Dopage: pourquoi les vaches courent-elles moins vite que le TGV ?

Il y a quelques jours, un athlète français a subi un contrôle antidopage positif pour la testostérone, la principale hormone mâle, l’anabolisant par essence. Excuse invoquée par le sportif : il avait pris des compléments alimentaires. Mais les hormones ne font pas, a priori, partie des aliments que nous consommons !

Bien évidemment, les compléments ingurgités par et athlète n’ont rien d’alimentaire.
Mais c’est l’alibi que les fournisseurs de ces sportifs utilisent pour leur faire avaler ces substances censées être « naturelles » et donc dénuées de risques, selon eux.

Mais voilà, s’il suffisait de consommer des extraits de plantes pour acquérir une musculature de compétition, il y a bien longtemps que les vaches doubleraient les TGV à la course. Or, bien qu’abonné SNCF, je n’ai pas encore constaté ce phénomène sur la ligne que je fréquente régulièrement !

Et pour cause. Ces compléments sont, certes, à base de plantes. Mais pas tous . L’un des produits les plus vendus dans les rayons des drugstores américains par exemple, indique dans sa formule le terme « orchis ». Inutile de vous jeter sur des ouvrages de botanique pour rechercher de quelle fleur il s’agit. Mieux vaut consulter un ouvrage sur les animaux de la ferme. Car ce terme désigne des extraits de testicule de taureau ! Et que fabrique cet organe ? Des hormones mâles, bien sûr, des anabolisants !

Autrement dit, certains de ces produits, annoncés comme « diététiques » sont coupés avec des hormones, nandrolone ou androstenedione, qui sont, en fait les vrais responsables d’une légère augmentation de la masse musculaire.

Des méthodes qui s’apparentent ni plus ni moins qu’au trafic de stupéfiants ! D’ailleurs les réseaux d’approvisionnement sont souvent les mêmes. Une étude menée dans des salles de gymnastique de New-York avait montré que, parmi les clients les plus consommateurs de ces produits, près de 60 % avaient aussi eu recours à la cocaïne et à l’héroïne.

Le monde sportif vit mal la suspicion qui se porte sur lui et il est évident que certains athlètes ne savent pas vraiment ce qu’ils prennent.
Mais ce qui est certain c’est qu’il y a un vrai travail à faire dans leur entourage pour écarter des « préparateurs » ou des « soigneurs » autoproclamés et dont le statut est plus proche de celui des dealers.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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