VIH/SIDA CROI 2008 : Les dégats collatéraux du VIH

L’apparition des traitements combinés, notamment les trithérapies, a beaucoup changé le devenir des personnes infectées par le virus VIH. Alors que la mortalité due au sida décroit de façon importante, le virus semble être impliqué dans l’apparition d’autres pathologies non liées au sida.

Quatre groupes de pathologies retiennent plus particulièrement l’attention des spécialistes.
Ce sont les cancers non liés au sida, les maladies rénales, les maladies cardiovasculaires et les atteintes hépatiques dont la cirrhose.

Andrew Phillips (University College, Londres) a passé en revue un certain nombre d’études récentes et les chiffres sont assez éloquents.

On constate ainsi que les personnes porteuses du virus ont un risque de cancer du poumon supérieur à la population générale, risque qui persiste lorsqu’on prend en compte l’usage du tabac.

Pour expliquer cette élévation du nombre des cancers, on suspecte que l’effondrement des défenses immunitaires permet à des agents infectieux comme certains virus de pouvoir exercer leur potentiel cancérogène. Les infections entretiennent aussi des phénomènes inflammatoires chroniques très dommageables. Enfin les systèmes permettant d’identifier et de détruire les cellules en voie de cancérisation ne répondent plus.

Pour les maladies cardiovasculaires ce sont encore les phénomènes inflammatoires qui sont au premier plan, avec la baisse du HDL-cholestérol et différentes perturbations affectant la paroi des vaisseaux sanguins.

Enfin la coïnfection VIH-virus des hépatites B et C accélère les mécanismes de fibroses qui vont rompre l’architecture normale du foie et favoriser l’apparition d’une cirrhose.

On s’aperçoit que même chez ceux qui conservent encore une quantité de cellules de défense non négligeable, les hospitalisations liées à des pathologies non reliées au sida sont bien plus importantes que celles reliées à cette infection.

Ce phénomène est assez nouveau et surtout encore mal étudié et évalué.
On ne sait pas quels peuvent être les éléments prédicteurs, les éventuels marqueurs de tels événements.
Une recherche qui devient d’autant plus nécessaire que les traitements sont de plus en plus efficaces, mais que le virus reste dans l’organisme.

Andrew Phillips propose également d’étendre la mise sous traitement à des personnes dont l’immunité n’est pas trop atteinte et dont on pense, jusqu’à présent, qu’on peut attendre pour les traiter.

Selon lui les bénéfices des traitements antiviraux excèdent les risques liés aux effets secondaires qu’ils génèrent

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
Ce contenu a été publié dans Non classé, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

1 réponse à VIH/SIDA CROI 2008 : Les dégats collatéraux du VIH

  1. hugo dit :

    Bonjour,

    Il est clair qu’il faudrait vite réduire les effets secondaires des thritérapies qui évitent désormais la mort par le sida mais qui entraînent d’autres pathologies…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.