Un biberon pour calmer les douleurs postoperatoires

 
 
 
La prise en charge de la douleur postopératoire ne cesse de progresser. Désormais, même les grandes interventions de chirurgie abdominale peuvent avoir des suites presque sans douleur.
 
Cela ressemble à un biberon, mais au lieu d’une tétine, c’est un petit tube qu’on abouche au sommet. Un cathéter percé d’une multitude de petits orifices, un peu à la façon des systèmes d’arrosage de pelouse.
 
Et par ces trous va sourdre de façon régulière et continue le contenu du « biberon ».
De la ropivacaïne, une substance chargée de faire disparaître tout ou partie de la douleur, ce qu’on appelle une analgésie.
 
Ce dispositif, le chirurgien l’insère dans la cicatrice, juste avant de refermer la peau, en pré-péritonéal disent les techniciens.
 
Enlever la moitié du côlon ou une partie du foie sont des interventions toujours douloureuses. Mais 80 % de la douleur vient de la cicatrice. C’est pour cela que placer ce tube dans la cicatrice qu’on va irriguer pendant quarante-huit heures de ropivacaïne permet d’obtenir de bons résultats.
 
Jusqu’à cinq à dix fois moins de consommation de dérivés de la morphine, par exemple. Donc moins d’effets secondaires liés à cette famille de produits, comme les nausées, les vomissements ou la constipation.
 
Et quand la cicatrice fait moins mal, on dort mieux et on s lève plus vite, d’où moins de risque de phlébites également.
 
Grâce à cette technique, les anesthésistes du CHU Saint-Antoine de Paris ont constaté également que les patients sortaient de l’hôpital plus rapidement, un jour et demi en moyenne de séjour en moins.
 
Dans ces périodes de chasse aux économies, c’est intéressant pour tout le monde.
 
L’autre avantage du dispositif c’est qu’il est autonome. Fait d’un plastique « intelligent », un élastomère, il va se vider sans avoir besoin d’électricité ou d’intervention humaine, donc sans risque d’erreur.
 
Ce biberon avait été conçu à l’origine pour les astronautes afin de leur permettre de boira en apesanteur.
 
C’est donc, dans tous les sens du terme, une retombée de l’espace. Un petit biberon pour l’homme, mais une grande avancée pour la prise en charge de la douleur.
 
 
Pour voir le reportage sur ce sujet :
 
Dans la rubrique rechercher entrer le mot douleur ou JT 20 h du 11/02/09
 
 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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