Risques sanitaires : une appréciation assez disproportionnée.

Entre un risque quasiment nul de contracter le virus VIH et le risque pas nul du tout d’être passé à côté d’un diagnostic de cancer du sein qu’est-ce qui fait le plus peur ?

Apparemment le risque quasiment nul, comme vient de le montrer la façon dont a été couverte la lamentable affaire concernant des cabinets de radiologie dans le Nord et l’Aisne.

Sida, le mot est tombé comme un couperet. On pourrait rappeler 1500 personnes ayant subi des échographies dans cinq cabinets de radiologie parce que les sondes, introduites par voie vaginale ou voie rectale lors de certains examens, n’auraient pas été correctement désinfectées.

Un manquement aux règles d’hygiène qui, si l’enquête le confirme, méritera une sanction exemplaire.

Le risque potentiel c’est bien sûr la transmission d’agents infectieux, bactéries et virus. Un danger réel chez des femmes enceintes car l’enfant peut se contaminer au moment de l’accouchement.

Pour les autres patients, il y a aussi un risque infectieux Potentiellement, ce sont les virus des hépatites B et C qui pourraient ainsi être transmis, ce sont en effet des virus extrêmement résistants.

Pourtant, tout le monde s’est focalisé sur le virus VIH, un virus hautement fragile et dont le risque hypothétique de transmission est carrément nul. Le risque lié aux virus des hépatites est cent fois plus élevé dans ces conditions.

Mais le plus étonnant c’est qu’on s’est focalisé sur le risque infectieux en général alors que dans un même temps, des milliers d’examens radiologiques thoraciques et mammographiques ont été faits.

Or, il apparaît que les mesures de contrôle de qualité de ces appareils qui doivent être faites annuellement ne sont jamais parvenues aux autorités sanitaires de tutelle.

Plus étonnant encore, des mammographies ont été réalisées dans le cadre du dépistage national du cancer du sein. Or le médecin mis en cause n’avait pas l’agrément pour participer à ce dépistage.

Par conséquent, les radios faites dans son cabinet n’étaient pas soumises au processus obligatoire d’une deuxième lecture par un autre radiologue, pas plus que l’organisme départemental en charge du dépistage n’avait reçu la preuve du contrôle des appareils utilisés.

Et là, le risque est d’une tout autre magnitude que le risque infectieux.
Le cancer du sein touche 40 000 femmes par an en France et l’intérêt du dé »pistage est de mettre précocement en évidence des anomalies pour pouvoir intervenir tôt et de façon la moins mutilante possible.

C’est pour cette raison que le dépistage des femmes de 50 à 74 ans est codifié avec des règles précises concernant le type de mammographes à utiliser, la façon de prendre les clichés et surtout le fait de faire lire les clichés par deux, voire trois radiologues, de façon successive et indépendante.

On peut légitimement se demander si des femmes chez lesquelles on n’a estimé rien voir d’anormal dans ces cabinets, avaient, en fait une anomalie qui aurait mérité au moins un deuxième avis et peut être des examens plus poussés.

Ce risque est loin d’être nul, contrairement aux risques de contamination virale.
L’urgence sera donc de repérer les femmes ayant subi, au sens plein du terme, une mammographie supposée être de dépistage dans ces cabinets et de leur proposer un examen fait dans des conditions adéquates.

Oublier un peu le poids mes mots pour réparer le choc des photos, pardon des mammos.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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