Elections du président aux USA : voter en passant une IRM ce sera peut-être possible.

 
 
   
 En ce jour d’élections aux Etats-Unis, voici une étude qui fait réfléchir.
Dis-moi qui quel candidat a une tête qui te fait peur et je te dirai pour qui tu as voté. Cet énoncé un peu simpliste résume une passionnante étude réalisée en Californie  et qui évalue la façon dont notre cerveau et notre esprit choisissent leurs élus.
 
Un milliard de dollars, c’est la somme que les candidats au Sénat et à la Chambre des Représentants américains ont investi dans la campagne de 2006. Tout cet argent pour parler de leur programme, de leur parti, de leur bilan.
 
Mais cela a-t-il joué un rôle déterminant sur l’électorat. Apparemment pas, ou pas suffisamment si l’on en croit un premier travail publié dans la revue « Social Cognitive and Affective Neurosciences » (SCAN).
 
On a testé 24 volontaires, dont 7 femmes, âgés de 18 à 36 ans.
Cette étude s’est déroulée avant l’élection de novembre 2006.
 
Elle a reposé sur le principe de l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, ou IRMf. Cette technique permet de voir, face à une stimulation, quelle sont les zones du cerveau qui vont réagir en « s’allumant ».
 
On a présenté à chaque volontaire trente paires de candidats, un démocrate et un républicain. Des candidats tout à fait étrangers aux volontaires. Chaque membre de la paire était présenté sous la forme d’un cliché grisé pendant une seconde, les deux visages étant séparés par un bref écran blanc. Les candidats devaient ensuite « voter ».
 
 Les chercheurs ont constaté que lorsque seuls les visages servaient de programme, ce sont les perceptions négatives qui « allumaient » certaines zones du cerveau, comme la perception de rejet social, de manque de confiance, de menace personnelle, de tromperie.
 
Et le plus étonnant, c’est que l’adéquation a été parfaite entre les réactions négatives et les résultats du vote réel. Ce sont les candidats battus qui ont généré les réactions négatives.
 
Tout le programme serait donc dans les traits du visage ! Décidemment le débat démocratique tient à peu de choses.
 
D’ici à ce que l’IRM serve de machine à voter il n’y a pas loin !
 
Petite remarque perfide pour finir. Aux Etats-Unis, quand on a une tumeur au cerveau mais pas la « bonne assurance » on peut attendre des mois avant de passer une IRM. En France, la question de l’assurance ne se pose pas mais les délais sont de plus en plus longs sans atteindre les extrêmes américains.
 
Mais quand les publicitaires ou les neuropsychologues ont des études à faire, les machines sont libres !
 
 
 
 
Références de l’étude :
 
Michael L. Spezio et al.
 
A neural basis for the effect of candidate appearance on election outcomes
Social Cognitive and Affective Neuroscience Advance Access published on October 28, 2008, DOI 10.1093/scan/nsn040.
 
 
 
 
 
 
 
 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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