ACC09-Cardiologie. Fibrillation auriculaire : coup de frein sur l’activité des plaquettes.

Quand un médicament est efficace mais  que la moitié des patients qui pourraient en bénéficier ne le prennent pas, c’est qu’il y a un problème. Et il faut donc trouver des solutions. Pour les patients qui ont une fibrillation auriculaire, il y aura peut-être bientôt un autre choix qua les anticoagulants.

La fibrillation auriculaire (FA)  est une pathologie qui concerne de plus en plus de monde en France, en raison notamment de l’allongement de la vie.
Dans ce trouble du rythme, l’oreillette ne se contracte pas normalement, mais de façon anarchique et rapide et cette contraction inefficace a pour effet de provoquer des turbulences dans le flux sanguin. Il s’en suit la possibilité de formations de caillots qui vont être rélargies dans les artères, en particulier celles qui montent au cerveau.

La FA est ainsi une cause redoutable d’accident vasculaire cérébral (AVC).

Pour palier le risque, les patients souffrant de FA peuvent bénéficier d’une protection conférée par des anticoagulants appelés anti-vitamine K ou AVK. Ce sont, à ce jour, les médicaments de référence dans la prise en charge des patients atteints de FA. Ils sont indiscutablement plus efficaces que l’aspirine.

Et pourtant, seulement un patient sur deux en prend. Car ces médicaments ne sont pas simples à manier. Leur efficacité est jugée par un test appelé INR qui doit se situer dans une fourchette précise. Certains aliments ou la prise de médicaments peuvent perturber ces résultats.
Ajuster les doses n’est pas simple non plus. Ainsi un patient se varra-t’il demander de prendre un comprimé trois jours de rang et un demi comprimé le reste de la semaine. Chez des patients âgés ou fragiles, cela n’est pas simple.

Enfin, il y a le risque de saignements, voire d’hémorragies notamment en cas de chute avec des hématomes à l’intérieur du cerveau.

Comment donc protéger ces patients qui ne veulent ou ne peuvent prendre d’AVK ?
Peut-être en jouant sur un phénomène à l’origine de la constitution des caillots, l’agrégation plaquettaire.
L’aspirine freine cet accolement des plaquettes entre elles, mais insuffisamment.
Il est possible de renforcer cet effet avec un médicament, le Clopidogrel, largement utilisé en cardiologie.

Stuart Connolly, de l’université McMaster à Hamilton au Canada, a conduit une étude internationale incluant plus de 7700 patients,  et baptisée ACTIV A. Ils ont reçu soit de l’aspirine seule soit la combinaison Clopidogrel+aspirine (C+A).

Les patients recevant la combinaison ont fait moins d’AVC et d’infarctus que ceux recevant la seule aspirine. C’est surtout le risque d’AVC qui a été abaissé de 28 %. Et en particulier le risque d’AVC ischémique, c’est-à-dire celui lié à la migration d’un caillot dans les artères cérébrales.
La combinaison a eu certes aussi des effets néfastes pour certains, notamment des accidents hémorragiques digestifs et quelques rares hémorragies cérébrales.

Mais au total, la combinaison C+A a montré un vrai bénéfice. Son avantage c’est que les deux comprimés sont donnés à dose fixe et qu’il n’y a pas besoin de dosages sanguins répétés pour en surveiller l’efficacité. Enfin le Clopidogrel peut être donné à des patients très âgés.

Cette étude va-t-elle faire changer les choses ? Difficile à dire. Les AVK restent la référence pour moult cardiologues.

Mais face au nombre de patients qui ne sont pas protégés, il n’est pas impossible que les lignes bougent. Pas tout de suite car le Clopidogrel est un médicament extrêmement onéreux, qui vaut plus de vingt fois le prix de l’aspirine.

Mais dans moins de deux ans, le Clopidogrel ne sera plus protégé par un brevet et les fabricants de génériques rongent déjà leur frein.

Nul doute alors que les autorités sanitaires auront peut-être envie de considérer une modification des règles actuelles.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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4 réponses à ACC09-Cardiologie. Fibrillation auriculaire : coup de frein sur l’activité des plaquettes.

  1. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A KAMEL :

    Aucun avis personnel ne peut être donné sur ce site, comme le veut la règle des sites certifiés HON.

    Parlez avec votre cardiologue de l’intérêt pour vous d’une éventuelle ablation par radiofréquences. Il saura vous conseiller utilement.

  2. KAMEL dit :

    svp je souffre d une ac/fa permanente je prend actuellement de l aspirine a 200 mg/24h aussi lysanxia 1/2 comprime le soir est ce une telle terapie est suffisante sachant que j ai lu dans des articles sur la therapie appelle ablation / RADIO FREQUENCE je demande de l aide pour ceux qui peuvent m aider meme m orienter seulement et merci d avance

  3. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A ANONYME :

    Je précise à nouveau pour celles et ceux qui laissent un commentaire que leur texte n’appairait pas automatiquement.

    Il m’est d’abord adressé et je décide ou non de le publier.

    La politique concernant les commentaires est précisée dans la rubrique « INFOS BLOG » dans l’article « commentaires : les règles du jeu ».

     

    Comme je ne vis pas 24h/24 devant mon écran, certains commentaires peuvent être mis en ligne après un certain délai et je prie leurs auteurs de m’en excuser.

     

    Merci de vos contributions et, encore une fois, pas de message anonyme, sinon c’est supprimé directement.

    Pas de consultation médicale non plus, c’est interdit par la charte HONCode.

     

    A bientôt de vous lire.

  4. Anonyme dit :

    est-ce que le clopidogrel ETC…

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