Décès d’un nourrisson : les erreurs qui tuent et les mots qui blessent.

 Vouloir ne rien cacher d’un accident à l’hôpital , c’est louable. Mais gérer une crise ne s’improvise pas. Dans des moments difficiles ou tragiques, il y a des choses qu’on n’a nullement envie d’entendre de la part d’un officiel.

 
Nouveau drame dans un hôpital, avec ce décès d’un enfant de six mois. On apprend qu’il pesait six kilos seulement et qu’il était nourri par voie parentérale en attendant qu’on puisse tenter une greffe de l’intestin grèle.
 
Une pompe électrique chargée de délivrer les solutions nutritives a été mal réglée avec un débit multiplié par dix.
 
L’administration a reconnu l’erreur et même expliqué les causes du drame. C’est un point positif.
 
Mais quand le directeur de l’hôpital explique que l’infirmière était grippée mais qu’elle est venue malgré tout prendre son poste un 1er janvier «  peut-être pas dans un état normal » on se dit que ceux qui ont oublié la grippe ont pu croire qu’il parlait d’un état secondaire au réveillon. Phrase bien malheureuse et juste capable de détériorer l’image de l’hôpital public.
 
Et quand il termine en disant « Nous demandons à la famille d’accepter nos excuses », là on frise un peu l’indécence, par maladresse évidemment.
 
On peut présenter ses excuses à la famille, s’associer à sa peine, comprendre sa douleur, dire combien on est malheureux de cette erreur.
 
Mais en aucun cas on ne peut demander à une famille qui vient de perdre un enfant dont la courte vie a déjà été un supplice, d’accepter des excuses pour une erreur humaine dont l’enquête dira si elle aurait pu être évitée.
 
Je ne suis pas un professionnel de la communication et je n’ai pas une passion énorme pour certains « gourous » qui veulent apprendre aux cadres et aux dirigeants à s’exprimer selon des techniques qu’ils monnayent très cher.
 
Mais dans de telles situations de crise, on ne peut pas dire les choses de façon maladroite.
 
En voulant être à tous prix transparent, on arrive, parfois à passer à côté de choses élémentaires mais essentielles, comme le poids des mots.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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1 réponse à Décès d’un nourrisson : les erreurs qui tuent et les mots qui blessent.

  1. Anonyme dit :

    Vu aux infos de A2 l’histoire de ce petit enfant dcd au Mans:

    Les parents vont directement aux urgences
    On les détourne vers un MG
    Puis retour vers le SAMU et l’hopital et décès.
    Le responsable de l’hopital dit que ce n’est pas une faute de l’hopital…
    (et donc sous-entendu s’il y a faute, c’est de la médecine de ville!)

    Autre version dans O-F

    Les parents consultent leur MG
    Qui hospitalise l’enfant
    Examen à l’hopital, mais adressé vers un autre MG de ville (sans doute rassuré par
    la passage hospitalier)
    Retour au 1er MG
    Réhospitalisation par celui ci.
    Décès

    Le grand n’importe quoi
    On cause, on cause, à défaut d’accuser, ou sous-entend…
    Il en restera toujours qq chose…

    Et si on attendait que les choses soient claires avant de les diffuser ?

     

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