Diabète de type 2 : la pioglitazone ménage les artères.

Les patients diabétiques de type 2 ont un risque élevé d’accidents cardio-vasculaires. Un des médicaments les plus utilisés, la rosiglitazone peut majorer ce risque. Mais une autre molécule de la même famille, la pioglitazone semble, elle, avoir un effet plutôt protecteur sur les artères de ces patients si l’on en croit une étude présentée cette semaine au congrès de cardiologie de Chicago (ACC08).

L’étude, baptisée PERISCOPE, a comparé deux molécules. D’un côté la pioglitazone, commercialisée en France sous le nom d’Actos®, de l’autre le glimepiride.

Ce sont 543 patients diabétiques de type 2 qui ont ainsi été suivis pendant les dix-huit mois de l’étude. On a mesuré chez eux l’épaisseur de la paroi de leur artère carotide grâce à une sonde à ultrasons introduite directement dans les vaisseaux.

Cette mesure a été faite avant la mise sous traitement et au bout des dix-huit mois de suivi.
Les patients des deux groupes avaient des caractéristiques comparables en ce qui concerne des critères comme l’âge, l’indice de masse corporelle, l’existence d’une hypertension artérielle.

L’étude a montré, in fine, que le volume de lésions d’athérome avait régressé de 0,44 % dans le groupe recevant la pioglitazone alors qu’il avait, au contraire progressé de 0,73 % dans le groupe recevant le glimepiride

D’autres éléments comme le taux de HDL-cholestérol, le « bon cholestérol ou les chiffres tensionnels étaient améliorés dans le groupe recevant la pioglitazone.

Mais la pioglitazone a aussi ses effets secondaires comme une déminéralisation osseuse pouvant provoquer des fractures, la survenue d’œdèmes et la prise de poids.

Ces résultats vont dans le même sens que d’autres études deja publiées. Mais cela ne fait pas de la pioglitazone le médicament de référence pour la prise en charge des patients diabétiques de type 2.

Mais,comme le soulignent les Professeurs Gabriel Steg et Michel Marre dans un éditorial du Journal of the American Medial Association, le JAMA., et après la controverse qui a entouré la rosiglitazone, les résultats de l’étude PERISCOPE rassurent les cardiologues,les diabétologues et surtout les patients.

En cas de difficultés avec les liens, l’étude et l’éditorial ont été publiés en ligne le 31 mars 2008

PERISCOPE :doi:10.1001/jama.299.13.1561.

Editorial :doi:10.1001/jama.299.13.1603

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
Ce contenu a été publié dans Non classé, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

2 réponses à Diabète de type 2 : la pioglitazone ménage les artères.

  1. JD Flaysakier dit :

    REPONSE : Pour les visiteurs moins au fait que vous, je dois préciser que ENHANCE est le nom d’ine étude entreprise chez des personnes atteinte d’hypercholestérolémie familiale. Le but de cette étude était de savoir si l’utilsation simultanée d’une statine, la simvastatine, associée à une molécule appelée Ezetimibe était plus efficace que la simvastatine seule. l’étude a montré que non au vu de la mesure de l’épaisseur de la paroi des artères au moyen d’une sonde à ultrasons directement introduite dans les vaisseaux. Ce petit point étant précisé, l’étude citée dans ce billet montre que la pioglitazone a diminué cette épaisseur chez les diabètiques traités. Je rapporte les faits, je vous laisse , bien entendu, l’interprétation de ces résultats. Pour apporter encore une précision, vous parlez de la famille de médicaments à laquelle appartient la pioglitazone. Il y a une autre molécule, la roziglitazone qui a été, il y a quelques mois sous les feux de l’actualité. Un billet y a été d’ailleurs consacré sur ce blog le 26 juin 2007 Deuxième petite note de bas de page : le bmj est le British Medical Journal. cette revue publie dans son numéro du 19 avril 2008 deux études concernant la surveillance par automesure, c’est à dire par le patient lui même, de sa glycémie. les auteurs concluent que cette autosurveillance est anxiogène et que le rapport coût-efficacité n’est pas excellent. Je pense que les spécialistes qui suivent les patients diabétiques vont lire ces études et voir s’ils doivent modifier leurs prescriptions. Je crois que cela doit faire partie du dialogue entre patients et médecins et qu’aucune initiative ne doit être prise par un patient sans en avoir référé à l’équipe qui le suit, quitte à ce qu’il fasse comme bon lui semble ensuite.

  2. stéphane dit :

    Il est amusant de voir comme un critère largement critiqué quand il renvoie un résultat négatif (cf étude enhance), devient quelque chose d’extraordinaire lorsque les résultats vont dans le sens de l’industrie.
    Les glitazones n’ont pour l’instant pas réussis à montrer une amélioration de la survie des patients. De plus dans le diabète de type II de nombreuses études montrent que le contrôle obsessionnel de la glycémie ne change pas grand chose voire est délétère sur la survie (bmj de cette semaine et une étude américaine arrêté en début d’année).
    Il me semble que l’on peut se passer de cette classe thérapeutique au vue des risques en particulier de décompensation cardiaque.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.