Grossesse et cancer : plutôt de bonnes nouvelles.

La survenue d’un cancer au cours de la grossesse est un événement peu fréquent. Mais la tendance à avoir des enfants de plus en plus tard justifie qu’on s’intéresse à cette éventualité. Et les nouvelles sont plutôt bonnes.
 
L’âge de la première grossesse ne cesse de reculer dans nos sociétés. En France, l’âge moyen est désormais, selon l’INSEE de 29,8 ans.
 
En Norvège, plus de la moitié des grossesses concernent des femmes entre 30 et 49 ans.
C’est ce qui a conduit une équipe de ce pays à se pencher sur le devenir des femmes enceintes chez lesquelles un cancer a été diagnostiqué.
 
Un événement rare mais non négligeable. Dans cette tranche d’âge les tumeurs les plus fréquemment rencontrées sont des cancers du sein, du col de l’utérus, de l’ovaire, de la thyroide, des mélanomes, des lymphomes et des leucémies.
 
La Norvège est un pays qui possède un registre de tous les cancers diagnostiqués depuis 55 ans.
 
Il possède aussi un registre national des naissances depuis 1967. Il était donc assez simple pour les chercheurs de retrouver tous les cas concomitants de cancers et de grossesse et de pouvoir les comparer à des femmes dont la grossesse n’avait pas été affectée par un tel problème.
 
Ils ont étudié la période 1967-2002 et comparé la survie des femmes ayant eu un cancer découvert lors de la grossesse ou de l’allaitement à celle de femmes non concernées par le cancer.
 
L’analyse a concerné 42511 femmes et les résultats sont plutôt rassurants.
La grossesse ou l’allaitement n’ont eu aucun impact sur l’évolution du cancer en termes de survie.
 
Il y a toutefois un bémol, et de taille.
 
Il concerne les femmes atteintes d’un cancer du sein ou de l’ovaire diagnostiqués au cours de l’allaitement. Le risque de décès était alors double de celui des femmes indemnes de cancer.
 
Ce n’est pas l’hypothèse d’une trop forte imprégnation hormonale que retiennent les auteurs mais plutôt celle d’un retard au diagnostic lié à la difficulté d’interpréter des images radiographiques d’un sein en période de lactation.
 
Mais cette étude comporte aussi une autre très bonne nouvelle qui concerne cette fois les femmes ayant eu un cancer et qui entreprennent une grossesse ensuite.
 
Elles sont peu nombreuses, environ 5 ù de toutes celles ayant eu un cancer et, en fonction du site, les nombres diffèrent. Ainsi seul 1 % des femmes ayant eu un cancer du sein ont eu une grossesse une fois guéries, alors que cette proportion est montée à 21 % pour celles ayant eu un cancer de la thyroïde.
 
Mais ce qui est étonnant c’est qu’il existe un « healthy mother effect », ce qu’on pourrait traduire par un « effet mère saine », une sorte de sélection naturelle qui fait que ces femmes, toutes causes de décès confondues, ont une probabilité de décès deux fois moindre que les autres femmes.
 
En quelque sorte des super-résistantes, des « survivors » comme on les appelle outre-Atlantique.
 
Il est bon de rappeler qu’une étude est en cours en France qui concerne des femmes ayant eu une grossesse après un cancer. On peut lire les détails sur ce blog.
 
Un numéro vert gratuit, le 0800 770 736 est également à la disposition des femmes intéressées par cette étude.
 
 
 
Référence de l’étude :
 
Stensheim H et al

 

Cause-Specific Survival for Women Diagnosed With Cancer During Pregnancy or Lactation:
J Clin Oncol.2008; 0: JCO.2008.17.4110v1
 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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