Ozone et chaleur: mauvais pour le coeur

L’ozone à forte concentration associé à des températures élevées majore le risque de décès par infarctus et autres maladies cardiovasculaires.

Une étude rendue publique dans une revue britannique Occupational end Environmental Medicine montre la nécessité de mieux informer les personnes fragiles dans certaines situations de pollution atmosphérique.

Cette étude, menée entre 1987 et 2000, sur plus de 5100 journées entre juin et septembre, a étudié le risque de mortalité cardiovasculaire en fonction de la concentration d’ozone et des températures relevées dans 95 villes américaines.

Petit rappel, l’ozone, dont la formule chimique est O3, est produit sous les effets des rayons ultra-violets émis par le soleil dans la troposphère. Les sources principales d’ozone sont les oxydes d’azote et les composés organiques volatiles. Ces composés proviennent du pétrole, des solvants et des procédés de fabrications industrielles.

Ce dont se sont aperçus les auteurs de l’étude c’est que le risque majeur, c’est-à-dire jusqu’à plus de 8 % d’augmentation du nombre de décès dans une journée, était atteint lorsqu’il y avait la combinaison d’une forte concentration d’ozone et des températures élevées.

On savait par expérience, et la canicule de 2003 en France ou la vague de chaleur de 1976 à Chicago l’avaient montré, que de fortes températures avaient un effet terriblement délétère sur les plus fragiles.

Cette notion qu’une concentration d’ozone à 100 microgrammes par mètre cube majorait le risque est assez nouvelle.

On mesure régulièrement les taux d’ozone. Rien ne devrait donc empêcher, lors des moments de fortes chaleurs, de pouvoir diffuser des messages d’alerte enjoignant aux personnes cardiaques de ne pas quitter, si possible, leur domicile. Actuellement, le seuil d’alerte est fixé chez nous à 180 microgrammes par mètre cube, bien au-delà des valeurs trouvées dans l’étude nord-américaine.

Quelques équipes, notamment celle de l’Université de Bourgogne sous la conduite de Jean-Pierre Besancenot, mènent des travaux sur la corrélation entre pollution atmosphérique et mortalité cardiovasculaire. Ces travaux ne sont pas assez nombreux et pas assez médiatisés.

Il s’agit non pas de phénomène de mode « écolo » mais de l’accumulation de données scientifiques qui montrent que la pollution tue les jours de pics et dans les jours qui suivent.

Il faut juste espérer que le message finira par passer.

L’étude est accessible à l’adresse suivante :

Ozone modifies associations between temperature and cardiovascular mortality: analysis of the NMMAPS data (Occup Environ Med 2007;0:1–7.)

C Ren,1 G M Williams,2 L Morawska,3 K Mengersen,4 S Tong1

http://press.psprings.co.uk/oem/november/om33878.pdf

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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5 réponses à Ozone et chaleur: mauvais pour le coeur

  1. madeleine21 dit :

    bonjour !
    je voudrais soulever ici le probleme que commence à faire les cheminées dans nos campagne !
    De plus en plus de personnes se chauffent avec des inserts car celà revient moins chere ,mais seulement la pollution est de plus en plus grande avec les fumées qui dégagent des produits nocifs pour la santé !
    Les campagnes étant de plus en plus peuplées ,il a urgence pour faire prendre conscience aux gens de la toxicités des fumées qui en sortent de leur conduit de cheminée !

  2. JD Flaysakier dit :

    REPONSE : Vous êtes le bienvenu !

  3. Claude AFVD dit :

    Bonjour a vous, je souhaiterais parler de l’association francophone pour vaincre les douleurs, car je pense que les douleurs ont leurs importantes sur un tel blog, pour ma part je fais de l’algoneurodystrophie et j’ai un neurostimulateur implanté
    Amicalement

  4. JD Flaysakier dit :

    REPONSE : Cette recherche a été évoquée dans un sujet du JT de France 2. mais nous sommes face à une vraie question de santé publique et ce n’est pas avec un revêtement qu’on va régler la question des risues cardiovasculaires liés à la pollution. Les seuils d’information s’avèrent être trop élevés par rapport aux taux auxquels apparaissent les effets délétères. On ne va pas interdire aux propriétaires de véhicules à moteur diesel de rouler, mais il faut bien que les constructeurs comprennent que la recherche pour améliorer la teneur des emissions de ces moteurs est essentielle.

  5. cathia dit :

    Concernant les cov (composés organiques volatils), un laboratoire français a développé des revêtements photocatalytiques capables de les éliminer. Cette technologie détruit également les gaz et les odeurs. Voir leur blog à l’adresse suivante: Bonsoir,
    Je m’étonne de lire autant d’articles de mise en garde contre la pollution intérieure et extérieure de notre environnement et de notre habitat sans que ces articles n’apportent de réelles solutions? Il y a des solutions pour diminuer radicalement cette pollution mais l’info est mal relayée me semble-t-il. Je vous conseille de lire ce blog qui présente une invention française agissant par photocatalyse. C’est un revêtement que l’on pulvérise sur les matériaux et qui détruit les polluants: photocal.over-blog.com/

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