Paludisme : l’anophèle est dans les nouvelles.

L’hospitalisation à Nice de deux jeunes français souffrant de paludisme sans avoir quitté le territoire national génère une certaine attention.. Mais cette curiosité ne doit pas faire oublier la réalité du paludisme.

L’hypothèse qui prévaut serait celle d’un « paludisme d’aéroport ». Le moustique vecteur du parasite, l’anophèle femelle, serait arrivé dans un avion et aurait piqué ces deux personnes alors qu’elles séjournaient dans un hôtel situé non loin de Roissy.

De tels cas sont rares, mais pas impossibles.

Il y a quelques années, le 6 septembre 2000,j’avais raconté dans le journal télévisé de France 2, l’histoire d’un mécanicien au sol d’Air France qui, en assurant la maintenance d’un avion en provenance d’Angola, avait été piqué par un moustique .

Il avait développé un paludisme lui aussi.

Les avions sont, théoiquement, désinfectés au décollage. Certains d’entre vous ont sans doute déjà vu le personnel de cabine traverser l’habitacle avec des bombes aérosol qui sont d’ailleurs consignées pour être vérifiées à l’arrivée en france par les autorités sanitaires.

La soute à bagages doit bénéficier du même traitement.

Mais, il peut y avoir un ou des moustiques qui échappent à la bombe. Le problème qui se pose pour eux c’est qu’ils ne sont pas préparés à vivre sous nos climats.

Alors comment font-ils ?

L’une des hypothèses est qu’ils se réfugient dans les moteurs des véhicules, en particulier les nombreux bus qui sillonnnent les pistes et les parkings. Ils s’échapperaient alors le temps de faire leur « repas sanguin » et de mourir de froid ensuite.

Mais, répétons-le, ces cas sont rares et ne doivent pas masquer la réalité du paludisme.

C’est une maladie qui frappe ailleurs que chez nous, qui tue un million et demi de personnes par an. Une maladie qui touche des millions d’enfants en bas age et qui en tue cinq cent mille par an avant l’age de 5 ans.

Et le paludisme d’importation, celui qu’on diagnostique ici est souvent contracté par des travailleurs migrants ou leurs enfants. A l’occasion de congés ou de retour provisoire au pays d’origine, ces personnes contractent le parasite faute de s’être suffisamment protégés.

Il faut donc se rappeler qu’en dehors de ces rares cas « autochtones », le paludisme est un fléau des pays pauvres pour lequel l’aide internationale a bien du mal à se bouger.

Pourtant, les moyens de lutte simples existent, comme les moustiquaires imprégnées par exemple. Il y a aussi des ONG qui font un remarquable travail d’éducation auprès des villageois.

Enfin, pour traiter les crises, l’accès palustre, une combinaison médicamenteuse , l’ASAQ, mise au point conjointement par l’ONG suisse DNDI et le laboratoire Sanofi-Aventis permet d’avoir un traitement simple et peu onéreux à disposition, un dollar pour l’adulte et un demi-dollar pour l’enfant.

Le paludisme « plombe » l’avenir de l’Afrique. On ne peut pas imaginer de développement dans des régions où les travailleurs ne sont pas en bonne santé. Aucun investisseur ne s’intéressera à une région dont la main d’oeuvre risque d’être sur le flanc de faàon importante et fréquente.

C’est pour cela qu’il faut aider tous ceux qui veulent faire reculer le paludisme pour que l’Afrique puisse enfin acceder au développement dont elle a tant besoin.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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3 réponses à Paludisme : l’anophèle est dans les nouvelles.

  1. christophe roccy dit :

    Bonjour!
    j ai été 3 fois en Afrique pour des sejours de 4 mois mais suffisemment pour me render compte de l ampleur du probleme. Ce psalmodium falciparum est vraiment un fleau que nos lobbies pharmaceutiques ont du mal à concevoir!!

  2. Citoyen dit :

    Ah un autre commentaire car finalement je pense que c’est ici qu’il sera le mieux placé et traité, le JT du soir a fait une brève présentation du congrès de parasitologie, et très rapidement à renvoyer au blog santé de France 2, j’ai donc cherché, et là j’ai galéré, je suis parvenu ici, mais pas certain qu’il s’agit de celui-là, le moteur de recherche à ce sujet est "peu" efficient mais il a peut-être beaucoup à traiter.

    Bien à vous

  3. Citoyen dit :

    On ne peut que vous remercier de cette information que vous traitez à propos et dont vous rappelez que l’aviez déjà traité en son temps, c’est l’occasion pour moi de faire un petit de mon blog vers le votre dans la mesure où je traite du même sujet finalement mais sous un angle différent : "Ces clandestins qui nous envahissent"

    http://www.blog-citoyen.com/arti...

    Bien à vous – Une petite visite à l’occasion sera appréciée

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