Paludisme : de fil en aiguille la recherche d’un vaccin avance.

Deux essais vaccinaux contre le paludisme sont dévoilés aujourd’hui dans le New England Journal of Medicine. Même si le but est encore loin, la piste tracée par ces deux études génère des espoirs raisonnables.
 
Le premier essai s’est déroulé en Tanzanie et au Kenya et concernait des enfants de 5 à 17 mois. Il s’agissait d’une phase 2b.
 
Le vaccin utilisé est composé à partir d’une partie de l’enveloppe du parasite. Pour renforcer son efficacité et solliciter plus encore les défenses de l’organisme des enfants vaccinés, les chercheurs ont utilisé une substance dénommée adjuvant, l’AS01E.402 enfants ont reçu le vaccin et 407 autres ont reçu une vaccination contre la rage.
 
Le taux comparé d’accès palustre après vaccination a été de 7,96 % dans le groupe recevant le vaccin anti palustre et de 16,21 % dans le groupe recevant le vaccin antirabique.
 
Il ressort, après calcul statistique, que l’efficacité du vaccin est de 53 % concernant la protection vis-à-vis du premier ou du seul accès palustre.
 
Par efficacité on entend la réduction du risque de souffrir d’un premier  accès palustre
 
Le second essai, également une phase 2b, s’est déroulé en Tanzanie.
Le vaccin délivré contenait un adjuvant appelé AS02D. Ce vaccin était administré en même temps que la vaccination prévu dans le programme élargi de vaccination de l’OMS, diphtérie tétanos, coqueluche et hemophilus influenzae b.
 
Le groupe contrôle recevait la vaccination multiple et un vaccin contre l’hépatite B.
 
Au bout de six mois après la troisième et dernière injection, l’efficacité du vaccin pour prévenir le premier accès palustre a été de 65 %.
 
Les deux vaccins ont été bien tolérés et n’ont pas compromis l’efficacité de la vaccination conjuguée du programme élargi.
 
Mais ces résultats, pour encourageants qu’ils sont, devront être confirmés par des études dites de phase 3 sur une très grande échelle.
 
Il faudra aussi voir comment se comporte ce vaccin dans des zones où l’infestation par les moustiques porteurs du parasite est très importante.
 
Et ces vaccins ne seront pas l’arme absolue. Il faudra encore promouvoir l’éducation, éviter les sources d’eau stagnante et utiliser des moustiquaires imprégnées d’insecticide.
 
Mais on a l’impression qu’un effort vrai est enfin réalisé dans ce domaine des maladies tropicales et du paludisme en particulier.
 
Il faut d’ailleurs remarquer qu’un de ces vaccins a été mis au point et développé depuis de longues années par la multinationale GSK (GlaxoSmithKline) dont la filiale belge a une vraie tradition dans ce domaine de recherches.
 
La Belgique abrite également l’un des centres universitaires les plus réputés dans le domaine de somalies tropicales, l’Institut de médecine tropicale d’Anvers.
Un vestige de ce qu’on appelait la « médecine coloniale », et qui, tant du côté français que belge a fourni de grands noms à la recherche en santé publique et en médecine tropicale, ce qu’on a tendance un peu à oublier.
 
 
 
Référence des études :
 
Philip Bejon et al.
Efficacy of RTS,S/AS01E vaccine against malaria in children 5 to 17 months of age.
 
 
Salim Abdulla et al.
Safety and immunogenicity of RTS,S/AS02D malaria vaccine in infants.
 
William E.Collins and John W. Barnwell
A hopeful beginning for malaria vaccines
 
 
 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
Ce contenu a été publié dans Non classé, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.