Fibromyalgie : une petite prime aux antidéprime.

 
 
C’est une énigme médicale que la médecine a longtemps négligée. La fibromyalgie est une pathologie complexe mais des solutions semblent pouvoir aider les patients comme le montre une étude publiée aujourd’hui aux Etats-Unis.
 
C’est sans doute une des affections les plus intrigantes qui soit. Des personnes qui n’avaient pas de pathologie particulière se retrouvent peu à peu plongées dans un cauchemar.
Des douleurs diffuses très invalidantes, une sensation terrible de fatigue, des points hyperdouloureux à la pression.
 
Et surtout face à ces personnes un entourage qui ne comprend pas et des médecins qui soit ignorent la pathologie, soit ne veulent y voir qu’un tableau psychiatrique dominé par un tableau dépressif.
 
Pourtant la fibromyalgie est reconnue comme maladie outre-Atlantique et, en France, l’Académie de médecine a rendu un rapport demandant à ce qu’on se penche sérieusement sur cette affection.
 
D’ailleurs c’est un rhumatologue français, le professeur Marcel-Francis Kahn qui a été l’un des premiers à décrire cette pathologie sous le nom de SPID, un syndrome douloureux multiple et diffus.
 
Contrairement à d’autres maladies, il n’y a pas un ou des signes précis qui définissent la fibromyalgie. On l’appelle un syndrome parce qu’elle est faite d’un ensemble de symptômes.
 
Ainsi, les médecins disposent d’une grille avec un certain nombre de caractéristiques et il faut qu’un certain nombre de ces caractéristiques soient identifiées au cours de l’examen pour que le diagnostic soit posé.
 
Il n’y a pas non plus de traitement spécifique dont l’efficacité soit démontrée.
Mais ce n’est pas pour autant qu’on ne traite pas ces patients, notamment grâce à des antidépresseurs.
 
Car il faut savoir que les antidépresseurs ne servent pas qu’à traiter la dépression. On les utilise notamment dans le cadre de la prise en charge de la douleur.
 
C’est pour évaluer ces pratiques que des chercheurs allemands de l’université de Sarrebruck ont conduit ce qu’on appelle une méta-analyse.
Cela consiste à reprendre un certain nombre d’études, dix-huit en l’occurrence, et de mettre ces divers résultats « ensemble » pour voir ce que donnent les résultats ainsi cumulés.
 
Cette technique n’est pas sans reproches et il faut toujours regarder les résultats avec circonspection, mais bien conduite, une méta-analyse apporte quand même des informations utiles.
 
Winfried Häuser et ses collègues ont donc regardé ce qui se passait avec diverses familles d’antidépresseurs, les « tricycliques’(ATC) les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (IRSS), les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (IRSN) et les inhibiteurs de la monoamine-oxydase (IMAO).
 
De leur analyse il ressort que ce sont les « vieux » antidépresseurs tricycliques qui donnent les résultats les meilleurs en ce qui concerne la diminution des douleurs, la diminution de la sensation de fatigue et l’amélioration de la qualité de sommeil.
 
Les autres familles ont eu des effets moindres, mais réels sur l’état dépressif et l’amélioration de la qualité de vie.
 
Mais, bien sûr et les patients fibromyalgiques le savent, ces traitements aident mais ne sont en aucun cas une cure définitive de leur pathologie. Ils ne sont pas dénués d’effets secondaires parfois sévères.
 
C’est pourquoi avant d’initier un tel traitement, il est nécessaire de prendre le temps de discuter des bénéfices et des inconvénients. On pourra ensuite choisir l’antidépresseur le mieux adapté au type de résultat que l’on souhaite obtenir.
 
Et il faudra évaluer régulièrement le traitement et éventuellement le corriger.
 
A côté de cette prise en charge grâce aux antidépresseurs, des équipes travaillent à traquer les causes de la fibromyalgie. Il y a beaucoup d’hypothèses et les causes sont sûrement intriquées.
 
Ce n’est probablement pas demain que ces recherches aboutiront mais il est important que la médecine montre et dise qu’elle s’intéresse enfin à cette pathologie tout à fait atypique mais qui empoisonne la vie de centaines de milliers de personnes.
 
 
 
Référence de l’étude :
 
Winfried Häuser et al.
Treatment of Fibromyalgia Syndrome With Antidepressants
A Meta-analysis
 
JAMA. 2009;301[2]:198-209.
 
 
 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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6 réponses à Fibromyalgie : une petite prime aux antidéprime.

  1. Catherine dit :

    Ma fille âgée de 24 ans est atteinte de spondylarthrite ankylosante. Même si je ne veux pas l’admettre, je sais qu’elle a de grandes chances de finir sa vie "handicapée".
    J’ai entendu parler d’un nouveau traitement : la cryothérapie. Qu’en est-il exactement ? Ce traitement est proposé en Autriche et en Allemagne. Avez vous des informations sur ce traitement ?

  2. Les traitements par antidépresseurs sont un palliatif mais ne traitent pas la cause.
    Une cause parmi d’autres : une mauvaise occlusion ou une une occlusion déteriorée qui se répercute sur le fonctionnement des ATM (articulations des mâchoires) et de là sur les chaînes musculaires et donc le corps tout entier. On rejoint là les concepts ostéopathiques.
    Attention donc à l’occlusion et aux ATM :
    http://www.holodent.com/article-...

  3. nadouzen dit :

    parfois, celà m agace .
    je réagis aux constats , c est tout
    pourriez vous me donner le montant de l examen dont je vous ai parlé
    si c est dans mes moyens, je vais le payer de ma poche
    ça ne rentrera pas dans les quotas
    IRM SNC
    voyez vous docteur, les autres diagnostics différentiels me semblent zappés;
    intoxication, glutamate qui s agglutine aux neurones(décharges électriques).
    maladie neurologique cousine d alzeimer, myofacie à macrophages, SEP ;non : fibromyalgie
    ça n arrange pas le patient,ça arrange pour le moment la sécu.
    l europe va bien avançer à ce sujet.
    LE côté morbide d une fibromyalgique: d ici peu un laboratoire va trouver une mollécule perle un pinpin et tout suivra.
    oui, mais voilà, on ne supporte déjà pas les antidépresseurs, on est déjà malade, c"est pas faute d’avoir essayé.
    les antidépresseurs qui nous rajoutent 10kgs ;on a déjà du mal à se bouger. ça n arrrange rien
    quand au côté psy je me suis offerte une psycothérapie en 2000(un investissemnt que je ne regrette absolument pas).
    en résumé pour aujourd hui , si vous pouvez me dire en tant que médecin, s’il y a possibilité que les ions puissent être inversés OU AUTRES .(anomalie macro éléments)
    je peux même vous envoyer les résultats des examens par mail
    je suis entrain de les rentrer dans mon ordi pour alimenter un livre que je écris suite au diagnostic fibromyalgie.
    je ne sais pas s’il sera édité mais ce n est pas grave, on a d autres moyens pour faire passer des messages sur des faîts, des ressentis, des constats.
    le seul but étant d’avancer. sans jeu de mot (humour)
    bonne journée

  4. nadouzen dit :

    celà me fait sourire
    justement, c’est là docteur le hic si je puis me permettre.
    que cherche t on?les médecins ne le savent pas.
    pas de protocole , si ce n est le protocole des points de pressions.
    16 sur 18 a été pour le diagnOstic dans mon cas.
    problème de mandibules,c’est validé
    examen des urines de ma poche dans un labo en suisse
    anomalie calcium,phosphore,potassium
    analyse des cheveux 8 fois la dose d étain normalisé (labo US)
    analyse de sang étain (médecin)double du maxima
    lumbago gauche sans interruption depuis 4 ans
    cruralgie, sciatique latérale,bilatérale,
    décharges électriques dans le crâne à n importe quel moment
    le tourni voir une fois centrifugeuse dans la tête en voiture côté passager avec gout de sang dans la bouche après cet épisode.
    ganglion sur la chaîne jugulocarotidienne mesuré 8mm donc fait rien.PROTOCOLE 1 cm.mauvaise irrigation du cerveau?
    qq semaines après des grosses crises de fibro , sensation de liquide froid qui coule le long des jambes .
    tout ça n est que dans mon imagination bien sur.
    j’ai montré tous ses résultats à mon médecin traitant qui ne SE rappelait pas que c était mon médecin traitant.
    J AI oublié sur scanner abdominal
    ilots de langherans? sur le pancréas. ON ne va pas plus loin non plus puisque pas assez gros?encore protocole
    Recherche et préventif;excusez moi du peu mais ne fait pas partie de la procédure
    alors je continue à chercher avec mes moyens.
    Concernant les macro éléments automédication /plasma marin
    le reste je gère et quand je ne gère plus IM xylocaine (médecin)
    quand à bi profenid en plus d etre coincé à ne plus pouvoir porter le poids de mon tronc sur le bassin, ,ça mé désingue l estomac même par IM.
    ce qui est surprenant dans cette pathologie c est que l on a pas le temps de s’habituer à une douleur. NON, ça change tout le temps.
    un jour, votre cou et vos épaules ne portent plus le poids de votre tête, un jour c est autre chose
    je positive, tout va bien, je n ai rien

  5. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A NADOUZEN :

     

    je vous avoue ma tres grande incompetence quant aux pratiques de l’osteopathie. J’ignorais qu’on puisse diagnostiquer des compressions des meninges et faire remonter des bulles de liquide cephalo-rachidien.

    Quant à faire des IRM de tout le systeme nerveux central, je crois que lexamen serait tres long et sûrement pas tres efficace. faire des coupes tous les 5 à 10 millimetres sur près d’un mêtre sans savoir ce qu’on recherche et sans signes neurologiques evidents ne serait pas une bonne stratégie.

     

  6. nadouzen dit :

    cher monsieur, j’ai été diagnostiqué en août 2006 fibromyalgique
    suite à celà, je suis allez chez un osteo qui a bien travaillé au niveau du bulbe rachidien.pas de caresse, soit.
    2 jours après , une bulle de liquide est remontée des 2 côtés du crâne.
    C était en juin 2007.
    j ai récupéré petit à petit mais pas à 100%
    il m a expliqué que les méninges étaient comprimées.
    celà me parait logique d avoir ce genre de fatigue et tout le reste si le corps n est pas correctement alimenté.
    DE PLUS en 2006, je passe une radio des lombo sacrés et là on me sort un spina bifida occulta ALORS qu’il n avait jamais été vu avant sur les anciennes radios.
    La médecine me prend déjà pour une dépressive alors que je suis en pression réactionnelle? mais là on me prend encore en plus pour une débile
    qu attendez vous dans le protocole de ce diagnostic pour faire passer une IRM dernière technologie du SNC complet?
    merci de bien vouloir me répondre

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