VIH/SIDA: MEXICO,MEXI-I-CO

Pardon pour ce titre un peu léger, mais j’adore Luis Mariano et je ne pouvais donc pas résister à cette facilité.

Plus sérieusement, une polémique fait rage en France entre les associations de lutte contre le sida et les pouvoirs publics parce qu’aucun membre du gouvernement n’a fait le déplacement pour aller assister à la conférence internationale.

Les arguments des uns et des autres ont été avancés&s et chacun se fera sa propre opinion.

En ce qui me concerne, et cela n’engage que moi, j’ai choisi de ne pas aller à Mexico parce que, au plan scientifique, ces conférences internationales apportent fort peu d’informations nouvelles.

L’essentiel, en effet, des nouveautés scientifiques, est présenté chaque année lors d’une conférence appelée CROI, Conference on retroviruses and opportunistic infections.

A titre d’exemple, le journal « Le Monde » daté du 9 août 2008 relate que l’événement de la conférence de Mexico aura été la présentation des résultats de nouvelles molécules les inhibiteurs de l’intégrase. Ces molécules et surtout les résultats de deux études internationales avaient déjà été présentés en février 2007 lors de l’édition de la CROI qui se tenait à Los Angeles.

L’édition 2008 se tenait à Boston et vous avez pu lire sur ce blog un compte-rendu quotidien des travaux présentés.
Cette conférence, limitée à 3500 participants et qui n’accepte que quelques dizaines de journalistes, est le moment de l’année où les chercheurs confrontent leurs travaux et débattent de leurs hypothèses.

Les conférences internationales comme celle de Mexico cette année sont beaucoup plus ouvertes aux sciences sociales, aux approches sociologiques et culturelles. Elles sont un vrai forum d’échanges politiques, au sens noble du terme.

Mais elles ont aussi les inconvénients de ces grands rassemblements où beaucoup de bonnes paroles sont dites sans pour autant être toujours suivies d’effet.

Que ce soit à la CROI à Boston ou à Mexico, on aura appris que depuis quelques années, il y a des politiques de prévention qui commencent à donner de bons résultats en Afrique, comme la circoncision par exemple.

Cela montre que ce continent, qui souffre du paludisme, de la tuberculose, de l’infection à VIH, sans parler d’autres pathologies infectieuses, n’est pas sans ressources et que des politiques de santé publiques bien menées et surtout bien accompagnées, rencontrent l’adhésion des populations.

Le paradoxe c’est que le monde occidental a beaucoup à apprendre des succès africains et de la façon de dispenser des soins envers les plus démunis. Car, aujourd’hui, soigner le sida en Ukraine est parfois aussi difficile qu’en Tanzanie, par exemple.

Au delà donc des batailles pour savoir s’il fallait aller ou non à mexico, l’important est que les pays riches ,ou prétendus tels, continuent à aider les autres nations à mettre en place des programmes intelligents et acceptables par le plus grand nombre pour lutter contre la propagation du virus VIH.

Le reste est, somme toute, accessoire.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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