Les huiles de poisson protègent le coeur, mais pas des palpitations.

Vous vous apprêtez à manger du saumon fumé pour le réveillon. Bonne idée pour votre cœur, même si cela ne vous protégera pas du risque de palpitations, selon une étude canadienne.
 
Tous les touristes européens qui fréquentent les drugstores américains ne peuvent pas les manquer. D’énormes flacons contenant des centaines de gélules emplies d’huile de poisson sont ainsi proposées à la vente.
 
Ces gélules sont, comme tous les produits proposés dans ces rayons, censées avoir un effet protecteur sur les troubles cardiaques. Cet effet bénéfique serait lié à la présence de deux substances, des acides gras, dits polyinsaturés de type oméga-3.
 
Ces corps gras sont l’acide docosahexaénoique ou DHA et l’acide eicosapentaénoique ou EPA.
 
C’est en 1976 qu’une étude montrant un faible taux d’accidents vasculaires dans les populations Inuit du Groenland déclencha l’engouement pour ces deux acides gras. L’industrie pharmaceutique en fit rapidement des gélules et plusieurs études à travers le monde tentèrent de retrouver chez le commun des mortels des bénéfices analogues à ceux constatés dans les populations du grand Nord.
 
Des épidémiologistes canadiens viennent donc de revoir 12 études qui ont concerné au total 32779 patients.
 
De leur analyse il ressort que la prise de gélules contenant ces « huiles de poisson », en fait des acides gras synthétiques, a un effet protecteur certain dans un cas : ces produits réduisent la mortalité liée à des causes cardiaques de 20 % environ.
 
Mais ces corps gras ne sont pas efficaces pour réduire la mortalité toutes causes confondues. Sans effet également pour prévenir la survenue d’arythmies, ces pathologies au cours desquelles le cœur de met à battre de façon irrégulière, souvent rapidement.
 
La plus connue des arythmies c’est la fibrillation auriculaire, une anomalie qui génère un risque non négligeable de la constitution de petits caillots susceptibles de migrer vers les artères cérébrales et d’entrainer un accident vasculaire cérébral.
 
Le problème de cette analyse, disent les auteurs, c’est que les doses d’EPA et de DHA variaient énormément entre les études revues.
 
Ils estiment donc que ces produits n’ont d’intérêt que dans le but de réduire la mortalité par accident cardiaque et en proposant de façon un peu arbitraire un dosage quotidien de 465mg d’EPA et de 386mg de DHA.
 
Mais il est possible, et même certain qu’une consommation régulière de poisson ait le même effet que ces gélules. Et il n’est pas utile d’investir des fortunes chez le poissonnier.
 
La traditionnelle boite de sardines est parée de vertus analogues à ces gélules.
 
Enfin, pour demain, le saumon fumé peut remplacer les boites.
 
 
Référence de l’étude :
 
Hernando León et al.
Effect of fish oil on arrhythmias and mortality: systematic review
 BMJ 2008; 337 a2931
 
 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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