VIH/SIDA CROI 2009 : il n’y a pas de rapport sexuel ‘risque zero’ , meme si le virus n’est plus detectable.

Le risque zéro n’existe pas en matière de transmission du virus VIH, même si les traitements sont efficaces et rendent le virus indétectable dans le sang.
 
Deux études présentées aujourd’hui à Montréal viennent le rappeler.
 
C’était l’événement du printemps et de l’été 2008 : des spécialistes suisses du sida avaient annoncé qu’à partir du moment où un homme séropositif traité efficacement, le risque de transmettre le virus lors d’un rapport sexuel était quasiment nul. Par « traité efficacement », il faut entendre avoir une charge virale indétectable dans le sang depuis plus de six mois et l’absence d’infection sexuellement transmissible (IST).
 
Cette affirmation avait fait beaucoup de bruit et généré à la fois de l’espoir et des craintes.
 
 
Ces résultats ont suffisamment troublé la communauté scientifique pour que des recherches afin de vérifier ces données soient entreprises.
 
Et leurs résultats ne vont pas du tout dans le sens des déclarations helvétiques.
 
Une équipe du CHU Pitié-Salpêtrière, de Paris, sous la conduite d’Anne-Geneviève Marcelin, a regardé ce qui se passait dans le sperme d’hommes séropositifs suivis dans cet hôpital dans le cadre d’un programme de procréation médicalement assisté.
 
Il s’agit d’hommes porteurs du virus VIH et qui souhaitent concevoir un enfant avec leur compagne. Leur sperme est recueilli, les spermatozoïdes sont séparés du liquide séminal dans lequel ils baignent et ils sont « lavés » avant d’être inséminés.
 
Ces hommes entraient exactement dans les critères suisses : pas de charge virale détectable dans le sang depuis six mois, pas d’IST.
 
Sur 145 hommes ayant au total donné 265 échantillons, les examens ont détecté la présence de virus chez 7 d’entre eux, soit 5 % des sujets séropositifs pour le VIH.
 
Cette présence a fait l’objet d’études plus poussées et on n’a pas mis en évidence de résistance aux traitements par exemple. Cela prouve qu’ils viennent de ce qu’on appelle des réservoirs, des lieux de stockage d’où le virus est relargué de temps en temps.
 
Une deuxième étude, menée cette fois à Toronto, au Canada, par Prameet Sheth, va dans le même sens.
 
L’équipe canadienne a suivi deux « cohortes » :
 
– 25 hommes séropositifs jamais traités et suivis périodiquement pendant six mois
– 13 hommes sous traitement par trithérapie avec charge virale indétectable et suivis pendant quatre ans.
 
Les Canadiens ont constaté que dans le premier groupe, 12 des 25 hommes ont eu à un moment ou un autre du virus détecté dans leur liquide séminal.
Dans le groupe traité, on a retrouvé du virus dans le liquide séminal de 4 des 13 hommes suivis.
 
Et dans le premier groupe, 3 des sujets apparemment sans virus dans le sang, avaient des quantités de virus loin d’être négligeable dans le sperme.
 
Cette présence dans le sperme n’est évidemment pas permanente. On ne sait pas non plus de façon formelle si ce virus est capable de produire une infection. On l’a montré expérimentalement, mais personne n’a tenté l’expérience pour de vrai !
 
Il est fort probable que, lors d’un rapport sexuel programmé, par exemple au moment supposé d’une ovulation, ce rapport unique ait fort peu de probabilités, voire aucune, d’être contaminant.
 
Mais rien ne garantit que la répétition de ces rapports non protégés ne sera pas à l’origine d’une infection pour la ou le partenaire, rappellent les deux équipes de chercheurs présents à Montréal.
 
Ce discours, qui rappelle le risque à l’échelle individuelle, mérite d’être pris en considération et doit appeler à maintenir une vraie attitude de réduction et de prévention des risques.

Sur le site www.france2.fr vous pouvez voir un reportage sur ce sujet en allant dans la rubrique JT puis « le 13 heures » à la date du 9 février.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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2 réponses à VIH/SIDA CROI 2009 : il n’y a pas de rapport sexuel ‘risque zero’ , meme si le virus n’est plus detectable.

  1. jcm dit :

    La présence de charge virale dans le sperme malgré l’indétectablilté dans le sang était déjà connue et n’invalide en rien la portée de l’étude Suisse. La remarque est en soi pertinente car parfaitement logique mais que vaut une objection "logique" face à une vérification expérimentale ? La réalité est là : sur 1000 couples en charge sanguine indétectable , dont plus d’une centaine avec une charge détectée dans le sperme, il n’y a eu aucune contamination.

    Cette objection est vieille comme Hérode et faisait partie des stratégies pour continuer l’occultation du rapport Hisrchel. lequel vient d’être enfin révélé à la télévision, et relayé dans un avis récent du CNS ( le 30 Avril ).
    Espoir donné ….et CONFIRME !

    Une autre objection parfaitement détestable consiste à dire que malgré l’inexistence de contaminations dans l’étude Hirschel, elle resterait possible. Cela rappelle tellement l’objection faite par l’Eglise contre le préservatif ! Il protège mais pas toujours !

    En réalité, les séropositifs soignés, en majorité , n’ont plus besoin de préservatif et cela pourrait inciter des séronégatifs à ne plus se protéger, dit-on. Voir ! Pour l’instant, les médecins ont préféré envoyer au casse-pipe des séropositifs dont ils savent parfaitement que la moitié d’entre eux ne mettent pas de préservatif, sans les avertir de l’intéret préventif . A un moment ou bien au contraire, la même prévention , toujours dans le but de faire peur avecle sida , insiste lourdement sur la pénibilité du y traitement ou des effets secondaires dramatiques.
    Comme par hasrad, maintenant que ce rapport Hirschel est officiellement validé par la communauté scientifique, que je distingue de la commuanuté préventionniste que cette réalité dérange, on commence à voir surgir des études montrant l’intéret de traiter plus tôt !

    Mais quel malade du VIH peut encore avoir confiance dans ses médecins ?!

  2. Anonyme dit :

    comment est il possible que les etudes suisses n’aient pas corrélé les xharges virales sperme/sang ???ESPOIR DONNé et retiré c’est dur….

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