Coeur artificiel : une recherche et des avancées palpitantes.

Le cœur artificiel est une sorte de quête du Graal. Car remplacer cet organe qu’est le cœur par une machine s’avère une gageure. Mais les choses avancent et la France est sur un chemin encore long mais très prometteur grâce à l’alliance d’un fonds d’investissement et d’une société fille d’un géant de l’aéronautique.
 
Le professeur Alain Carpentier est un inlassable inventeur. Il y a quarante ans, il a mis au point les premières valves artificielles. Depuis il n’a cessé d’améliorer les techniques de chirurgie cardiovasculaire, notamment les prothèses valvulaires ou la chirurgie assistée par robot.
 
Mais son grand combat, depuis vingt ans, c’est le cœur artificiel, un objet capable d’être implanté dans une poitrine humaine et d’accomplir les fonctions physiologiques d’un cœur, notamment adapter son rythme et son débit à l’effort, ce que les « cœurs de remplacement » actuels ne savent pas faire.
 
Mais le rêve d’Alain Carpentier et de milliers de patients souffrant d’insuffisance cardiaque est peut-être en train de prendre un tournant décisif.
 
Aujourd’hui, 27 octobre était en effet dévoilé officiellement le prototype de cœur artificiel de la société Carmat, qui développe les recherches de Carpentier.
 
Cœur artificiel, le terme n’est pas galvaudé, car ce prototype n’est pas seulement, comme ce qui existe sur le marché actuellement, une assistance ventriculaire gauche. Là les deux ventricules droit et gauche sont représentés.
 
Cela est un avantage considérable car, en cas d’effort, l’électronique embarquée va permettre de moduler l’activité des motopompes placées dans le cœur, comme le ferait le système nerveux dans le cas d’un cœur normal.
 
Le plus étonnant c’est que ce prototype est le petit cousin des avions et des satellites.
 
Tous les matériaux employés et l’électronique embarquée viennent de ces industries. Car le défi technologique est le même que pour un satellite.
 
Quand l’engin est en orbite à 36000 kilomètres en orbite autour de la Terre, il n’y a pas moyen d’y toucher. Seule la télémétrie est concevable et la fiabilité du matériel doit être de 100 %.
 
Quand le cœur sera implanté quelques centimètres derrière les côtes, il ne sera pas question non plus d’aller y toucher !
 
Il est conçu pour durer 5 ans au moins, soit près de 250 millions de battements sans aucune erreur !
 
Cette aventure est née de la rencontre du Pr Carpentier et de Jean-Luc Lagardère, qui était le patron d’EADS.
 
Mais, aujourd’hui, l’aventure continue au sein d’une entreprise, CARMAT SAS qui est majoritairement fiancée par un fonds d’investissement, TRUFFLE. C’est le Dr Philippe Pouletty, qui est un des plus actifs entrepreneurs dans le monde des biotechnologies, qui a relevé le défi, la banque OSEO a également apporté son soutien.
 
Sans Philippe Pouletty, le projet aurait certainement connu un développement à l’étranger.
Désormais et malgré le défi posé par la situation économique, il faut assurer un financement pérenne au projet.
 
C’est la seule façon d’espérer voir dans les deux ans à venir un premier cœur artificiel battre dans la poitrine d’un patient.
 
 
 
 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
Ce contenu a été publié dans Non classé, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

1 réponse à Coeur artificiel : une recherche et des avancées palpitantes.

  1. Alexandre A dit :

    Bonjour,
    Une équipe d’un hôpital de Rennes se déplace partout en France pour faire de la prévention sur les ACV : à Rennes même, le taux d’accidents aurait baissé de façon importante. Les signes avant-coureurs sont nombreux (genou qui flanche, petite pointe passagère au coeur, oeil qui pique,..) et sont souvent considérés comme sans importance car disparaissant rapidement. Le conseil : informer son médecin qui décidera si c’est important ou non.
    Peut-être que la télévision peut aider aussi ? (c’est peut-être déjà fait d’ailleurs…)

    A part cela, Docteur Flaysackier, je suis d’Amboise et j’aimerai vous adresser un courriel hors blog. Pouvez-vous me communiquer une adresse ?
    Merci !

     

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.