Des nutritionnistes à la frontière du mauvais goût.

Bruno Masure, qui officia sur France 2 naguère, a dit que la télé rend fou. Il semble, du moins, que la gloriole télévisuelle fasse perdre une partie de leur bon sens à certains si j’en crois l’appel que j’ai reçu il y a quelques jours.

C’est à la suite d’un billet consacré sur ce blog à la floraison vernale des livres de régime que j’ai reçu ce fameux appel.
Mon interlocutrice m’annonçait la création d’une sorte de « Sainte alliance » de nutritionnistes, prêts à faire fi de leurs intérêts éditoriaux concurrents pour offrir au peuple un discours fédérateur.

J’en saluai l’augure quand mon interlocutrice me désarçonna littéralement en m’annonçant une idée qui avait germé chez certains de ces spécialistes.

Ils voulaient proposer qu’on ajoute une option au bac et pas n’importe laquelle. Pas de révision nécessaire, rien à apprendre par coeur. Pour gagner des points, le candidat n’aurait qu’une cose à faire et à montrer : avoir un indice de masse corporelle, ou IMC, ne sortant pas de la limite maximale considérée comme la frontière du surpoids, soit 25 l’année du bac.

L’IMC est un indice qui se calcule en divisant le poids exprimé en kilogrammes par le carré de la taille , en mêtres.
Exemple : un garçon de 1,75m qui pèse 60 kg a une IMC de :60/(1,75×1,75) = 19,6.

Grossir n’est pas obligatoirement un choix et en dehors d’une mauvaise hygiène de vie, il peut y avaoir des prises de poids liées à des états pathologiques. On sait également que l’environnement et les conditions socioéconomiques défavorables peuvent favoriser la prise de poids.

Mais cela ne semble pas heurter ce groupe de médecins à en croire mon interlocutrice. Elle était surprise que je prononce le terme de « discrimination ».

Donner des points en plus à quelqu’un sur des critères physiques et ne pas en donner à d’autres semble, a priori, une idée géniale et très « tendance » pour ces spécialistes du plateau-repas et du plateau d’émissions télévisées confondus.

Quand j’évoque cette conversation autour de moi, mes interlocuteurs ont peine à me croire. « Faudra-t-il se faire vomir avant la pesée si on dépasse un peu » m’a demandé un de mes amis , féru de courses hippiques ?

J’espère qu’il n’y aura pas, dans un cabinet ministériel, une oreille complaisante pour trouver cette idée intéressante.

Sinon, je suis certain que la HALDE, la Haute autorité en charge de tout ce qui touche aux discriminations saura ramener sur terre les auteurs de cette proposition qui ne doivent plus bien se rappeler ce que ce genre de mesure évoque dans la mémoire collective.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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2 réponses à Des nutritionnistes à la frontière du mauvais goût.

  1. helene dit :

    bonjour, je suis diététicienne et je suis franchement choquée! je suis d’accord avec vous que le surpoids n’est pas une question de non-volonté! (je remarque qu’a la télé, ces mêmes nutritionnistes disent de même…complaisance?) depuis quand on a régresser jusqu’à revenir a la carotte et au baton? si ca venait a arriver, ce serait en effet de la discrimination et une culpabilisation mais en aucun cas résoudre quoi que ce soit! j’ai lu également votre article sur les nutritionnistes et leur livres et là aussi ca entretient l’idée qu’il y a une "methode" et que, qui dit plusieurs méthodes veut dire qu’aucune n’est bonne! j’en viens à me demander si ce n’est pas mieux que nous les diététiciens ne soyons pas médiatisés, cela nous permet peut etre de garder une certaine conscience pour exercer notre métier (sauf que dans notre profession il y a plus de 20% de chomage et que nous sommes que 4 ou 5000 en france…) à essayer de faire bouger les choses et surtout de s’harmoniser, la crédibilité et l’efficacité de notre métier en dépend, en effet. Donc on est toujours un peu dépités de voir ce que font "ceux qui ont le pouvoir"
    Moi je n’est pas de livre mais un blog, que je vous invite à regarder.
    cordialement

  2. Nécolas dit :

    Ca fait penser à la mauvaise blague "pas de bras, pas de chocolat !"

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