Grippe : un bon coup de Google.

Une nouvelle arme de surveillance des épidémies de grippe est peut-être née. Son nom : Google.
 
La surveillance de la grippe et des syndromes qui s’en approchent, les syndromes grippaux, fonctionne plutôt bien dans le monde occidental et, en général, sur toute la planète grâce aux réseaux de surveillance mis en place par l’Organisation mondiale de la santé, l’OMS.
 
 Il y a des centres de référence à travers le monde qui surveillent les deux hémisphères. Au siège genevois de l’OMS, les informations sont traitées et récupérées afin, notamment, de savoir dès février par exemple, comment composer le vaccin qui sera disponible à l’automne.
 
Mais ce qui tarabuste les épidémiologistes c’est, bien sûr, la survenue d’une épidémie de grippe atypique et, notamment, l’émergence d’une « cassure épidémique » c’est-à-dire l’apparition d’une mutation entrainant une épidémie sévère. C’est ce qu’on redoute en particulier avec le virus H5N1 de la grippe aviaire.
 
Le problème c’est que les réseaux de surveillance sont efficaces mais un peu longs à réagir et il pourrait s’écouler une semaine environ avant qu’on identifie un problème grave.
 
Alors des chercheurs du Centre de contrôle des maladies d’Atlanta aux Etats-Unis et des informaticiens du géant Google ont développé un modèle qui pourrait s’avérer un instrument assez formidable.
 
Leur travail est publié ce soir dans la revue Nature.
 
Ils se sont penchés sur les questions posées par les internautes au moteur de recherches dans neuf régions des Etats-Unis.
 
Ils ont ainsi dégagé une liste de 45 thèmes et demandes qu’ils ont jugés être corrélés aux syndromes grippaux.
En travaillant de façon rétrospective sur les années 2003-2008, ils ont comparé la fréquence des thèmes aux données de l’épidémie.
 
La présence de ce bouquet de termes de recherches était très étroitement corrélée aux consultations pour grippe chez les médecins des régions étudiées. On arrive à une corrélation de 97 %.
 
Ce modèle a donc été mis en place pour suivre l’épidémie 2007-2008. Là encore les courbes de prévision publiées une semaine avant les rapports du CDC coïncidaient très étroitement avec les données réelles.
 
On pourrait ainsi disposer d’une méthode de surveillance adaptable aux différents pays et qui permettrait a priori d’avoir des informations au moins une semaine avant  la notification officielle.
 
Bien évidemment, le système n’est pas infaillible. Il peut y avoir de fausses alertes. Le rappel d’un médicament par exemple pour une raison X pourrait générer des recherches sur Google similaires à celles qu’on trouverait en cas d’épidémie.
 
En tous cas le modèle est déjà en place et les données américaines sont en accès libre.
 
 
L’avenir dira si le CDC a poussé un bon coup de Google avec ce système.
 
 
 
 
 
 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
Ce contenu a été publié dans Non classé, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

1 réponse à Grippe : un bon coup de Google.

  1. yvesbernaz dit :

    Contrairement à ce qu’a dit Doc. Flaysakier au journal de 13h ce 9/12/2009, le moustique tigré a envahi le sud est de la France ou depuis 2 ans, il a remplacé le moustique commun.
    Ce petit tigré est très vorace et pique 24h/24h. Si il y a des probabilités qu’il est porteur du chicoungougnia ( excusez l’hortographe…) je crains le pire pour les années à venir.
    Yves BERNAZ du golfe de st tropez

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.