AHA 2008. Le vaccin antigrippe , un coup de veine contre la phlébite.

Il y a des résultats d’études scientifiques qui, parfois, étonnent quant à leurs conclusions. Ainsi en est-il de la relation entre la vaccination antigrippale et un risque moindre de phlébite.
 
Depuis quelques années, les cardiologues savent qu’il faut absolument vacciner contre la grippe les personnes qui ont eu un accident vasculaire cérébral ou un infarctus du myocarde.
Divers travaux ont en effet montré qu’on réduisait ainsi le risque d’une récidive.
 
Il faudra sans doute bientôt y ajouter les personnes ayant fait une phlébite (obstruction d’une veine par un caillot) ou une embolie pulmonaire si les travaux menés dans onze hôpitaux français se confirment.
 
Présentée ce dimanche 9 novembre au congrès de cardiologie de l’AHA à la Nouvelle Orléans par le professeur Joseph Emmerich (Hôpital européen Georges Pompidou, Paris) cette étude a inclus 727 patients hospitalisés pour une phlébite ou une embolie pulmonaire, comparés à 727 autres patients hospitalisés pour une autre cause.
 
Les auteurs de l’étude se sont aperçus que le fait d’avoir eu une vaccination antigrippale au cours de l’année précédant l’hospitalisation réduisait le risque d’avoir une phlébite de 26 %.
Et cet effet était encore plus important chez les patients jeunes, de moins de 52 ans.
 
Plus important encore, la réduction du risque atteint 59 % chez les femmes utilisant une contraception orale, en termes plus simple la pilule.
 
Pourquoi cet effet protecteur ? Eh bien on ne le sait pas ! Sans doute le fait de ne pas faire de grippe grâce au vaccin empêche-t-il de voir se développer des phénomènes inflammatoires qui touchent les vaisseaux et peuvent participer à la formation de caillots.
 
Mais l’effet protecteur joue sur toute l’année, pas seulement la période où sévit la grippe.
La réponse est donc sûrement plus complexe.
 
Si les résultats de cette étude sont confirmés par une étude américaine actuellement en cours, on pourra proposer à toutes les personnes ayant fait une phlébite de se faire vacciner. On peut espérer ainsi réduire le risque de récidive et surtout éviter des conséquences bien plus graves de la phlébite.
 
Le caillot peut, en effet, migrer et passer dans la circulation pulmonaire. Il va alors provoquer une interruption de l’approvisionnement en sang des tissus pulmonaires et entrainer une destruction plus ou moins importante des poumons.
 
C’est ce qu’on appelle une embolie pulmonaire.
 
Une simple injection annuelle pourrait donc fournir une arme de prévention simple et efficace.
 
 
 
Référence de la présentation :
 
Tienan Zhu et al.
 
Influenza vaccination reduces the risk of venous thromboembolism
 
Abstract 524 consultable sur :
 
 
 

 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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14 réponses à AHA 2008. Le vaccin antigrippe , un coup de veine contre la phlébite.

  1. JD Flaysakier dit :

    REPONSE :

     

    le but de la prochaine étude sera de voir si la vaccination réduit le risque de récidive. j’espère que ce sera votre cas !

    • Troger Martine dit :

      Bonjour, je tombe sur cette discussion certainement close depuis plusieurs années mais j’espère que vous lirez ma question : j’ai 67 ans, j’ai reçu le vaccin anti grippal pour la 1ère fois de ma vie, le 7 novembre 2020 et une semaine après j’ai commencé à ressentir une gêne respiratoire… un peu plus tard aux urgences on me diagnostiquait une embolie pulmonaire bilatérale. Scanner, Doppler, etc non rien révélé qui puisse expliquer cette embolie. Test Covid négatif. J’avoue avoir pensé à des conséquences de la vaccination… serait ce possible ?

      • docteurjd dit :

        Cet article montrait tout le contraire ! Je ne vois pas comment un vaccin pourrait etre à l’origine d’un tel trouble de la coagulation. Mais vous pouvez toujours faire une déclaration d’effets indesirables sur le site de l’ANSM.Avez vous eu un test Covid PCR ( ecouvillon dans les narines )ou un test serologique ? Est-il prévu d’en refaire un ?

  2. Anonyme778 dit :

    bonjour
    eh bien j’ai moi même eu une phlébite l’an dernier 3 semaines après une injection du vaccin contre la grippe!j’ai 31 ans et on n’a pas trouvé de raison particulière à cettte phlébite. J’ai refait cette année le vaccin… mais dans mon cas l’effet protecteur n’ayant pas été très efficace l’an dernier c’est plus une protection de mon entourage que pour moi-même!

  3. Comment le vaccin de la grippe peut-il protéger de la phlébite ? tout simplement parce que les gens qui se font vacciner contre la grippe sont des personnes qui voient plus leur médecin plus souvent que ceux qui ne se font pas vacciner. Ils sont donc mieux suivis, voir l’étude de la CPAM de nantes sur les dépenses des malades vaccinés ctre la grippe bien supèrieures aux autres malades qui ne se font pas vaccinés et en plus cette étude démontre que les patients vaccinés attrapent plus la grippe que les autres. la différence n’est pas statistiquement significative (1%). on aurait aimé quand même que ce soit dans l’autre sens.

  4. JD Flaysakier dit :

     REPONSE :

    L’efficacité de la prévention des récidives par la vaccination antigrippale a été démontré dans l’infarctus et les AVC. D’ailleurs cette vaccination fait partie des recommandations de suivi de ces patients.

     

    Là, comme je vous l’ai dit c’est une étude dite « d’observation ». Il y a eu 202 vaccinés chez les personnes hospitalisées pour phlébite et 233 chez les sujets contrôles.

    Le calcul statistique donne ce qu’on appellle un odds Ratio ou OR de 0,74 pour ce vaccin.

    En termes plus simples cela signifie que la différence entre les 2 groupes est de 1-0,74 =0,26 ou 26 %.

     

  5. Frederic dit :

    Merci pour votre réponse docteur.

    Le début de l’article est donc ambigü : « Divers travaux ont en effet montré qu?on réduisait ainsi le risque d?une récidive. Il faudra sans doute bientôt y ajouter les personnes ayant fait une phlébite ».

    Pouvez-vous expliquer ce qui a été mesuré à 26% d’écart entre les 2 populations et le nombre de cas concernés ?

    Je me suis fait vacciné aujourd’hui, non que je sois convaincu de cette étude (j’attends votre réponse), mais tout simplement qu’il vaut mieux un vaccin par an qu’une semaine d’arrêt de travail tous les 4 ou 5 ans.
    Merci
    Frédéric

  6. JD Flaysakier dit :

    REPONSE:

    Il ne s’agit âs d’une étude sur les récidives, mais sur des premiers cas.

    C’est pour cela qu’on fait une étude cas-témoins. On compare ainsi deux populations rn analysant divers facteurs auxquels ils ont été exposés.

    Par des methodes statistiques on peut ainsi mesurer un risque relatif . Inférieur à 1 il devient un facteur de protection. Au dessus de 1 c’est un facteur défavorable.

  7. Frederic dit :

    Bonjour JD Flaysakier,
    Merci pour cet article. Je me sens concerné, ayant eu une phlébite cette année à l’âge de 33 ans.
    A quoi servent dans cette étude les 727 patients hospitalisés sans phlébite, et donc a fortiori sans risque de récidive ?
    Pourquoi ne pas dire : parmi 727 patients hospitalisés pour phlébite en 2007, X ont pris le vaccin fin 2007. Le taux de récidive pendant l’année 2008 est inférieur de ?% parmi ceux qui ont pris le vaccin que parmi les autres.
    Je comprends la difficulté d’avoir ce genre de données car il faudrait rappeler les patients 1 à 2 ans après leur phlébite. Mais je ne comprends pas comment on peut conclure sans.
    Merci pour votre éclaircissement et bravo pour votre chronique
    Frédéric
     

  8. JD Flaysakier dit :

    REPONSE:

    Les sujets « témoins » étaient des personnes hospitalisées pour tout autre raison à l’exception de cancers.  Elles ont été appariées sur le sexa, l’àge et le statut socio-économique.

     

    Ence qui concerne l’alitement, la protection est constante quel que soit le moment de l’année. Il n’y a pas de saisonalité, ce qui ne permet pas de retenir comme seul argument l’alitement.

    mais ,pour autant, les explications ne sont toujours pas connues.

  9. Anonyme dit :

    Pourquoi pas, mais votre paragraphe de présentation est très imprécis quant à la méhtodologie : que compare t on puisque les personnes sont hospitalisées ?
    Pourriez vous mieux expliquer ce paragraphe ?
    Est ce que des facteurs autres ou indirects pourraient influencer les résultats, comme par exemple l’immobilisation pendant une période de grippe, susceptible en elle même de favoriser des thromboses.
    Merci pour votre chronique.

  10. Ad dit :

    C’est un énoncé de chiffre, on peut leur faire dire n’importe quoi.

    L’étude a été faite sur des personnes qui sont déjà à l’hôpital, elle "prouve" que pour ces personnes déjà malade prendre le vaccin de la grippe, en plus de rendre les dents plus blanches, soignerait la phlébite.

    Après avoir entendu tout ça, je suis en droit de me dire: "ce vaccin est vraiment une bénédiction, vite vite je cours voir mon médecin en emmenant toute la famille et les amies, en plus d’être immunisé contre la grippe, on n’aura plus de phlébite"

    le but de la pub c’est de créé un besoin chez le consommateur, seulement là qu’est ce qui est fait?

    Tout serait merveilleux, si tout était tout bien rose, mais ça ne prouve pas la réel efficacité du vaccin en lui même, et ça ne parle pas de tous les problèmes qui lui sont liés.

    ps: la dernière fois que j’ai eu vent des aventures de mulder et scully c’était dans un simpsons…

    Cordialement,
    Ad

  11. JD Flaysakier dit :

    REPONSE :

     

    Je ne dois pas avoir écrit assez clairement les choses car vous semblez faire un léger contresens.

    Pour la pub, je ne vois pas où elle se trouverait.

     

    Je suis sûr que vous aimez X Files

  12. ad dit :

    « Les auteurs de l?étude se sont aperçus que le fait d?avoir eu une vaccination antigrippale au cours de l?année précédant l?hospitalisation réduisait le risque d?avoir une phlébite de 26 %.
    Et cet effet était encore plus important chez les patients jeunes, de moins de 52 ans. »

    l’étude a été faite sur des personnes malades, c’est pas vraiment représentatif………….

    On parle pas des gens qui deviennent malade suite à la prise d’un vaccin alors qu’ils étaient en bonne santé…???

    ça fait un peu penser à pub pour vendre un produit ……

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