Maladie de Parkinson : la stimulation a bon dos.

Au moment où les patients atteints de maladie de Parkinson se sentent un peu délaissés, une nouvelle étude sur la stimulation de fibres nerveuses laisse entrevoir une possibilité thérapeutique intéressante.
 
Cela fait déjà quelques années, depuis les travaux précurseurs du Pr Alim-Louis Benadib (Grenoble) que les parkinsoniens peuvent bénéficier d’une intervention chirurgicale. Cette opération qui consiste à implanter des électrodes dans des zones bien précises du cerveau, permet de réduire les tremblements et les troubles liés à la marche et aux mouvements en général.
 
Mais le nombre d’opérations reste bien inférieur aux besoins et tous les patients opérés ne tirent pas obligatoirement un bénéfice de ce geste.
 
L’intervention est très délicate et doit être d’une extrême précision.
 
C’est pour cela que la publication dans la revue Science du 20 mars 2009 d’une étude américano-helvético-suédoise éveille l’intérêt des neurologues spécialisés dans cette pathologie.
 
Il s’agit, pour l’instant, d’une étude strictement animale, sur des souris et des rats.
 
Partant de constatations tirées d’études sur des patients épileptiques et sur le dysfonctionnement de certaines conductions nerveuses, les chercheurs ont choisi d’implanter des électrodes non pas dans le cerveau, mais dans le dos des souris.
 
Très précisément dans ce qu’on appelle l’espace épidural, au dessus de l’enveloppe qui protège la moelle épinière.
 
Cette voie d’accès, à hauteur de la colonne vertébrale thoracique, est assez simple à utiliser.
 
Les électrodes ainsi placées ont stimulé des fibres nerveuses dites cordonales postérieures, des fibres plutôt dévolues à la sensibilité qu’à des effets moteurs.
 
Mais, sur des souris « parkinsoniennes », ils ont constaté une reprise de la mobilité très importante.
 
Cette stimulation semble capable d’inhiber des courants électriques aberrants de basse fréquence qui viennent interférer avec le fonctionnement normal des centres commandant la mobilité dans la maladie de Parkinson.
 
Dans la maladie humaine par exemple, quand un patient est assis et qu’on lui demande de se lever et de marcher, on constate qu’il lui faut plusieurs secondes entre le moment où l’ordre est donné et le moment où il va effectivement commencer à se mouvoir.
 
Comme d’habitude, ces résultats doivent être examinés avec prudence car il y a fort loin de la souris à l’homme.
D’autre part, nous sommes des bipèdes et non des quadrupèdes.
 
Mais la technique d’implantation d’électrodes en épidural est faite de façon courante chez les personnes souffrant de douleurs neurogènes et qui disposent ainsi de ce qu’on appelle une stimulation médullaire.
 
Il sera donc aisé de pouvoir tester cette méthode et de voir si elle apporte un gain en termes de mobilité aux patients parkinsoniens à, partir du moment où ils ont un traitement bien équilibré.
 
 
 
Référence de l’étude :
 
Romulo Fuente et al.
 
Spinal Cord Stimulation Restores Locomotion in Animal Models of Parkinson’s Disease
Science 2009. 323:1578-1582.
 
 
On peut, d’autre part, lire le témoignage d’un patient traité par neurostimulation médullaire sur ce blog.
 
 
 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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11 réponses à Maladie de Parkinson : la stimulation a bon dos.

  1. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A REGROUPEMENT CREDIT :

     

    Non, hélas !

    je ne sais pas de quoi il s’agit.

  2. bonjour et bravo pour votre blog très intéressant. pouvez vous nous en dire plus sur l’organothérapie?
    merci

  3. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A J.CLAUDE :

    Je vous avoue humblement être incapable de vous donner la réponse.

    Maiscomme les fabricants des appareils de neurostimulation sont les mêmes que ceux qui font les pacemakers, je suis certain qu’ils se sont penchés sur la question.

    Je vais les interroger et j’essaierai de vous donner une réponse pas trop tardive.

  4. JUDIN JEAN CLAUDE dit :

    En fait, une question:
    Cette technique est-elle compatible avec la présence d’un pacemaker?

  5. Karelsen David dit :

    Bonjourr,
    Je viens de lire le billet de Louis Quétineau.
    Etant parkinsonien,je voudrais savoir en quoi consiste l’organothérapie.
    Merci

  6. mouette rieuse dit :

    Bonjour, ma question s’adresse à Mr Quétineau : pouvez-vous m’expliquer ce que veut dire le terme "organothérapie". Je suis moi même neuro-stimulimée depuis 1 an 1/12, et la difficulté est de trouver le bon cocktail entre stimulation et médicaments. Bon courage à tous, et il en faut!!

  7. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A CETTE DAME ANONYME :

     

    je crois avoir écrit dans ce billet que nous parlions d’un modèle animal et qu’on ne pouvait donc pas transposer directement les résultats aux humains.

    mais la technique utilisée, la stimulation médullaire est déjà utilisée en médecine humaine.

    cela veut dire que l’évaluation va débuter rapidement.

    Je ne vois pas pourquoi cela pourrait porter tort à celles et ceux qui sont atteints de la maladie.

  8. Anonyme dit :

    Je suis toujours très surprise que des scientifiques puissent comparer un humain avec un rat ou une souris
    j’expérimente la maladie de Parkinson depuis 22 ans, j’ai 58 ans et je
    ne marche pas à quatre pattes
    les malades ont bien des difficultés avec leur entourage alors si on les
    compare à des rats imaginez un peu les propos qu’ils vont entendre
    bien sûr si nous avons du mal à tenir droit nous pouvons bien
    nous déplacer à quatre pattes
    Bon courage à tous mes semblables Ann

  9. Quétineau Louis dit :

    Bonjour,il ne faut rien négliger dans la recherche de traitement de cette terrible maladie
    je suis parkinsonnien j’étais devenu totalement dépendant quand j’ai ajouté de l’organothérapie à mon traitement équilibré mais insuffisant: le résultat et spectaculaire j’ai retrouvé mon autonomie.
    affaire à suivre…

  10. claise jacques dit :

    bonsoir,
    suite au reportage au jt de 20h de david poujadas ( donnant une mauvaise appellation de daniel flaysakier), étant moi-meme parkinsonnien et étant trés interréssé par toute nouvelle technologie permettant d’améliorer le quotidien, je vous remerçie pour ce blog, en espérant comme d’habitude que l’expèrience puisse etre mener rapidement sur l’homme.

  11. Anonyme dit :

    Beaucoup d’avancée pour cette maladie grâce a la recherche. Les différents types de neurostimulation permettent un répits mais c’est du coté de la génétique que viendra le chemin de la guérison. Un grand merci à tous ceux qui de près ou de loin permettent d’espérer.
    Un jeune parkinsonien

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