ACC09-Cardiologie. Hypertension : echauffer les nerfs pour faire baisser les chiffres.

 

 

 
Il n’y a rien de plus désespérant que de prendre quatre ou cinq comprimés et de voir sa tension artérielle ne pas baisser et flirter avec des niveaux très dangereux. Mais la technologie va peut-être venir au secours de ces hypertendus en s’attaquant à un nerf qui n’a de sympathique que le nom.
 
La régulation de la pression dans nos vaisseaux, ce qu’on appelle communément la tension, est un phénomène d’une extraordinaire complexité qui implique des organes comme le cœur, le rein, le cerveau, mais aussi des hormones et des médiateurs chimiques.
 
Les médicaments actuels jouent sur ces différentes composantes. C’est pour cela que les médecins peuvent être amenés à prescrire des associations de produits pour obtenir des chiffres tensionnels inférieurs à 140/90.
 
Mais il arrive que, malgré la prise quotidienne de plusieurs médicaments, les chiffres tensionnels ne descendent pas et atteignent des valeurs de 170 et plus. Or « 17 de tension », ce n’est pas exactement le chiffre avec lequel il fait bon vivre.
 
Le problème c’est que, hormis certaines causes curables chirurgicalement, comme des rétrécissements des artères rénales, on a peu de moyens d’arranger les choses.
 
Mais les progrès techniques frappent à la porte des spécialistes de l’hypertension, sous la forme de sonde de radiofréquence.
 
Ces instruments, les cardiologues les utilisent déjà pour brûler des tissus impliqués dans des troubles du rythme comme certaines tachycardies ou les fibrillations auriculaires.
 
Ces dispositifs sont montés sur un cathéter qu’on introduit par l’artère fémorale, une artère de la cuisse. La sonde de radiofréquence va émettre un courant qui entraine, par mouvements ioniques, un échauffement des tissus traversés aux environs de 60 °C. Cette température suffit à provoquer une dénaturation des tissus et, partant, une destruction des cellules qui les constituent.
 
Dans le cadre de ces hypertensions rebelles, le but est, au travers de l’artère rénale, d’aller détruire le nerf sympathique rénal. Ce nerf sert à envoyer et à recevoir des influx qui jouent sur la tension et une hyperactivité du système va engendrer une hypertension difficile à contrôler.
 
Testée sur 45 patients, la méthode a permis d’abaisser la pression systolique, la « maximale » de 25 mm, de ramener par exemple un patient de 18 à 15,5.
En même temps on a pu réduire le nombre de médicaments chez certains patients.
 
Aucun effet secondaire notable n’a été noté et la fonction rénale, en particulier, n’a pas été altérée.
 
Il s’agit d’une première évaluation chez l’être humain et il est donc encore très prématuré de savoir si on dispose là d’une méthode sûre et efficace sur le long terme.
 
C’est ce que diront les prochains essais de « dénervation sympathique » puisque tel est le nom de cette technique.
Référence de l’étude :
 
Henry Krum,
 
Catheter-Based Renal Denervation Reduces Blood Pressure in Patients With Resistant Hypertension
ACC09 présenté le 30 mars

 

 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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