Bisphenol A : bis et mea culpa

Mea culpa. J’ai mis en cause hier l’Agence européenne de sécurité sanitaire des aliments concernant le bisphenol A.
Or cette agence a rendu des avis en avril et juillet dernier que j’avais « oubliés. »

L’Agence a en effet revu les données de toxicologie concernant le BPA à la lumière des décisions canadiennes.
Les évaluations toxicologiques ont été refaites avec des méthodes récentes, contrairement à ce que les auteur de l’éditorial que j’ai cité dans le billet d’hier racontent.

Sans entrer dans des détails très complexes, il est important de signaler un élément qui explique pourquoi les études animales sont parfois difficiles à extrapoler sur l’être humain.

Chez l’animal, le BPA suit ce qu’on appelle un cycle entérohéptique, c’est à dire qu’il est absorbé dans l’intestin, passe par voie sanguine dans le foie puis est excrété dans la bile et repart dans l’intestin pour un autre tour de manège, jusqu’à épuisement et élimination dans les selles.

Chez l’être humain, il est quasiment capté dès ingestion et « conjugué ». ce terme signifie qu’une molécule est accolée au BPA le rendant quasiment inactif et il est ensuite éliminé dans les urines..

Mais cela ne doit pas, pour autant, laisser penser que le BPA ne mérite pas plus d’attention.

D’ailleurs les autorités sanitaires américaines et européennes vont revoir le dossier prochainement.

En ce qui me concerne, je tenterai d’être plus vigilant et de ne pas croire aveuglément ce qui est écrit dans un éditorial dont on ne sait pas toujours ce qui peut motiver ses auteurs.

Lire l’avis de l’Agence européenne (en anglais)

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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3 réponses à Bisphenol A : bis et mea culpa

  1. Merci pour ce "remord".

    Vraiment très peu de journalistes en sont capables.

    Bien à vous, avec toujours mon admiration.

  2. JD Flaysakier dit :

    REPONSE : Je ne crois pas avoir écrit que le passage rénal suffisait à innocenter le BPA. je crois même avoir dit qu’il ne fallait surtout pas baisser la garde !

  3. stéphane dit :

    Il semble que ce n’est pas très bon pour la synaptogenèse chez les primates, le bisphenol A.
    On ne pourra pas reprocher à ce travail d’être fait chez un animal trop éloigné de l’homme.
    Quand à dire que ça ne pose pas de problème parceque c’est éliminé par le rein, je serais insuffisant rénal, j’aurais un peu peur, surtout quand on sait qu’il y a une surmortalité cardiovasculaire.
    Mais ce ne doit être que des coincidences…

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