Douleur : soulager à fleur de peau

C’est un traitement de la douleur très ancien que les hôpitaux sont en trin de redécouvrir. Il nécessite peu de choses : simplement toucher les patients avec les mains. Simple, non ?

Le massage, vingt minutes chaque soir pendant cinq jours. Voilà la nouvelle arme anti-douleur que des médecins américains ont administrée à quelques centaines de patients ayant subi une chirurgie lourde, nécessitant soit une ouverture de la cage thoracique, soit une incision de la paroi abdominale d’au moins huit centimètres.

Ce sont six cent cinq patients qui ont ainsi participé à l’étude dans deux hôpitaux américains de l’administration des Anciens combattants (Veterans administration) à Ann Arbor dans le Michigan et Indianapolis.

Un tiers des patients a reçu les soins antidouleurs habituels. Un autre tiers a reçu la visite, pendant vingt minutes et durant trois ou quatre jours, d’un masseur-kinésithérapeute avec lequel il discutait à bâtons rompus mais sans qu’il n’y ait de gestes réalisés.

Le dernier tiers des patients a bénéficié d’un massage quotidien du dos pendant vingt minutes, le soir entre six et huit heures.

C’est dans ce dernier groupe que les résultats sur la douleur ont été les plus importants dans les quatre premiers jours.

Par rapport aux autres groupes, on a vu chez ces patients diminuer certains paramètres de façon très significative. L’intensité douloureuse a diminué, ainsi que la sensation d’inconfort et de gène liée à cette douleur. Mais l’anxiété aussi a été réduite comparée aux deux autres groupes.

Il s’agissait d’un massage classique, sans forcer, par des techniques d’effleurement, sans adjonction d’un produit quelconque.

Cette méthode n’est, en fait, pas si nouvelle que cela. Il y a bien longtemps, dans les services des hôpitaux, l’on prodiguait déjà des massages à but antalgique.
L’arrivée des médicaments et la pénurie de personnel a fait qu’on a peu à peu oublié ces méthodes pour confier cette mission aux drogues diverses dérivées de la morphine et autres antalgiques.

Et pourtant, ce moment de toucher et de contact est plus qu’un geste technique. Dans ces situations douloureuses le patient se sent diminué affaibli, abandonné parfois. Le fait de solliciter son sens tactile, de lui apporter un peu de chaleur humaine, de lui donner l’occasion de parler hors de tout contexte technique avec quelqu’un venu lui faire du bien et non l’agresser est la bonne façon d’agir sur les composantes de la douleur et de prendre en compte sa souffrance.

DES ESTHETICIENNES QUI SOIGNENT L’AME

Ce rôle apaisant du toucher ne fonctionne pas qu’en chirurgie.
Les soins esthétiques peuvent aussi participer de la prise en charge de patients affaiblis physiquement ou psychiquement.
L’une des premières à l’avoir compris, c’est Renée Rousière.
Cette femme a crée à Tours, il y a plus de trente ans, le CODES. C’est un cours d’esthétique à vocation humanitaire et sociale. Ce centre, situé au CHU de Tours a été le premier à former des socio-esthéticiennes, diplôme aujourd’hui reconnu à l »échelon national.

Des esthéticiennes professionnelles viennent ici acquérir une formation qui va les amener à travailler avec des personnes hospitalisées dans des services de cancérologie, mais aussi de psychiatrie, sans oublier les services classiques pour peu que l’hôpital soit assez « ouvert » à ces démarches. Les soins dis pensés sont gratuits et les esthéticiennes vont vers les malades. Nul besoin, a priori, d’avoir une cabine d’esthétique

Ces socio esthéticiennes permettent à es femmes et à des hommes de se réconcilier avec l’image de leur corps, de se réapproprier leur personnalité, de s’évader d’un quotidien pas toujours rose. D’ailleurs, en parlant d’évasion, elles interviennent de plus en plus en milieu carcéral. Mais elles aident aussi des chômeurs à retrouver l’envie d’affronter le marché du travail.

Quelques crèmes, un peu de musique, beaucoup d’écoute et des gestes lents et doux sur le visage. Cela suffit pour que des patients se sentent mieux.
J’ai testé, c’st vraiment très bien !

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Référence de l’étude :

Acute Postoperative Pain Management Using Massage as an Adjuvant Therapy
A Randomized Trial

Allison R. Mitchinson, MPH, NCTMB; Hyungjin Myra Kim, ScD; Jack M. Rosenberg, MD;
Michael Geisser, PhD; Marvin Kirsh, MD; Dolores Cikrit, MD; Daniel B. Hinshaw, MD.

Arch Surg. 2007;142(12):1158-1167

Adresse du CODES :

CODES
CHU BRETONNEAU – 2, bd Tonnellé – 37044 TOURS CEDEX 1

TEL : 02 47 47 47 47 Poste 7-40.30 – FAX : 02 47 64 71 22

codesformation@wanadoo.fr

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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3 réponses à Douleur : soulager à fleur de peau

  1. moni dit :

    Bonjour,
    Un dossier sur les migraines serait-il intéressant pour vous à étudier ? c’est aussi une grande douleur, puissante et tenance, qui peut revenir souvent et régulièrement.
    Merci.
    Cordialement
    Moni

  2. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A EVE :

    Je n’ai aucunement les compétences pour répondre à vos demandes. Quand bien même en serait-il différemment que je ne le ferais quand même pas. Ce blog adhère à la charte HON et la règle veut que nous ne substituions pas au médecin en donnat un avis médical.

    Je suis certain que vous pourrez trouver en ville ou à l’hôpital, en consultation externe, un avis spécialisé pour vous aider utilement.

  3. Eve dit :

    Bonjour Dr,
    je suis BIPOLAIRE, j’ai longtemps été soignée pour dépression, avant qu’un psychiatre de renom trouve enfin « la maladie »
    je vis une période très difficile aujourd’hui, liée à ma vie professionnelle, sentimentale, bref ma vie actuelle tout court !
    je suis en psychanalyse depuis bientôt un an, mon psychiatre est à l’étranger, je n’ai aucun moyen de le joindre pour le moment.
    Ma question, je ne dors plus à cause de tous mes contentieux, j’ai arrêté le Rivotril, sans sevrage, sans l’avis de mon psychiatre, car dans ma tête je me sens BIEN.
    je pratique 1h de gym le matin sur Direct huit, j’écoute mon corps, j’essaie de retourner à mes pratiques médicinales du passé !
    relaxation, médecines douces (plantes, harmonie des couleurs, hypnose, réflexologie et j’en passe
    Sachant que je sais pertinemment que je dois prendre à VIE un régulatezur de l’humeur, en occurrence pour moi : Lamictal.
    Nous sommes parvenus au bon dosage, j’étais parvenue au sevrage du Séroplex, mais des éléments externes ont amenés mon psy à me remettre momentanément sous IXEL, et Alprazolam 0,25
    Je ne suis ni en phase « haute’ ni « basse » simplement en phase de révolte ! due à mes différents contentieux
    j’ai la chance aujourd’hui (hélas) d’écouter mon corps, ce qui me permet de recharger mon « mon sac de sommeil » dans les différentes heures de la journée.
    Mais je souffre atrocement depuis qq jours de douleurs abdominales (ça me gonfle!) et de douleurs musculaires (j’en ai plein le dos) dues au STRESS
    ce qui m’inquiète le plus ce sont ces douleurs gastriques, cette acidité (je me met la rate au court bouillon) est ce un excès d’acidité gastrique ? les prémices d’un ulcère ?
    je rentre d’un séjour à la montagne, où ces symptômes se sont révélés, un médecin consulté sur place à « décelé » une gastro !
    pour ma part je pense qu’il s’agit plus d’un problème lié au foie ou au pancréas, mes gammas n’étaient pas mauvais à ma dernière prise de sang.
    Pour votre information, ma grand-mère maternelle est décédée d’un cancer du foie, elle avait une petite dépendance à l’alcool
    personnellement j’ai toujours aimé boire de bons vins, sans être dépendante.
    Sachant qu’un des symptômes de la Bipolaraté, peut s’accompagner d’autres signes destructeur et c’est mon cas : J’ai consommé de l’alcool quelques années, en prenant mes traitements et en sachant que l’alcool était complètement déconseillé dans ces cas là (autre forme de suicide)
    A l’heure actuelle j’entame une autre VIE, je prends enfin le temps de faire ce qui me fait plaisir, notamment tout ce qui concerne le domaine artistique, et j’écris bcp, car je pense que cette période de mon analyse est capitale, j’ai vidé « mes tiroirs » à vitesse grand V.
    Ce livre que je souhaite écrire pour « montrer » ce que peut être cette maladie, m’aide à vivre cette période « règlements de comptes »
    mais à quel PRIX ! (symptomes décrits plus haut)
    je suis désolée, car mon « discours » est complètement « déstructuré » (une des composante de la BIPOLARITE) j’espère que vous comprendrez tout de même, il n’est pas facile de ans de résumer 57 ans de VIE en 3 mots.

    Pouvez vous m’aider, me répondre rapidement à tous ces MAUX, que je transforme en MOTS,mais qui polluent ma VIE actuelle.
    merci Docteur,
    Bien à vous
    Pour votre info, j’étais DRH, et l’actualité me plonge dans le passé !
    j’ai connu des OPA, j’ai licencié, etc ….

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