Hôpital et réforme : la piste des nécessaires SSR

Les petits hôpitaux ne veulent pas mourir, ni devenir des mouroirs. Beaucoup vont, sans doute, devenir des établissements de moyen séjour, c’est-à-dire accueillir des personnes âgées. Mais il y a aussi de la place pour d’autres activités dont nos structures manquent aujourd’hui cruellement.

On les appelle des SSR, des services de soins de suite et de réadaptation. Ce sont des services dans lesquels on va après une intervention de chirurgie orthopédique par exemple, mais aussi un infarctus ou encore un accident vasculaire cérébral.

Il suffit d’avoir été confronté une fois au problème pour soi ou un proche pour se rendre compte que trouver un tel établissement au sortir de l’hôpital ou de la clinique n’est pas une sinécure.

Dans certaines zones, le manque est tel qu’on propose aux malades de partir à des dizaines de kilomètres de chez eux pour entreprendre les soins nécessaires à une bonne récupération et à un retour au domicile dans les meilleures conditions.

Loin de chez soi avec tous les problèmes que cela pose, notamment pour ce qui est de l’intendance toute bête, ne serait-ce que la question du linge et des vêtements. Coupure assurée aussi avec la famille et les amis qui ne vont pas faire des heures de déplacement.

Il y a un domaine dans lequel la situation est encore pire, c’est celui qui concerne les personnes victimes d’accidents vasculaires cérébraux, les AVC.

Après que la phase aiguë a été gérée, l’urgence c’est de permettre à ces personnes de bénéficier le plus rapidement possible de soins de kinésithérapie, d’orthophonie et d’ergothérapie.

Autant de spécialités largement sous-représentées dans les hôpitaux français, même dans les services spécialisés. Le résultat c’est qu’en attendant que se libère une place, des patients se morfondent au fond de leur lit, perdant chaque jour un peu plus de chance de récupérer tout ou partie de leurs fonctions altérées par l’AVC.

C’est dans ce domaine, par exemple, qu’on pourrait mettre l’accent et offrir à des hôpitaux concernés par la réforme, la possibilité de devenir des établissements spécialisés dans les soins de suite et de réadaptation. Ces services accueilleraient des patients de tous âges, très motivés et cela permettrait de donner une meilleure visibilité à ces divers métiers de la santé, en créant enfin les postes nécessaires.

De plus, de telles prises en charge servent à réduire le degré de dépendance, une situation qui coûte une fortune aux conseils généraux.

Evidemment, les communes sont toujours réticentes à voir partir des services dits d’ « aigus » comme la chirurgie ou les maternités. Leur présence conforte les habitants et jouent un rôle pour attirer l’implantation d’entreprises.

Mais un certain nombre d’établissements n’auront sans doute pas le choix, et la transformation en services SSR est une opportunité à ne pas négliger car ces services génèrent non seulement des emplois spécialisés, mais nécessitent aussi un encadrement infirmier et d’aides-soignantes non négligeable.
Cela devrait aussi permettre d’éviter que ces petits hôpitaux se transforment automatiquement en « maisons de retraite ».

On en manque pourtant cruellement, surtout des établissements médicalisés dans lesquels on peut accepter des personnes dépendantes. Mais, trop souvent, les plans gérontologiques ont eu tendance à assigner ces fonctions d’accueil à des établissements situés loin des agglomérations les plus importantes du département.

Le résultat c’est que des personnes âgées se retrouvent à soixante kilomètres, voire plus, de leurs enfants et de leurs petits- enfants. Avec le temps, les visites se raréfient et c’est une condamnation à l’isolement et à une mort lente et dans la solitude.

Il y a donc moyen d’éviter les « ghettos » et de répartir plus également les établissements.
La seule difficulté sera de savoir quelle sera la volonté des décideurs de se battre pour que notre pays dispose enfin de structures post-hospitalisation en nombre suffisant.

Dans les pays nordiques, quand un malade doit rester plus longtemps que prévu dans un lit de grand hôpital, faute de place dans un service de soins de suites, c’est la collectivité territoriale, ville ou agglomération, qui paie une amende aux services d’assurance-maladie, faute d’avoir su prévoir un nombre suffisant de places.

Je suis sur qu’une telle mesure ferait réfléchir nos élus si on l’expérimentait ici.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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1 réponse à Hôpital et réforme : la piste des nécessaires SSR

  1. jdg dit :

    Ce que vous dites est très juste, je suis étonné qu’il n’ y ait pas eu d’échange à ce sujet…on parle de plan grand age ou des ephad , est il prévu un plan ssr?

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