Diabéte de type 2 : un sommeil pas du tout réparateur

Une mauvaise qualité de sommeil explique peut-être pourquoi le nombre de personnes souffrant de diabète de type 2 va croissant.

Un sommeil réparateur. Qui n’en rêve pas, une bonne nuit, se lever reposé, frais prêt à attaquer la journée en souriant. Pourtant un tel sommeil n’est pas si fréquent de nos jours et une mauvaise qualité de sommeil peut jouer de vilains tours. Le sommeil n’est plus réparateur mais destructeur.

Lorsqu’en effet une partie de notre sommeil est perturbée, une série de régulations hormonales se font incorrectement, particulièrement l’action de l’insuline. Cette hormone joue un rôle fondamental dans le métabolisme du glucose. Quand l’insuline est inefficace, apparaît alors le risque de diabète de type 2.

Pour comprendre un peu mieux ce qui se passe, petit rappel sur le sommeil.
Dormir c’est un peu comme laver du linge ! Rassurez-vous, je ne fais usage d’aucune substance prohibée en écrivant.
Je veux dire par là qu’on dort non pas d’un seul tenant, mais par cycles successifs de 90 minutes chacun environ.

Chaque cycle se décompose en plusieurs parties.
Il y a d’abord deux phases, l’une d’endormissement, la deuxième dite de sommeil léger.
Puis arrivent deux p phases de sommeil dit « profond ».
Enfin on entre dans le sommeil paradoxal, phase au cours de laquelle se situent les rêves. Le corps est immobile alors que les mouvements des yeux sont très rapides et dans tous les sens.

Cette phase appelée REM (rapid eye movement, mouvement rapide des yeux) est considérée comme la phase la plus « réparatrice », comme un moment de restauration des fonctions.
C’est particulièrement vrai sur les phénomènes de consolidation de la mémoire.

Durant cette phase, le cerveau va utiliser moins de glucose, la libération d’hormone de croissance est stimulée, et la libération de cortisone naturelle freinée.

Autant de mécanismes qui participent de la régulation du glucose dans l’organisme.

Partant du principe que cette phase de sommeil est importante pour réguler le glucose, une équipe de chercheurs de l’université de Chicago a travaillé avec des volontaires jeunes et sains, qui ne souffraient d’aucune pathologie particulière.

Chez ces neufs volontaires, les chercheurs ont réussi à supprimer la phase de sommeil paradoxal pendant trois nuits consécutives.

Ils ont alors constaté de vraies perturbations dans la régulation du glucose par l’organisme.
L’insuline voyait par exemple son effet décroître, les tissus sur lesquels elle agit normalement devenant de plus en plus insensibles à son action.

Or la résistance à l’insuline est le mécanisme qui conduit à l’apparition du diabète de type 2.
Aucun mécanisme compensatoire ne permet de corriger l’insensibilité à l’insuline.

Ces travaux viennent donc expérimentalement confirmer plusieurs études qui mettaient en évidence le rôle du sommeil comme facteur de risque de survenue du diabète de type 2.

On sait aussi que chez les sujets obèses, dont je fais partie, cette phase de sommeil REM est très perturbée et représente donc un facteur de risque supplémentaire dans l’apparition de ce type de diabète.

Il est donc important de pouvoir prendre certaines mesures hygiéno-diététiques préventives quand il est encore temps, notamment essayer de perdre du poids.

Je n’arrête pas d’essayer !

La référence de l’étude est :

Slow-wave sleep and the risk of type 2 diabetes in humans

Esra Tasali et al.

www.pnas.org/cgi/doi/10.1073/pnas.0706446105

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A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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2 réponses à Diabéte de type 2 : un sommeil pas du tout réparateur

  1. JD Flaysakier dit :

    REPONSE: Bienvenue chère visiteuse transalpine. J’espère que vous pourrez ici trouver les témoignages que vous souhaitez. N’oubliez pas que j’essaie de temps en temps de donner la parole à celles et ceux qui veulent parler de leur pathologie au quotidien. Si vous en avez envie, envoyez moi un texte en formzt Word à mon adresse e-mail : jean-daniel.flaysakier@france2.fr

  2. Hellenor dit :

    Je suis une femme de 49 ans et suis diabétique. Je prends de l’insuline depuis 4 ans et cela a complètement bouleversé ma vie. J’ai pris 20 kg et suis devenue obèse, mais surtout, j’ai développé une "insulinorésistance" qui m’oblige à prendre des doses toujours plus élevées d’insuline qui me font grossir toujours plus. L’engrenage en somme ! Dans mon cas aussi, la seule solution serait de perdre du poids très vite. Ces dernières années je me suis vue "diminuer" très vite. J’ai de plus en plus de mal à me déplacer et à faire les gestes de tous les jours en raison de la grosse "valise" que je trimbale. Je suis aussi démoralisée, car naturellement je me trouve moche… J’envisage de me faire poser un ballonnet dans l’estomac. Je préfère cette solution, plutot qu’un anneau gastrique ou un "by pass".
    Pour en venir au sommeil (qui est l’argument de ce blog), je dois dire que je n’ai pas eu de changement depuis que je prends de l’insuline. Je souffre de temps en temps d’insomnie, dans le sens où j’ai du mal à m’endormir, mais c’est un problème dont je souffrais déjà avant ma prise s’insuline. Je pense que cela est simplement du au fait que je suis assez anxieuse. Heureusement je travaille à la maison et ne suis donc pas obligée de respecter des horaires précis. Quand cela m’arrive, plutot que de rester à me retourner dans mon lit, je me lève et vais lire ou faire des mots croisés, puis je vais me recoucher en dormant cette fois. Je crois avoir un sommeil réparateur. Je me rends compte que c’est une grande chance pour moi de pouvoir travailler à la maison, car rien ne m’empeche, lorsque je suis fatiguée, de faire une sieste l’après midi par exemple.
    Je vois que vous parlez assez souvent du diabète. J’aimerais, à travers ce blog, lire des témoignages d’autres diabétiques, qui parleraient de leur vie quotidienne avec cette maladie. Quant à vous Docteur, merci encore pour vos interventions qui sont toujours très bien écrites et compréhensibles. Je les apprécie vraiment beaucoup et espère en lire d’autres traitant du diabète.

    PS : Je vous écris d’Italie.

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