Les dangers d’une somnolence diurne excessive.

Mal dormir la nuit n’est pas idéal pour la santé, surtout quand cela s’accompagne d’une somnolence dans la journée de façon excessive chez les seniors. Risque principal, l’accident cardiovasculaire.
 
L’étude dite des trois cités a été menée pendant six ans à Bordeaux, Montpellier et Dijon.
Les chercheurs ont inclus 8269 personnes, majoritairement des femmes (4992) dont l’âge moyen était de 74 ans.
 
18,7 ù d’entre eux souffraient de somnolence diurne excessive, 10,1 % avaient recours aux anxiolytiques et 18 % aux somnifères.
 
Au bout de 6 ans, les chercheurs ont constaté la survenue de 762 décès, soit 9,2 % de la population étudiée. Les cancers représentaient 260 cas, les causes cardiovasculaires 196 cas.
 
L’analyse statistique fine des données montre qu’il n’y a aucune association entre l’existence d’épisodes de somnolence diurne excessive et la mortalité par cancer.
 
En revanche, ces épisodes étaient associés de façon significative à un risque de mortalité cardiovasculaire, ce risque étant majoré de 33 % chez les porteurs de ce symptôme.
 
La question est de savoir quelles peuvent être les causes de cette mortalité excessive. Il est possible que des troubles du rythme cardiaque se produisent brièvement lors de ces épisodes de somnolence, entrainant peut-être des morts subites.
 
Il se peut aussi que des morceaux de plaques d’athérome puissent se détacher des artères et venir boucher des artères plus petites en aval, conduisant, à des accidents cardiaques ou vasculaires cérébraux.
 
Cette étude montre, en tous cas, que les troubles du sommeil des personnes âgées de plus de 65 ans méritent d’être prises en compte et non pas attribuées à la fatalité ou à une conséquence « normale » du vieillissement.
 
L’existence d’épisodes de somnolence diurnes répétés est un signe qui doit amener à une prise en charge et orienter les personnes qui en souffrent vers une consultation du sommeil.
 
Ces consultations ne sont hélas pas assez nombreuses en France, mais il existe des moyens de remédier à certains troubles du sommeil, la piste de la mélatonine est ainsi de plus en plus explorée pour resynchroniser les mauvais dormeurs.
 
En tous cas, ce n’est pas une réponse à coups de tranquillisants ou de somnifères qui peut régler le problème.
 
Référence de l’étude :
 
 
Jean-Philippe Empana et al.
  
Excessive Daytime Sleepiness Is an Independent Risk Indicator for Cardiovascular mortality in Community-Dwelling Elderly
The Three City Study
  Stroke
published online Feb 26, 2009; DOI: 10.1161/STROKEAHA.108.530824
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A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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