VIH/SIDA : traiter les uns plus tôt au risque de maltraiter les autres.

 
C’était un des temps forts de la dernière conférence internationale sur le VIH/SIDA. Une discussion sur le moment où commencer le traitement par les antirétroviraux.
La publication d’une des études présentées en février à Montréal dans la revue « The Lancet » réactive le débat.
 
Dans le compte-rendu de la session consacrée à ce débat, je vous avais présenté les différentes hypothèses évoquées.
 
Le travail de l’équipe de Jonathan Sterne tend à montrer que débuter le traitement quand le taux de lymphocytes CD4 est supérieur à 350 par mm3  chez des patients séropositifs asymptomatiques réduit de 28 % le risque de décès par rapport à une thérapie débutée à des taux inférieurs.
 
Dans cette séance, une équipe américaine plaidait même pour la mise sous traitement à un taux de CD4 de 500 /mm3.
 
Nul doute que cela devrait amener les spécialistes de la prise en charge des personnes porteuses du virus VIH à revoir les conditions de mise sous traitement en dehors de toute manifestation pathologique.
 
Mais cette décision, si elle est prise, va poser un autre problème. Le stock de médicaments antirétroviraux n’est pas illimité. Une telle décision va donc majorer encore la part de thérapies disponibles dans les pays occidentaux.
 
Le corollaire devrait donc être un peu moins de produits pour les pays du Sud et, en particulier l’Afrique subsaharienne qui concentre 90 % des cas de séropositivité.
Or dans ces pays, la mise sous traitement, quand elle existe, se fait souvent très tard après le début de l’infection, souvent quand le taux de cellules CD4 avoisine 25 ou 50 / mm3 .
 
Il faudra donc s’assurer que toute mesure prise sous nos climats n’aggrave pas encore la situation des pays les plus pauvres.
 
A Montréal, la question avait été évoquée lors de la conférence, en France, l’Agence nationale de recherche sur le sida (ANRS) se préoccupe également de cette question.
 
Il y a parfois des avancées qui sont, de fait, un recul pour d’autres si on oublie de regarder les conséquences de décisions prises dans des contextes de contraintes économiques et techniques.
 
 
 
Référence de l’étude :
 
When to Start Consortium
 
Timing of initiation of antiretroviral therapy in AIDS-free HIV-1-infected patients: a collaborative analysis of 18 HIV cohort studies
 
The Lancet
Published OnlineApril 9, 2009DOI:10.1016/S0140-6736(09)60612-7
 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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3 réponses à VIH/SIDA : traiter les uns plus tôt au risque de maltraiter les autres.

  1. calendrier dit :

    maleureusement, il fiat toujours faire un choix pour avancer les recherches!!
    Certains sont gagnats et d’autres ..

    Alex rédacteur de http://www.calendriere.com

  2. jcm dit :

    Les traitements empechent radicalement les transmissions, ils sont aussi efficaces que le préservatif. les séropositifs soignés n’ont plus besoin de préservatif en grande majorité, et certains ont peur que cela incite des séronegaifs à ne plus se protéger. Le reste n’est que litterature et propagande qui n’a rien à voir la prévention, mais choix idéologique.
    Le préservatif craque donc préférons la chasteté , qui est fiableà 100% , et condamnons le préservatif : Voilà l’argument de l’Eglise, même si elle sait que la chasteté idéale pour la prévention en théorie n’est pas pratiquée en réalité.
    les traitements n’empecheraient pas absolument les transmissions du VIH, alors disons qu’ils ne l’empchent pas , cachons carrément le fait aux malades, et continuons à leur imposer la seule capote même si on sait que la moitié des séropositifs soignés ne la mettent pas.

    Soyons sérieux , il est urgent d’inverser les messages et de mettre enfin sur la sellette certains excités du risque zéro ,pour que les gens aillent au dépistage.

    Aujourd’hui, on nous balance cette pitoyable étude sur l’intéret de traiter plus tôt dans l’intéret des ….malades, aussitôt démentiepar un acteur de la prévention classique qui prétend que les traitements sont très toxiques, et intyervient une remarque sur le contrecoup pour les pays pauvres qui auraient moins de médicaments.

    Balayons tout cela non d’un rever de la main, mais d’un coup depied au cul/

    Toxicité :

    les nouvelles générations de traitement ne sont pratqiuement plus toxique du tpout, de l’avis même de Delfraissy, et depuis environ 4 ans. les fameuses lipodistrophies sâr exemple ont liées à des anciens médicaments.

    Rapports Nord/Sud : il n’y a aucun conflit d’intéret entre la distribution vers le Nord et vers le Sud . Bien au contraire, le succè de la stratégie dans le Nord aura des conséquences très rapidement bénéfique pour le Sud : l’extension d’une méthode qui aura fait ses preuves.

  3. C’est vrai que les firmes qui fabriquent et vendent les anti-rétroviraux essaient de nous convaincre de traiter les patients plus tôt. C’est juste une façon d’agrandir leur marché. Et ça nous énerve. Et si comme vous le dites le stock n’est pas illimité, cela réduisait encore un peu la quantité de médicaments disponibles pour les pays moins aisés ?

    Mais si les firmes pouvaient fabriquer autant de médicaments qu’elles le voulaient, et que les médicaments vendus à prix élevés dans les pays du Nord leur assurait des revenus suffisants qui permettraient de mettre des médicaments à disposition pour les pays du Sud, à prix adapté (90% moins cher que dans le Nord) ?

    Mais les médicaments ne sont pas seulement efficaces, ils sont aussi toxiques. On a aps fini de tergiverser pour savoir quel est le meilleur moment pour débuter un traitement !!

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