Malaise de l’hôpital : il y a les CHU et les autres à ne pas laisser choir.

Dans le mouvement qui agite les hôpitaux publics actuellement, il est utile de rappeler quelques notions sur le paysage hospitalier français.
 
Les déclarations de Nicolas Sarkozy à la suite de la remise du rapport de Jacques Marescaux sur la gouvernance des Centres hospitaliers universitaires, avaient pu faire croire que la mise en place d’une direction collégiale allait concerner tous les hôpitaux.
 
Or, cette annonce présidentielle ne concerne que les CHU, c’est-à-dire 31 groupes hospitaliers en France. Des hôpitaux qui sont des lieux de formation pour les futurs médecins qui reçoivent un enseignement dans des facultés de médecine rattachées à ces CHU.
 
Cela ne concerne donc pas le millier d’hôpitaux, régionaux, départementaux, centres hospitaliers généraux ou locaux qui n’ont pas de « U » dans leur nom et qui seront assujettis à la loi commune.
 
Cela veut donc dire un directeur en patron et le président de la commission médicale d’établissement en numéro deux, mais pas avec une voie délibérative en l’état.
 
Il est évident que les CHU sont des hôpitaux un peu à part. Ils ont la triple mission théorique de soigner, d’enseigner et de rechercher.
Le troisième volet du triptyque n’est pas toujours présent partout et l’activité de soin et de formation laisse souvent peu de temps aux velléités de recherche.
 
L’autre aspect, non négligeable, qui peut expliquer la différence de traitement c’est qu’on a eu l’impression, ces derniers temps, que la médecine était une affaire parisienne et que les appels et pétitions dans les magazines étaient le fait de médecins exerçant dans les établissements de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris.
 
Ces établissements sont, certes, prestigieux et il y a de grands noms de la médecine qui y exercent.
 
Mais il y a aussi de grandes équipes dans les CHU hors de Paris et il y a d’excellents médecins dans les hôpitaux publics qui ne sont pas forcément des CHU !
 
Des médecins qui , par exemple, ne pratiquent pas forcément des dépassements d’honoraires en consultation privée à l’hôpital comme certains de manifestants qu’on pouvait voir en pole-position lors de manifestations parisiennes et dont la défense de l’hôpital public aurait, peut-être pu passer par un engagement à contenir leur pratique privée dans ce que le code de déontologie médical appelle le tact et la mesure !
 
 
PS : Le projet de loi initial prévoit que lorsqu’une clinique privée se trouve en situation de monopole d’offre de soins, une ertaine quotité des actes effectués devait l’être en secteur 1 à honoraires conventionnés.

Cette disposition aurait mystérieusement disparu, me dit on, dans la navette entre Assemblée et Sénat.

Quelqu’un a t il pensé regarder sous les sièges ?
 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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