Froid : un degré de moins égale des morts en plus.

On a beaucoup parlé des effets dramatiques de la canicule, en 2003, et de l’excès de mortalité entrainé par cette vague de chaleur. Mais cela ne doit pas faire oublier que le temps froid fait aussi payer un tribut aux plus fragiles, notamment les personnes âgées comme vient de le démontrer la publication d’une étude paneuropéenne.
 
C’est en utilisant les données recueillies entre 1990 et 2000 dans quinze villes européennes qu’a été conduite l’étude PHEWE (Assessment and Prevention of Acute Health Effects of Weather Conditions in Europe). Les données ont été collectées entre 5 ans et 11 ans selon les villes.
 
Les chercheurs ont colligé les données concernant les morts naturelles toutes causes confondues, les décès par maladie cardiovasculaire, les décès liés à un accident vasculaire cérébrale ou à une pathologie respiratoire.
 
Les températures étaient relevées d’octobre à mars. La température médiane la plus basse était de -5,3°C pour Helsinki et de 11,1°C pour Barcelone.
 
Les chiffres concernant le dioxyde d’azote étaient également considérés, avec ; là encore de grands écarts entre Londres (44 microgrammes/m3)  et Valence, en Espagne (148,1 microgrammes /m3).
 
Les conclusions de l’étude indiquent que pour chaque baisse de température de 1°C lors de la période octobre-mars, la mortalité s’accroissait de :
 
1,35 % toutes causes confondues
 
1,72 % pour les maladies cardiovasculaires
 
1,25 % pour les accidents vasculaires cérébraux
 
3,30 % pour les causes respiratoires.
 
Je précise pour les habitués des études épidémiologiques que les intervalles de confiance à 95 % ne franchissent jamais la valeur nulle sauf pour les AVC et sont très étroits autour de la valeur calculée.
 
Ce sont les groupes les plus âgés qui ont souffert de la mortalité la plus élevée. Cette mortalité était d’autant plus élevée qu’on se trouvait dans des villes au climat habituellement doux.
Les chercheurs ont, en outre, constaté que la rémanence de l’effet s’étendait sur 23 jours.
 
Autre conclusion de ce travail, il s’agit bien d’une surmortalité et non pas d’un déplacement, exactement comme ce qui s’est passé en 2003.
 
Au moment où nous entrons dans des périodes de froid assez prononcé, il n’est pas inutile de rappeler ces données et il faut souhaiter que les pouvoirs publics diffusent des messages de prudence envers les personnes atteintes de pathologies chroniques, notamment cardiovasculaires et respiratoires.
 
 
 
Villes de l’étude : Athènes, Barcelone, Budapest, Dublin, Helsinki, Ljubljana, Londres, Milan, Paris, Prague, Rome, Stockholm, Turin, Valence, Zurich.
 
 
Référence de l’étude :
 
Analitis A et al.
Effects of cold weather on mortality: Results from 15 European cities within the PHEWE project.
Am J Epidemiol 2008; 168: 1397-1408

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
Ce contenu a été publié dans Non classé, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.