons ou la vessie. Une deuxième localisation qui n’est, hélas, pas rare chez les personnes atteintes de cancers de la sphère ORL liés au tabac et à une alcoolisation excessive.
 
Cette meilleure réponse au traitement implique que, lors de la découverte d’une telle tumeur, on teste le patient pour son statut vis-à-vis du HPV.
On sait qu’il répondra mieux au traitement et cela vaut donc la peine de mener des essais thérapeutiques, notamment avec les molécules innovantes.
 
La deuxième information concerne l’utilisation éventuelle du vaccin.
 
Actuellement, étrangement, le vaccin est promu uniquement chez les jeunes filles de 14 ans.
Or, si on estime que le virus HPV pose un problème de santé publique, il est difficilement imaginable de penser qu’il ne sera éradiqué qu’en vaccinant les personnes de sexe féminin car les garçons aussi sont porteurs de ce virus, parfois sous la forme de disgracieuses « crêtes de coq ».
 
Si la prévalence des cancers ORL liés au HPV augmente, on sera sans doute amené à se poser la question de la vaccination chez les garçons, une mesure sûrement plus simple à mettre en œuvre que l’interdiction des rapports sexuels bucco-génitaux.
 
 
 
Référence de l’étude :
 
ML.Gilison et al.
 
Survival outcomes by tumor human papillomavirus (HPV) status in stage III-IV oropharyngeal cancer (OPC) in RTOG 0129.
 
Abstract n° 6003 accessible à : www.abstracts.asco.org
 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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22 réponses à Cancer/ASCO 09 : HPV, du col à la gorge.

  1. Erika dit :

    Finalement je ne comprends pas l’utilité de votre site ! Je ne vous demandais pas un diagnostic mais un avis. Cordialement

    • docteurjd dit :

      Ce site est uniquement un site d’information. Comme un certain nombre e mes confrères j’ai pris pour règle, et c’est indiqué en page d’accueil, de ne donner aucun avis ou conseil. C’est une question d’éthique. je ne connais pas votre dossier, je ne suis pas médecin ORL, et je risquerais de commettre des erreurs.
      Si vous cherchez des avis éclairés, nul doute que d’autres sites répondront à votre attente. Je suis navré que vous ne soyez pas satisfaite de ma réponse mais je n’en ai pas d’autre à vous fournir.
      Bonne chance dans votre recherche.

  2. Erika dit :

    Bonjour
    Je souhaite des informations, je me permets donc de vous demander votre avis.
    Voilà depuis 1 an j’ai des problèmes ORL, douleurs intense à la gorge et surtout du coté droit (picotements, crachat glaireux gluant, transparent, gène au niveau de la gorge) et des brûlures au niveau de la bouche. Les médecins m’ont fait une biopsie de la gorge, de la langue. Examen qui indique un syndrome inflammatoire uniquement. J’ai réalisé plusieurs fibro digestifs, ils ont exclu le rgo et rien à l’examen ainsi que des différents scanners pulmonaires sans résultats. Il y a quelques années j’ai eu un hpv 16 et 18 au niveau génital. Je commence à me demander si mon problème ORL et buccale n’auraient pas un lien avec ce virus : le papillomavirus. Autre chose mais bilans sanguins sont normaux sauf une vitesse de sédimentation élevée à 31 la première heure et 72 la deuxième heure. Une question est ce que le papillomavirus ne provoque pas des inflammations, et pas seulement des condylomes ? A ce jour ma crainte est de développer un cancer ORL 🙁 . Merci de bien vouloir me donner votre avis et éventuellement m’orienter vers des spécialistes compétents !

    • docteurjd dit :

      Comme il est bien précisé sur la page du blog je ne donne aucun conseil médical et je ne recommande aucun médicament.

      Ce blog est un site d’information uniquement. Mais rien ne vous interdit d’en parler avec votre médecin traitant ou le spécialiste qui vous suit ! Ces praticiens connaissent votre dossier et vous répondront utilement et plus efficacement que moi qui ne sais rien de vous.

      J’espère que vous voudrez bien me comprendre et je vous remercie de l’intérêt et de la fidélité que vous portez à ce blog.

      Jean-Daniel Flaysakier

  3. Marie dit :

    Bonjour
    Je vous ecris car je suis inquiète et j’ai besoin de votre avis et de vos connaissances. Voila en 2014 j’ai été brûlé au laser car hpv oncogene 16 et 18 genital (les plus virulents). Après avoir été traité je n’ai eu plus aucun problème au niveau genital. Depuis novembre 2015 des maux de gorge sont apparus type inflammation, irritation et gene aux oreilles surtout du côté droit ainsi qu’une hypersalivation gluante. J’ai consulté des orl qui ont prescrit different traitement (antibio, corticoide, ipp, etc) et aucun effet. Plusieurs examens : scanner, irm… Je suis allée également voir un gastroenterologue qui a fait une fibro en pensant à l helicobacter pylori et au rgo et rien non plus. Je suis désemparée. Je crois savoir que le hpv 16 et 18 provoque des irritations et rarement des condylomes. Et je voudrais me rendre chez un médecin qui a des connaissances au sujet de l infection hpv et peut-être avoir recours à des traitements qui sont en cours d evaluation. Beaucoup de personnes n ont pas connaissance que le hpv peut provoquer des tumeurs ailleurs que le col de l’utérus. Même les personnes qui font partie du corps médical, mes collègues ide ne savaient pas non plus, les medias en parlent très rarement pour ne pas affoler la population. Cependant j’ai besoin de vous, veuillez svp m indiquer un médecin ou centre qui pourrait m’aider et me soulager. Je vous en remercie.

    • docteurjd dit :

      Je ne connais pas ce genre de médecin. Avez vous dit aux ORL que bous aviez eu ce problème de HPV génital ? Il faut voir suel peut être le risque de contamination qui se fait par l’entremise de rapports oro-génitaux. Je crois sue le plus simple si bous revoyez un médecin ORL c’est de lui en parler

  4. Aline dit :

    Bonjour,
    Mon père a un papillomavirus au niveau de la base de la langue. Il a fait 7 semaines de radiotherapie et 3 seances de chimio.
    Dans un mois nous saurons si la tumeur a disparu ou non.
    Est t’il possible de détruire cette tumeur en 7 semaines?
    Quelle sera la suite si la tumeur est toujours là selon vous?
    De nouveau de la radio? De la chirurgie?
    Merci
    Codialement

  5. PERIN dit :

    bonjour

    en fait je voudrai savoir ou puis je faire un test hpv pour la gorge est ce rembourse? Jai demande dans mon labo danalyse en face de chez moi ils ne le font pas; cest sur paris 15 pourtant; ou puis je faire cela? EN VOUS REMERCIANT

    de plus jai un hpv 16 BAS GRADE AU COL DE LUTERUS qui jespere devrait partir; ya til des moyens de laider a le faire partir? quest ce qun virus hpv deteste et empeche de proliferer?
    EX:vinaigre de cidre, ou comprimes vaginaux (monazol polygyniax ou prevegyne?

    bref est ce vrai que tout ce qui est acide va freiner la proliferation des cellules endommagees ou cest le contraire il faudrait du basique tel les bifidus actif;;;;merci de maider;avez vous des conseils pour laider a le faire disparaitre;

    • docteurjd dit :

      Ce test doit être médicalement justifié et c’est le médecin qui vous suit qui peut juger de l’opportunité d’un tel test.
      Discutez–en avec lui ou avec le spécialiste auquel il vous adressera.

      je vous déconseille vivement d’utiliser quoi que ce soit, concernant votre seconde question, de votre propre chef.
      Là encore parlez-en à votre médecin.

  6. Anne dit :

    Bonjour,

    Je me suis fait vaccinée Gardasil à 18 ans alors que j’avais déjà eu quelques rapports. On m’a détecté un HPV oncogène au col de l’utérus il y a un an et demi (1ère visite chez gynécologue). J’ai eu un laser, et depuis j’ai 2 frottis normaux.
    Puis-je consulter un orologue et un proctologue à titre préventif ? Accepteront-ils de me recevoir bien que je n’ai pas de symptômes ? Je suis très orientée prévention : mieux vaut en effet prévenir que guérir…

    Je vous remercie de votre retour.

    • docteurjd dit :

      Le risque existe si vous avez des rapports bucco-génitaux ou des rapports anaux avec unpartenaire lui-m^me porteur de virus HPV. Vous n’allez pas vous-même auto-ensemancer votre sphère ORL ou votre anus avec du HPV venu du col utérin

  7. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A CORALIE :

    Ce sont les HPV les plus frequemment retrouvés mais rien ne dit que d’autres types ne sont pas en cause ou ne vont pas emerger.

  8. Coralie dit :

    Bonjour,

    Il est mentionné dans beaucoup de sites que les types HPV engendrant le cancer du col de l’utérus sont les types HPV 16/18/31/33.

    Doit-on en déduire que les autre types HPV n’ont aucun lien avec le cancer du col de l’utérus ? ou chaque type HPV peut être précurseur d’un cancer ?

    Y-a-til des études quant aux proportionnalités de cancer du col de l’utérus selon les différents types HPV ?

  9. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A NATHOU :

    Comme je le précise dans le fonctionnement de ce blog (voir ‘infos blog’) aucune information personnelle ou avis médical n’est donné sur ce blog.

    Il faut donc que vous en discutiez avec l’équipe qui vous suit.

  10. nathou dit :

    Bonjour,j’ai fait du laser pour un papillomavirus cn2 car j’avais des cellules pré_cancereuses au col de l’uterus ;Je suis une grande fumeuse alors je voulai s’avoir quelle etait mes chances de guerrison

  11. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A LIA :

    prenez un avis spécialisé auprès d’un ORL. Il ne sert à rien d’imaginer le pire avant ! Et dans plus de 90% des cas, les lésions liées au virus HPV disparaissent d’elles-mêmes.

  12. LIA dit :

    Je sais que cette article a été ecrit il y a longtemps

    j’ai un condylome sur la luette VPH je ne sais pas depuis combien de temps qu’il est la… je dois aller voir un orl car ca fait une semaine que je l’ai decouvert… peut il avoir propager d’autre condylome dans la gorge?
    et cette semaine je dois passer un test pap…
    je suis tres inquiet 🙁

  13. JD Flaysakier dit :

    REPONSE PARTIELLE A ANONYME :

     

    Par principe, je ne réponds pas aux correspondants anonymes, commec’est largement précisé dans la rubrisue « INFOS BLOG ».

    Et par principe aussi, aucune consultation médicale personnelle dans ce blog, c’est la règle des sites certifiés par le HONcode.

  14. Anonyme dit :

    Peut-on être à la fois CIN3 à HPV 16 etc…

  15. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A ANONYME :

    Il n’y a pas de réponse simple à cette question. les lésions à HPV, du moins celes qui concernent le col, guérissent spontanément dans 90 % des cas. On n’a aucune donnée pour les reste. On sait que , concernant le VIH, l’existence de plaies dans la bouche peut majorer le risque en cas de rapport avec un partenaire séropositif mais tout cela reste minime.

     

    mais rien n’interdit, bien au contraire, d’avoir des rapports protégés avec un préservatif ou une digue dentaire

  16. Anonyme dit :

    Docteur Flaysakier
    Les rapports Bucco- Genitaux sont-ils aussi dangeureux a pratiquer
    sans protection pour les femmes que pour les hommes.

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