Homosexualité : le rôle de certains psy laisse bien perplexe.

Cela fait de très longues années que le débat agite les sociétés occidentales. L’homosexualité, masculine ou féminine, est-elle une maladie et, de ce fait relèverait-elle d’un traitement ? Certains psychothérapeutes anglais semblent encore le croire.
 
Trois chercheurs en santé mentale londoniens se sont demandés quelle pouvait être l’attitude de psychothérapeutes et de psychiatres face à des consultants gays ou lesbiennes venant leur demander de les traiter pour « retourner » vers l’hétérosexualité Tous ces thérapeutes étaient dument qualifiés et membres de sociétés savantes ou de groupement professionnels ayant pignon sur rue.
 
Un questionnaire a été envoyé à 1848 d’entre eux et, en retour, 1328 réponses ont pu être analysées.
 
Seuls 55 professionnels, soit 4 % de l’échantillon, ont reconnu avoir pris en charge des patients pour un traitement psychothérapique dont le but était de leur faire quitter leur orientation sexuelle.
 
Mais 222 autres psy, soit 17 % des répondants, ont admis avoir conseillé des clients homosexuels des deux sexes pour les aider à « réduire » ou à changer leurs sentiments homosexuels. Mais leur intervention s’est limitée à une assistance et à un rôle de conseil, pas de thérapeute.
 
Il faut rappeler que, jusqu’en 1974 ; la »bible » du diagnostic des pathologies psychiatriques, le DSM (Diagnostic and statistical manual of mental disorders) considérait l’homosexualité comme une maladie mentale.
C’est à l’occasion de la révision de ce manuel et de la publication du DSM IV que cette notion a disparu.
 
Mais le fait de considérer l’homosexualité non plus comme une maladie mentale mais comme une pathologie reste sous-jacent dans nombre de travaux. Cela explique peut-être le comportement des psy de sa Gracieuse Majesté.
 
Il faut aussi signaler que des études génétiques portant sur des jumeaux avaient, un temps, fait écrire à des chercheurs américains qu’il y avait une prédisposition génétique, voir une cause, à cette orientation sexuelle.
 
Mais l’une des études les plus médiatisées avait été faite par un généticien gay lui-même et dont le but avait été de jouer sur le fait qu’en faisant de l’homosexualité un désordre génétique, on la plaçait alors sous la protection du « Disability Act ». Cette loi protège les handicapés et les personnes souffrant de pathologie génétique et interdit et punit toute discrimination à leur égard.
 
En fait, rien, aujourd’hui ne permet de coller une quelconque étiquette à celles et ceux dont l’orientation sexuelle va vers l’homosexualité.
Il n’y a donc aucune raison de chercher à les « guérir » et on peut s’étonner, avec les auteurs de l’étude, que des psychothérapeutes puissent accéder à la demande ce leurs clients et leur proposent un « traitement »pour redevenir hétérosexuels.
 
 
 
Référence de l’étude :
 
Annie Bartlett et al.
 
The response of mental health professionals to clients seeking help to change
or redirect same-sex sexual orientation
BMC Psychiatry 2009.9;8. Published online 2009 March 25
 
 
 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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3 réponses à Homosexualité : le rôle de certains psy laisse bien perplexe.

  1. Justin dit :

    L’article est très bien référencé, et surtout nuancé.

    Je parle de nuance car il semblerait que la jeunesse catholique n’en ait aucune. Ainsi, on peut lire sur leur portail beaucoup de choses, en autre :

    "Le DSM IV, Manuel de critères diagnostiques proposé par l?American Psychiatric Association, définit l?homosexualité comme « un trouble de l?identité de genre ». L?homosexualité est psychologiquement problématique car elle est en contradiction avec l?identité sexuelle. Freud conçoit l?homosexualité comme une « perversion », c?est-à-dire une fixation à des buts sexuels primitifs ou passagers." Ce qui est totalement faux.

    De plus, on peut noter une belle référence à Freud et la psychanalyse ce qui est plutot un paradoxe puisque Freud n’a eu de cesse de critiquer la religion.

    Les homosexuels seront malvus tant que des gens mentiront et écriront n’importent quoi.

    http://www.inxl6.org/article1667...

  2. yann dit :

    Je suis atterré par le traitement médiatique de ce travail. Je ne parle pas là de ce blog, par ailleurs excellent, mais des dépêches AFP qui inondent les médias sur ce travail, de façon assez malhonnête.
    D’abord parce qu’il s’agit d’un travail modeste, portant sur une évaluation rapide et publié dans une revue mineure.
    Ensuite- et surtout- parce qu’on fait dire à ce travail ce qu?il ne dit pas.
    Nulle part on ne parle des commentaires faits par les psychiatres, qui disent effectivement avoir aidé à gérer l’homosexualité ou aidé à "retrouver une hétérosexualité" et ce à la demande du patient.

    C?est particulièrement dommage dans la mesure où ces commentaires suggèrent que ces demandes sont souvent faites dans le cadre d?un trouble psychotique, et que ce trouble psychotique est susceptibles d?expliquer au moins en partie l?homosexualité.
    Lorsqu?on est attiré par un membre du même sexe sous la pression d?une hallucination, est-ce vraiment l?homosexualité comme on l?entend habituellement ?
    Non.
    Rien de choquant, donc, à cette étude. Elle est plutôt rassurante, puisque seuls 96% des « psy » (comprenant des psychiatres, et des psychologues, mais aussi des ?conseillers?) disent qu?ils refuseraient d?essayer de changer l?orientation sexuelle d?un sujet.
    A force de faire du médiatique, on contribue à la stigmatisation de la psychiatrie et des troubles mentaux, qui n?en n?ont pas besoin.

  3. hugo dit :

    Bonjour,

    Il y a du grand ménage à faire chez les médecins..faut vraiment être taré pour penser que l’homosexualité est une maladie. Et eux? De quoi souffrent ils?

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